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ÉDUCATION
22
September 2026

Bac et brevet 2027 : la maîtrise du français va peser davantage dans toutes les matières

À partir de la session 2027, savoir rédiger correctement ne sera plus seulement un enjeu dans les épreuves de français. Au brevet comme au baccalauréat, la maîtrise de la langue sera davantage intégrée à la notation de l’ensemble des disciplines, y compris dans les matières scientifiques.

Orthographe, syntaxe, vocabulaire, construction des phrases ou encore capacité à organiser clairement un raisonnement : le ministère de l’Éducation nationale a publié une nouvelle grille d’évaluation destinée à harmoniser les attentes des correcteurs.

Dans chaque épreuve du diplôme national du brevet et du baccalauréat, au moins deux points seront consacrés à la maîtrise de la langue. Cette évolution doit s’appliquer à compter de la session 2027.

Deux points minimum consacrés à la maîtrise du français

Le principe fixé par le ministère concerne toutes les disciplines.

Pour chaque épreuve, un minimum de deux points doit désormais permettre d’évaluer spécifiquement la maîtrise de la langue. Ces points ne concernent pas uniquement le nombre de fautes d’orthographe présentes dans une copie.

Les correcteurs devront également observer le respect des règles syntaxiques, la capacité du candidat à formuler clairement son raisonnement ainsi que l’utilisation d’un vocabulaire adapté et suffisamment précis.

La qualité de l’expression écrite devient ainsi une composante identifiable du barème, quelle que soit la matière concernée.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a résumé cette évolution en indiquant qu’une mauvaise expression pourrait faire perdre deux points à un candidat, y compris dans une copie de mathématiques. Le texte officiel formule toutefois la règle différemment : il prévoit qu’un minimum de deux points soit attribué à la maîtrise de la langue dans chacune des épreuves.

Orthographe, syntaxe, vocabulaire et organisation de la réflexion

Pour harmoniser les pratiques des correcteurs, le ministère a élaboré une grille commune reposant sur plusieurs dimensions de la maîtrise du français.

L’évaluation doit notamment porter sur l’orthographe, la syntaxe et la construction des phrases, le lexique ainsi que la mise en forme et l’organisation de la réflexion.

L’objectif est donc de dépasser la seule question des fautes d’orthographe.

Un candidat doit être capable de construire des phrases compréhensibles, d’utiliser un vocabulaire adapté au sujet traité et d’organiser suffisamment ses idées pour rendre son raisonnement clair.

Ces compétences devront être prises en compte dans l’ensemble des enseignements et des disciplines, selon les modalités propres à chaque épreuve.

Une grille commune organisée autour de quatre niveaux

Les correcteurs disposeront d’une échelle permettant de situer le niveau de maîtrise de la langue du candidat.

Quatre niveaux sont prévus : « très insuffisant », « insuffisant », « satisfaisant » et « très satisfaisant ».

Une maîtrise considérée comme très insuffisante peut notamment correspondre à des erreurs orthographiques très fréquentes, y compris sur des règles simples, à une syntaxe fortement défaillante ou à un vocabulaire particulièrement limité.

Le niveau insuffisant correspond davantage à des erreurs répétées, à des maladresses régulières dans la construction des phrases ou à un lexique pauvre.

À l’inverse, un niveau satisfaisant suppose des erreurs seulement ponctuelles, quelques maladresses syntaxiques et un vocabulaire globalement correct.

Pour atteindre le niveau très satisfaisant, les fautes doivent rester rares, la construction des phrases doit être maîtrisée et le vocabulaire utilisé doit être suffisamment riche et adapté au sujet.

Cette grille doit fournir aux correcteurs un cadre commun, même si son application doit tenir compte des caractéristiques propres à chaque discipline.

Certaines matières accorderont davantage de poids à la rédaction

Les deux points constituent un minimum et ne représentent donc pas nécessairement l’intégralité de la place accordée à la qualité de l’expression.

Dans les disciplines et les exercices où la rédaction constitue une compétence essentielle, le poids de la maîtrise de la langue pourra être plus important.

Le ministère précise ainsi que lorsqu’une épreuve comporte une dimension rédactionnelle majeure, une copie présentant des lacunes sur la plupart des critères liés à la maîtrise de la langue ne peut pas obtenir la moyenne.

La qualité de la rédaction pourra donc avoir une incidence plus forte dans certaines épreuves, notamment lorsque la capacité à construire et à développer une argumentation fait directement partie des compétences attendues.

Les matières scientifiques sont elles aussi concernées

La nouvelle règle s’applique également aux disciplines scientifiques.

En physique-chimie, par exemple, deux points sur vingt doivent être consacrés à la maîtrise de la langue. La qualité du français ne vient donc pas remplacer l’évaluation des connaissances scientifiques, mais devient une composante supplémentaire de la notation.

La capacité à expliquer correctement une démarche, utiliser un vocabulaire précis et présenter un raisonnement compréhensible fait ainsi partie des attentes.

En sciences économiques et sociales, deux points sur vingt sont également spécifiquement consacrés aux normes orthographiques et syntaxiques, tandis que l’organisation de la réflexion et la qualité du raisonnement sont intégrées plus largement à l’évaluation des compétences disciplinaires.

Les diplômes professionnels également concernés

Les nouvelles exigences ne se limitent pas au brevet et aux baccalauréats général et technologique.

Les diplômes professionnels sont eux aussi concernés par le renforcement de l’évaluation de la langue.

Dans ce cadre, le ministère insiste notamment sur la clarté de l’expression et l’intelligibilité des productions écrites. Ces compétences doivent être appréciées en fonction des exigences de communication propres à chaque métier.

Les différents barèmes devront ainsi valoriser la correction de la langue, notamment l’orthographe et la syntaxe, mais également la précision du vocabulaire et la capacité du candidat à organiser correctement sa réflexion.

Des adaptations prévues pour certains candidats

Le ministère précise également que les situations particulières doivent continuer à être prises en compte.

Les candidats bénéficiant d’aménagements ou d’adaptations liés aux normes orthographiques ou syntaxiques ne devront donc pas être évalués exactement de la même manière lorsque leur situation le justifie.

Cette disposition concerne notamment certains élèves disposant d’aménagements officiels en raison de troubles spécifiques des apprentissages.

Le nouveau cadre d’évaluation ne supprime donc pas les adaptations déjà prévues pour les candidats concernés.

Davantage de rédaction demandée pendant l’année

La réforme ne doit pas seulement modifier la façon dont les copies seront corrigées le jour de l’examen.

Le ministère demande également aux établissements et aux enseignants de préparer les élèves à ces nouvelles exigences tout au long de leur scolarité.

La note de service encourage notamment à faire davantage rédiger les élèves et à limiter le recours systématique aux questionnaires à choix multiples ou aux exercices demandant seulement un mot, une expression ou une réponse très courte.

L’objectif est d’habituer progressivement les futurs candidats à formuler un raisonnement complet, structurer leur pensée et développer leurs réponses à l’écrit.

Les chefs d’établissement et les corps d’inspection doivent également accompagner les équipes pédagogiques afin que la maîtrise du français soit travaillée dans toutes les disciplines et pas uniquement pendant les cours de français.

Une mesure accueillie avec réserves par le Snes-FSU

Cette évolution suscite néanmoins des critiques parmi les représentants des enseignants.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, estime que l’amélioration du niveau des élèves ne peut pas reposer uniquement sur une modification du barème des examens.

Le syndicat considère qu’un travail de long terme et des moyens permettant d’accompagner les élèves sont nécessaires pour améliorer véritablement leur maîtrise de la langue.

Il s’interroge également sur l’application concrète de la nouvelle grille par les correcteurs et juge que la multiplication des critères pourrait rendre la notation complexe. Ces réserves constituent la position exprimée par le syndicat et non un constat établi sur les effets du nouveau dispositif, qui ne s’appliquera qu’à partir de la session 2027.

Une nouvelle place accordée à l’expression écrite aux examens

Avec ces nouvelles règles, le ministère cherche à rendre plus explicite la place de la maîtrise du français dans les examens nationaux.

Dès 2027, les candidats devront donc porter attention non seulement à la justesse de leurs réponses et à leurs connaissances disciplinaires, mais aussi à leur manière de les formuler.

L’orthographe restera un élément important, mais elle ne constituera qu’une partie de l’évaluation : la syntaxe, la précision du vocabulaire, la clarté du raisonnement et l’organisation des idées seront également observées.

Pour les élèves, l’enjeu sera donc de montrer qu’ils maîtrisent leurs connaissances tout en étant capables de les présenter de manière claire, structurée et compréhensible.

SOURCE : TF1 INFO

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