14 milliards d’euros en 2024 : pourquoi le gouvernement met fin à l’âge d’or de l’apprentissage

La baisse des contrats marque la fin d’un cycle historique
La réforme de l’apprentissage de 2018 est l’un des marqueurs politiques d’Emmanuel Macron. Si le succès a été indéniable, le soutien financier coûte très cher aux caisses de l’État, et le gouvernement a décidé de réduire la voilure.
Ce n’est pas une hémorragie, mais une conséquence d’un recentrage budgétaire. En 2025, le nombre de contrats a diminué de 4,4 % par rapport à 2024, pour atteindre 768 800 à fin octobre (contre 804 131 pour la même période en 2024), selon le ministère du Travail publié le 30 décembre. La baisse est la plus forte dans l’enseignement supérieur (-6,3 %). Depuis la loi Pénicaud de 2018, qui avait libéré le système de l’apprentissage, le nombre de contrats a quasi triplé entre 2017 (290 000) et 2024 (854 000), faisant de cette mesure un des succès politiques emblématiques d’Emmanuel Macron.
Des conséquences sur l’emploi
Ce recul a déjà un impact sur l’emploi. D’après une note de l’Insee de novembre 2025, environ 60 000 emplois ont été détruits dans le secteur privé entre juin et septembre 2025, dont les deux tiers sont liés à la baisse des contrats d’apprentissage signés.
Entreprises et CFA dans le viseur du gouvernement
La tendance s’explique par une réduction progressive des financements publics qui avaient boosté l’apprentissage, notamment après la crise du Covid. La facture pour l’État a atteint 14 milliards d’euros en 2024. Depuis trois ans, les gouvernements successifs ont donc décidé de réduire les aides dans un contexte de contraintes budgétaires.
Les premiers touchés sont les centres de formation des apprentis (CFA). Depuis le 1er juillet, les dotations sont calculées quotidiennement et non plus mensuellement, pour limiter l’optimisation de certains CFA qui faisaient démarrer les formations en fin de mois pour toucher un financement entier. De plus, la prise en charge des formations à distance a été réduite de 20 %.
Les entreprises sont également concernées. Depuis le 1er juillet, un reste à charge de 750 € a été instauré pour toute embauche d’un apprenti, et les aides à l’embauche ont été rabotées : en février 2025, elles ont été ramenées à 5 000 € pour les entreprises de moins de 250 salariés et à 2 000 € pour les grands groupes (contre 6 000 € auparavant). L’objectif du gouvernement est de récupérer 1,2 milliard d’euros et de recentrer les aides sur les PME, limitant l’effet d’aubaine constaté pour certains masters.
Une comparaison européenne qui relativise le coût français
Ce tour de vis marque surtout la fin de l’eldorado budgétaire initié en 2020 avec l’aide exceptionnelle post-Covid. D’ici l’adoption du budget 2026, de nouvelles économies d’environ 1 milliard d’euros pourraient être réalisées sur ces aides.
Le patronat proteste, mais le soutien français à l’apprentissage reste une exception en Europe. Selon la direction générale du Trésor, les dépenses publiques françaises pour l’apprentissage sont trois fois supérieures à celles de l’Allemagne : 14,9 milliards d’euros en France en 2023, soit 14 700 € par apprenti, contre 7,1 milliards (4 700 € par apprenti) outre-Rhin. La principale raison de cet écart réside dans le niveau des aides versées aux employeurs, sans que l’efficacité soit supérieure à celle du système allemand.

SOURCE : Challenge

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