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ÉDUCATION
24
February 2026

Bientôt la fin du lycée d’origine dans les dossiers parcoursup ?

Un rapport parlementaire propose 51 améliorations à apporter à Parcoursup, la plateforme nationale d’orientation post-bac. Parmi les pistes évoquées figure une mesure particulièrement symbolique : supprimer la mention du lycée d’origine dans les dossiers de candidature transmis aux formations.

Selon ce rapport, adopté en commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale, Parcoursup constitue une « réussite technique », mais représenterait un « échec politique » au regard des objectifs fixés par le législateur, notamment en matière de réduction des réorientations, de lutte contre l’échec en licence et de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur.

Une plateforme jugée efficace techniquement mais contestée politiquement

Créée en 2018, Parcoursup a permis de centraliser et d’organiser l’ensemble des candidatures post-bac via un outil numérique unique. Sur le plan technique, la plateforme est considérée comme stable et fonctionnelle. Toutefois, les rapporteurs estiment qu’elle ne répond pas pleinement aux ambitions sociales et éducatives qui lui avaient été assignées.

Dans leur analyse, ils soulignent que Parcoursup « participe de la persistance des inégalités socioculturelles ». Autrement dit, le dispositif n’aurait pas permis de corriger les écarts existants entre les candidats selon leur origine sociale ou leur parcours scolaire.

Supprimer la mention du lycée d’origine

Parmi les propositions phares figure la suppression de la mention du lycée d’origine dans les éléments transmis aux formations. L’objectif serait d’éviter toute forme de biais, conscient ou non, lié à la réputation d’un établissement ou à son implantation géographique.

Les députés suggèrent également de renforcer la transparence du système. Ils proposent notamment de constituer une base de données des algorithmes locaux utilisés par les établissements et d’en permettre l’accès, afin de mieux comprendre les critères réellement mobilisés lors de l’examen des candidatures.

Autre piste : indiquer explicitement à quel stade de l’analyse les différents critères de sélection affichés sont effectivement pris en compte. Cette clarification viserait à renforcer la confiance des candidats dans le fonctionnement de la plateforme.

Lettre de motivation et évaluation : vers une harmonisation ?

Le rapport préconise aussi de supprimer la lettre de motivation, sauf lorsque celle-ci est spécifiquement requise par une formation. Cette mesure entend limiter les inégalités liées aux ressources familiales ou au recours à des aides extérieures dans la rédaction des dossiers.

Les parlementaires proposent par ailleurs d’instaurer un référentiel unique de notation des devoirs et d’évaluation des compétences dans le cadre du contrôle continu. L’objectif serait d’harmoniser les pratiques et de réduire les écarts d’appréciation entre établissements.

Rendre effectives les heures d’orientation au lycée

Au-delà des aspects techniques de la plateforme, le rapport met en lumière un problème plus structurel : l’accompagnement à l’orientation. Les auteurs estiment que les 54 heures d’orientation prévues au lycée sont rarement réalisées dans leur intégralité et demeurent insuffisamment mobilisées au regard des besoins des élèves.

Ils appellent donc à rendre ces heures « effectivement » opérationnelles, afin d’offrir un accompagnement individualisé plus solide aux lycéens, en amont même de la procédure Parcoursup.

Une massification sans réelle démocratisation

Selon les conclusions du rapport, Parcoursup n’aurait « aucunement rééquilibré la composition sociale de l’enseignement supérieur ». Si le nombre d’étudiants a augmenté, cette massification ne se serait pas accompagnée d’une véritable démocratisation.

Les travaux des députés s’appuient sur des auditions ainsi que sur 1 600 contributions recueillies lors d’une consultation citoyenne en ligne. Ils interviennent alors que les candidats, élèves de terminale ou étudiants en réorientation, disposent jusqu’au 12 mars pour formuler jusqu’à 10 vœux non hiérarchisés, puis jusqu’au 1er avril pour finaliser leur dossier et confirmer leurs choix.

SOURCE : LE PARISIEN

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