AEFE : Sébastien Lecornu plaide pour une réforme "partagée par tous les acteurs, afin de susciter l’adhésion"

Les mesures d’urgence présentées au conseil d’administration de l’AEFE "doivent être complétées par une réforme structurelle", indique le Premier ministre Sébastien Lecornu dans une lettre de mission adressée à la sénatrice Samantha Cazebonne le 19 janvier 2026. L’objectif est double : au-delà de la maîtrise des coûts, il s’agit "d’affermir la place de l’agence" et de "repenser son modèle de fonctionnement". Alors que ces mesures d’urgence suscitent l’opposition de syndicats et de parlementaires, Matignon insiste sur la nécessité d’un "travail de clarification des options et de concertation". L’élue affirme pour sa part qu’elle examinera l’ensemble des pistes et associera "tous les acteurs".
"Trente-cinq ans après sa création, l’AEFE arrive à la fin d’un cycle", estime le Premier ministre Sébastien Lecornu dans cette lettre de mission, transmise le 19 janvier 2026 à la sénatrice RDPI représentant les Français établis hors de France, Samantha Cazebonne, et consultée par AEF info.
Un travail de clarification des options et de concertation est nécessaire
Les mesures d’urgence mises en avant visant à "garantir la pérennité, la lisibilité, la qualité et l’équité du modèle économique de l’agence et de ses liens avec le réseau" doivent être accompagnées d’"une réforme structurelle". Celle-ci sera conduite parallèlement à une mission confiée à Samantha Cazebonne pour une durée de six mois.
L’ambition de cette réforme, précise la lettre de mission, va "au-delà de la maîtrise des coûts". Elle vise à "affermir la place du réseau de l’AEFE dans un environnement où sa position stratégique pourrait, à terme, être remise en cause", mais aussi à "repenser son modèle de fonctionnement et l’adapter aux défis actuels et futurs".
Alors que les mesures annoncées sont loin de faire consensus auprès des organisations syndicales et de nombreux parlementaires, le Premier ministre souligne la nécessité d’un "travail de clarification des options et de concertation". Il insiste sur l’importance d’une réforme "profonde et systémique, lisible, juste et partagée par l’ensemble des acteurs du réseau, afin d’entraîner l’adhésion et l’engagement indispensables".
Le déconventionnement contraint ou la déshomologation ne sont pas des horizons acceptables
"Cette mission s’inscrit dans un contexte à la fois exigeant et complexe", souligne de son côté la sénatrice dans un communiqué publié le 19 janvier 2026.
L’objectif fixé par Emmanuel Macron de doubler les effectifs d’élèves du réseau d’enseignement français à l’étranger s’inscrit dans un environnement géopolitique tendu, marqué par une crise de l’expatriation et par un déficit budgétaire persistant de l’agence.
Parmi les mesures budgétaires d’urgence ayant suscité une opposition unanime des syndicats figure l’instauration d’une nouvelle contribution portant sur la part patronale de la pension civile, actuellement supportée par l’AEFE, pour les établissements en gestion directe et conventionnés.
Selon la sénatrice, ces mesures "pourraient, en l’absence d’une vision stratégique clairement définie, constituer un point de rupture entre l’opérateur public et certains acteurs du réseau". "Le déconventionnement contraint ou la déshomologation subie ne peuvent être des perspectives acceptables", affirme-t-elle, alors que les organisations syndicales alertent sur un risque de fracture entre établissements, certains disposant d’une trésorerie suffisante pour absorber ces charges, d’autres non.
Afin d’éclairer les arbitrages, "l’ensemble des propositions sera examiné de manière objectivée, chiffrée et évaluée, afin que toutes les pistes puissent être étudiées", assure la sénatrice. Celles qui "serviront l’intérêt général" pourront ensuite "être retenues pour un arbitrage politique". "Aucun acteur ne peut être laissé de côté ni disqualifié", poursuit-elle, estimant que "les efforts devront être équitablement partagés afin d’éviter incompréhensions ou blocages et de définir un cap clair, lisible et partagé".
Des inspecteurs de l’IGESR pour appuyer les travaux
Conformément à la lettre de mission, les travaux s’organiseront autour de quatre axes structurants, précise l’élue :
– l’évolution des statuts et des modèles d’établissements ;
– la politique de ressources humaines ;
– le pilotage financier de l’AEFE ;
– la qualité de l’offre pédagogique et de l’innovation.
"Toutes les hypothèses de travail pourront être explorées, y compris des propositions inédites ou des pistes antérieures restées sans suite", indique la sénatrice.
Enfin, des inspecteurs de l’IGF, de l’IGAE et de l’IGESR viendront appuyer cette mission "par leur expertise et leurs recommandations".
"Cette mission n’a pas vocation à juger le passé, mais à co-construire l’avenir avec l’ensemble des acteurs, afin de préserver la confiance des familles, de garantir la soutenabilité du modèle et d’accompagner l’AEFE vers un renouveau à la fois financièrement viable et qualitativement exigeant, dans un contexte de concurrence internationale accrue", conclut-elle.
L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger est l’opérateur public, placé sous la tutelle du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Elle coordonne un réseau scolarisant plus de 392 000 élèves à travers le monde.
Fragilisée par "son modèle économique, dans un contexte de bouleversements de l’ordre mondial", mais aussi par "la montée en puissance de réseaux concurrents", l’agence fait actuellement l’objet d’une réforme, dont les premières orientations ont été esquissées lors d’un conseil d’administration exceptionnel.

SOURCE : AEFINFO

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