Canicule à l’école : un classement des bâtiments prévu pour mieux anticiper les fortes chaleurs

Après les nombreuses fermetures d’établissements provoquées par les épisodes de chaleur de l’été, le ministère de l’Éducation nationale souhaite mieux connaître la capacité des écoles, collèges et lycées à faire face aux températures élevées.
Le gouvernement va ainsi engager un travail de classement des établissements scolaires en fonction de leurs caractéristiques énergétiques et de leur niveau d’adaptation aux fortes chaleurs.
Cette démarche doit permettre d’obtenir une vision plus précise de la situation du parc scolaire français et d’identifier les bâtiments dans lesquels les conditions deviennent les plus difficiles lors des épisodes de canicule.
Une enquête menée dans l’ensemble des académies
Le ministère de l’Éducation nationale a lancé une enquête auprès de toutes les académies afin d’évaluer plus précisément le niveau d’adaptation des écoles et des établissements scolaires.
L’objectif est notamment de recueillir des informations permettant de déterminer dans quelles conditions les bâtiments peuvent accueillir les élèves et les personnels lorsque les températures augmentent fortement.
Mélanie Joder, secrétaire générale du ministère de l’Éducation nationale, a indiqué que ce travail devait permettre de mieux qualifier la situation de l’ensemble des établissements.
L’enquête doit toutefois prendre plusieurs mois. Elle devrait se poursuivre durant l’automne, notamment parce que les services de l’Éducation nationale ne disposent pas directement de toutes les informations techniques concernant les bâtiments scolaires.
Les collectivités locales sollicitées pour compléter les données
Les bâtiments scolaires ne relèvent pas tous directement du ministère de l’Éducation nationale. Les communes, départements et régions jouent également un rôle central dans leur gestion et leur entretien.
Les services de l’État doivent donc travailler avec les collectivités locales pour réunir les informations nécessaires concernant notamment les caractéristiques des bâtiments, leur performance énergétique ou encore les équipements disponibles pour limiter les effets des fortes chaleurs.
Cette coopération doit permettre de constituer progressivement une vision plus complète de la situation du parc immobilier scolaire.
Le travail annoncé devrait ensuite aider le ministère à mieux identifier les établissements nécessitant des améliorations ou des interventions prioritaires.
Quatre niveaux pour évaluer le confort d’été
L’enquête doit aboutir à un classement des bâtiments selon leur niveau de confort pendant les périodes estivales.
Quatre catégories sont envisagées : un confort d’été jugé suffisant, intermédiaire, mauvais ou très mauvais.
Le ministère précise toutefois que cette classification ne reposera pas sur une méthode scientifique stricte. Il s’agira avant tout d’une appréciation générale permettant de disposer d’une première photographie de la situation.
Cette méthode doit notamment permettre d’identifier plus rapidement les établissements dans lesquels les conditions sont les moins adaptées aux épisodes de chaleur.
Un outil pour mieux cibler les interventions
Le classement doit servir avant tout à orienter les futures interventions.
En connaissant davantage la situation de chaque établissement, le ministère et les collectivités devraient pouvoir mieux quantifier les besoins et déterminer les bâtiments qui nécessitent des travaux ou des adaptations en priorité.
Les mesures envisageables peuvent dépendre fortement de la configuration des locaux, de leur ancienneté ou encore de leur exposition.
Cette démarche intervient alors que les épisodes de chaleur posent de plus en plus régulièrement la question des conditions d’accueil des élèves et des personnels dans les bâtiments scolaires.
Une classification publique déjà demandée
La question de l’adaptation des établissements scolaires à la chaleur avait déjà été soulevée quelques mois auparavant.
En mars, un rapport adopté par une instance consultative de l’Éducation nationale avait notamment demandé la création d’une classification publique des établissements selon leurs caractéristiques énergétiques.
Ce document préconisait également la mise en place de limites de température encadrées pendant les périodes d’examen.
Le classement annoncé par le gouvernement s’inscrit donc dans une réflexion plus large autour de l’adaptation des bâtiments scolaires aux épisodes météorologiques extrêmes.
Pas de température automatique pour fermer une école
Le ministère ne prévoit toutefois pas, à ce stade, de fixer une température précise entraînant automatiquement la fermeture d’un établissement scolaire.
Mélanie Joder a réaffirmé que le gouvernement ne souhaitait pas établir de seuil unique à partir duquel une école devrait obligatoirement fermer.
Les situations peuvent en effet varier fortement d’un établissement à l’autre selon la configuration des bâtiments, leur isolation, leur exposition au soleil, leur ventilation ou encore les équipements disponibles.
Le classement envisagé doit donc permettre d’avoir une approche plus individualisée de la situation des établissements.
Plus de 4 400 établissements avaient fermé pendant la canicule
Les épisodes de chaleur de juin avaient mis en évidence les difficultés rencontrées par une partie du parc scolaire.
Au moment du pic de la canicule, 4 476 établissements scolaires avaient dû fermer leurs portes.
La France compte environ 67 000 écoles et établissements scolaires. Même si les fermetures n’ont concerné qu’une partie d’entre eux, leur nombre a rappelé l’importance de mieux anticiper l’impact des fortes chaleurs sur les conditions d’apprentissage.
Avec cette nouvelle classification, le ministère cherche ainsi à disposer d’un état des lieux plus précis afin de mieux cibler les besoins et de préparer progressivement les établissements à des épisodes de chaleur qui peuvent fortement perturber leur fonctionnement.

SOURCE : CNEWS

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