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ÉDUCATION
22
January 2026

BUT ou bachelor : pourquoi les formations courtes séduisent

Tous les étudiants ne souhaitent pas nécessairement poursuivre leurs études au-delà d’un bac + 3. Pour ceux qui envisagent de s’arrêter à ce niveau, il existe des formations professionnalisantes qui permettent une entrée directe sur le marché du travail.

Bac en poche, avec des spécialités HGGSP et SES, Pierre recherchait « quelque chose de très généraliste, qui ne ferme pas de portes ». Sans certitude quant à une poursuite jusqu’au bac + 5, mais sans l’exclure totalement, il se tourne vers un bachelor en management international à l’EM Normandie. « La question de continuer ou non s’est posée pendant toute la durée des trois années. Plus le temps passait, moins les cours me motivaient. Faire un bac + 5 pour faire un bac + 5 n’avait pas de sens, il fallait que cela soit utile », explique-t-il. Une fois son bac + 3 obtenu, Pierre décide donc de s’arrêter afin de chercher un emploi, même s’il aurait pu candidater en master, son bachelor étant reconnu avec le grade de licence.

Un arrêt à bac + 3 de plus en plus assumé

Ce choix est également observé par Jean-Luc Reboud, directeur de l’un des trois IUT rattachés à l’université Grenoble Alpes. « En IUT, l’idée initiale est souvent de poursuivre si tout se passe bien. Mais dans la quasi-totalité des domaines, il existe aujourd’hui des possibilités de s’arrêter à bac + 3. Et lorsque les étudiants font ce choix, il est pleinement assumé », souligne-t-il.

L’insertion professionnelle peut d’ailleurs se révéler plus rapide que prévu. Pierre anticipait quelques difficultés, mais après seulement deux mois de recherche, alors qu’il postulait à un CDD pour remplacer un congé maternité, il se voit finalement proposer un CDI afin de consolider une équipe.

Des débouchés professionnels encourageants

Cette entrée dans la vie active rejoint les constats de Timothée Levi, enseignant à Bordeaux auprès d’étudiants en BUT G2I, une formation désormais structurée en bac + 3 depuis la réforme du diplôme. « Aujourd’hui, nous avons davantage d’offres d’emploi que d’étudiants. Il existe un fort besoin de techniciens et d’assistants ingénieurs », observe-t-il. Une tendance également visible dans d’autres spécialités comme le génie mécanique ou le génie civil, parmi les 24 parcours proposés en BUT.

Dans la promotion de l’année précédente, près de 40 % des diplômés ont signé un CDI, tandis qu’environ la moitié a choisi de poursuivre ses études. « 80 % de nos alternants reçoivent une proposition d’embauche à l’issue de leur alternance. Les entreprises apprécient ces profils, à la fois opérationnels et solides sur le plan théorique », se réjouit l’enseignant. Selon une note récente du ministère de l’Enseignement supérieur, près de 70 % des diplômés de BUT arrêtés à bac + 3 occupent un emploi salarié un an après l’obtention de leur diplôme, avec 78,7 % dans les secteurs de la production et 62,6 % dans les services.

Des salaires jugés satisfaisants à la sortie

Les niveaux de rémunération varient selon les entreprises, mais restent attractifs. « Dans le contexte actuel, avec plusieurs postes pour un seul candidat, les diplômés parviennent à négocier des salaires intéressants, compris entre 1 800 et 2 100 euros net », précise Timothée Levi. Pierre se dit lui aussi satisfait de sa situation. À 21 ans, après une année d’alternance, il travaille aujourd’hui dans une grande banque. « La rémunération est correcte, les avantages sont nombreux et je travaille dans de bonnes conditions, dans un open space bien équipé », confie-t-il.

Un encadrement renforcé dans des promotions à taille humaine

Autre atout de ces formations : l’encadrement proposé durant les études. « Le BUT se situe entre le BTS et la classe préparatoire. Il demande à la fois un profil pratique et théorique, permettant de devenir technicien au bout de trois ans », explique Timothée Levi. Les enseignements combinent connaissances académiques et mises en situation concrètes afin de faciliter l’acquisition de compétences opérationnelles.

À l’IUT de Bordeaux, la promotion compte environ 115 étudiants, mais seuls 5 % des cours se déroulent en amphithéâtre. Les groupes sont limités à 24 étudiants en travaux dirigés et à 12 en travaux pratiques. Une organisation proche de celle du lycée ou de la classe préparatoire, susceptible de rassurer des étudiants attirés par ces filières mais inquiets face à la pression qu’elles impliquent. Le volume horaire reste néanmoins soutenu, avec près de trente heures de cours hebdomadaires, un rythme proche de celui de la terminale.

Des conditions similaires en bachelor

Du côté des écoles, les effectifs restent également réduits. « Les étudiants suivent environ 26 heures de cours par semaine, auxquelles s’ajoutent une dizaine d’heures de travaux de groupe », explique Manon Barillon, directrice des admissions de l’EM Normandie. En première année, les promotions accueillent entre 30 et 50 étudiants sur les campus du Havre ou de Paris, avec des groupes parfois encore plus restreints selon les matières.

Les cours magistraux sont absents, laissant place à un travail collaboratif important. Dès la première année, les étudiants doivent également consacrer une demi-journée par semaine à un engagement associatif. Un rythme soutenu, mais formateur.

Des formations sélectives mais accessibles

Si ces formations sont sélectives selon les filières, elles restent accessibles. « Pour intégrer un BUT, il faut en moyenne autour de 12 au bac général, mais cela dépend des spécialités. En information-communication ou en mesures physiques, la moyenne demandée se situe plutôt entre 13 et 14 », précise Timothée Levi. Les candidats issus de bacs technologiques bénéficient souvent d’un bonus, tandis que les résultats en mathématiques et en physique sont particulièrement observés pour les filières scientifiques.

Au-delà des notes, le comportement, l’assiduité et la motivation jouent un rôle déterminant, des éléments évalués à travers les bulletins scolaires et la fiche Avenir. Des critères également pris en compte pour l’admission en bachelor. « Nous ne nous arrêtons pas uniquement à la notation. Nous attendons une réelle motivation, un projet structuré et la capacité de l’école à répondre aux attentes de l’étudiant », précise Manon Barillon.

Des perspectives ouvertes après le bac + 3

S’arrêter à bac + 3 ne signifie pas renoncer définitivement à poursuivre ses études. Les bachelors disposant du grade de licence, tout comme les BUT, permettent d’envisager une poursuite en master ou dans des établissements reconnus. « Ces étudiants peuvent accéder à des bac + 5 de très bon niveau », confirme Timothée Levi.

Le parcours de Pierre en est un exemple. En trois années de bachelor, il a effectué six mois à l’étranger en deuxième année à Vilnius, en Lituanie, avant de réaliser une année d’alternance en dernière année. Une expérience suffisante pour répondre aux attentes de son employeur actuel, le Crédit Agricole, qui l’a recruté en CDI. « Les ressources humaines m’ont expliqué que des formations internes me permettraient d’évoluer et d’atteindre le niveau de compétences attendu », explique-t-il.

Et même pour ceux qui choisissent une insertion immédiate, les possibilités restent ouvertes. « Reprendre des études plus tard reste envisageable. Ces formations permettent justement d’éclairer son choix. Lorsqu’on s’arrête, ce n’est jamais définitif », conclut Jean-Luc Reboud.

SOURCE : LE PARISIEN

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