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ÉDUCATION
6
February 2026

Confronté au pillage de ses ressources par les IA, Open Education défend une vision inclusive

Questionnements sur la diffusion des ressources

Certains membres de la communauté de l’Open Education s’interrogent sur la pertinence de continuer à partager leurs contenus en ressources éducatives libres (REL), craignant un pillage et une marchandisation par les IA des entreprises de la Tech. Ces interrogations ont émergé lors d’un webinaire organisé le 26 janvier 2026 par l’association Open Education Global. Malgré ces inquiétudes, l’association continue de promouvoir le mouvement pour préserver une vision inclusive et équitable de l’accès au savoir, même en période de crise.

Un webinaire au cœur de la réflexion

Le webinaire, tenu dans le cadre du Learning Planet Festival, a abordé la question : « L’Open Education a-t-elle encore un sens en 2026 ? » L’ère de la massification de l’IA générative remet en effet en question les modèles traditionnels d’accès aux savoirs et apprentissages. L’événement, organisé par l’équipe francophone d’Open Education Global en partenariat avec la chaire Unesco Relia (université de Nantes), a permis de débattre de ces enjeux cruciaux.

Le mouvement Open Education fête ses 25 ans

L’année 2026 marque le quart de siècle du mouvement Open Education, né au MIT au début des années 2000, lié à l’institutionnalisation des ressources éducatives libres (REL) dans le cadre de politiques publiques visant à massifier l’accès à l’éducation et au savoir. Perrine de Coëtlogon, présidente du board de l’organisation internationale et fondatrice de la branche francophone, rappelle cette mission. En 2025, elle a également créé l’association RedBay - Le Mouvement numérique ouvert.

Pour célébrer cet anniversaire, un événement hybride est prévu au MIT du 7 au 9 octobre 2026, sous réserve des conditions politiques.

Préserver les savoirs en temps de crise

Pour Perrine de Coëtlogon, le mouvement a encore un rôle majeur, notamment pour garantir une vision inclusive et équitable de l’accès aux connaissances. Elle observe que certaines parties du monde remettent en question cette approche, attaquant la valeur de l’éducation et des diplômes, et explorant la substitution des enseignants par des IA. Elle insiste : « On peut tout apprendre soi-même, mais la réalité montre que c’est extrêmement difficile. »

Lucie Grasset, membre de la chaire Relia, ajoute que les REL sont essentielles pour préserver les savoirs en cas de crise, par exemple lorsque des guerres menacent bibliothèques et archives. Elle cite le témoignage d’une bibliothécaire de Kiev qui a réussi à télécharger l’ensemble des ressources numériques et sauver quelques livres avant les bombardements russes.

Les REL face aux IA génératives

L’essor de l’IA générative a des conséquences pour l’Open Education. Les grands groupes de la Tech se sont largement servis des REL pour entraîner des outils comme ChatGPT ou Gemini, souvent sans respecter les droits d’auteur, souligne Lucie Grasset. Certains se demandent donc s’ils doivent continuer à diffuser leurs contenus, au risque de voir leurs savoirs piller et marchandisés.

La recherche montre que la qualité des outils d’IA se dégrade lorsqu’ils sont entraînés sur des contenus générés par IA : « C’est comme faire des photocopies de photocopies de photocopies », explique Younès Bennani, vice-président Innovation de l’USPN et directeur de LaMSN.

Perrine de Coëtlogon insiste : sans Open Education, il n’y aurait plus de ressources proches des universités et de la recherche, essentielles pour renouveler les données utilisées par les IA. Certains enseignants-chercheurs considèrent que si l’on doit nourrir les IA, autant le faire avec des contenus de qualité. Elle souligne aussi la difficulté d’imposer l’éthique face au pillage généralisé.

Une vision nuancée selon les contextes

L’IA peut aussi représenter un allié pour l’Open Education. Le webinaire réunissait des participants de plusieurs continents, et la perception des IA varie selon le contexte. Là où les participants occidentaux craignaient un pillage des savoirs, d’autres, dans des pays où l’accès à l’éducation est limité, y voient un outil facilitant l’accès aux connaissances.

Lucie Grasset rappelle que l’IA n’est pas seulement un outil mais un révélateur de tensions profondes dans l’éducation : accélération de la production de contenus, transformation et facilitation de l’accès aux savoirs, redistribution de la valeur éducative et meilleure adaptation aux besoins des individus.

Perrine de Coëtlogon met en garde : les professionnels actuels ont grandi sans IA générative et peuvent expérimenter avec esprit critique ; la jeune génération pourrait ne pas bénéficier de la même vigilance, rendant nécessaire une attention accrue.

SOURCE : AEFINFO

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