Démarchage téléphonique : une école peut-elle encore appeler ses candidats en 2027

Depuis la fin du démarchage téléphonique sans consentement, les règles du jeu ont profondément changé pour toutes les entreprises qui prospectent par téléphone. Les écoles, lycées, CFA, universités et établissements d’enseignement supérieur sont concernés au premier chef : relancer un candidat qui n’a pas finalisé son inscription, rappeler un lycéen qui a demandé une brochure, inviter un futur apprenti à une JPO... Autant de pratiques courantes qui sont désormais encadrées.
Alors, une école peut-elle encore appeler ses candidats ? La réponse est oui, mais à certaines conditions précises. Voici ce qui est permis, ce qui est interdit, et comment adapter votre stratégie de recrutement dans ce nouveau contexte réglementaire.
Ce qui a changé avec la fin du démarchage sans consentement
Depuis plusieurs mois, la réglementation française s’est durcie sur le démarchage téléphonique. L’opt-in est devenu la règle : une entreprise ne peut appeler un particulier à des fins commerciales que si celui-ci a préalablement donné son consentement explicite. Fini le temps où on pouvait appeler sans autorisation préalable.
Cette évolution s’inscrit dans la continuité du dispositif Bloctel et du RGPD, qui protègent les consommateurs contre les sollicitations non souhaitées. Pour les écoles, cette évolution impose une revue complète des pratiques de prospection téléphonique.
Les écoles sont-elles concernées par ces règles
Oui, mais avec des nuances importantes selon la nature de l’interaction.
Les écoles privées, CFA, écoles supérieures et organismes de formation sont considérés comme des entreprises qui proposent des services. À ce titre, ils sont soumis aux règles sur le démarchage commercial.
En revanche, dès lors qu’il y a eu un contact préalable à l’initiative du candidat (demande de brochure, inscription à une JPO, pré-inscription en ligne, visite sur un stand), les règles ne sont pas les mêmes. Dans ce cas, l’école est en relation établie avec le prospect : elle peut légitimement le recontacter, dans un cadre défini.
Ce que votre école peut encore faire légalement
Plusieurs pratiques restent parfaitement autorisées, à condition d’être bien encadrées.
Rappeler un prospect qui vous a sollicité
Si un lycéen ou ses parents ont rempli un formulaire sur votre site, demandé une brochure, participé à une JPO ou pris contact d’une manière ou d’une autre, vous pouvez les rappeler. Le contact initial justifie la relance, car il s’agit d’une suite logique à une démarche entamée par le candidat lui-même.
Relancer sur un dossier en cours
Si un candidat a commencé une pré-inscription, déposé un dossier incomplet, ou s’est inscrit à un événement, vous pouvez le relancer pour l’aider à finaliser sa démarche. Il s’agit d’un suivi légitime, pas d’un démarchage à froid.
Contacter les candidats déjà inscrits ou leurs familles
Pour vos élèves actuels, apprentis ou étudiants, les règles habituelles s’appliquent : vous pouvez les contacter dans le cadre normal de votre relation.
Appeler avec consentement explicite
Si un formulaire inclut une case cochée explicitement par le prospect (“J’accepte d’être contacté par téléphone pour un suivi personnalisé”), vous pouvez l’appeler légitimement.
Les professionnels (entreprises partenaires, OPCO, financeurs)
Les règles sur le démarchage sans consentement visent principalement les particuliers. La prospection BtoB (entreprises partenaires, décideurs RH pour l’alternance, OPCO) reste globalement autorisée, dans les règles du RGPD professionnel.
Ce qui est désormais interdit
Plusieurs pratiques courantes sont désormais à proscrire.
Appeler à froid des listes de contacts (anciens prospects, bases achetées, numéros extraits de l’ONISEP ou de salons) sans contact préalable ni consentement.
Démarcher des numéros inscrits sur Bloctel, sauf relation client préexistante.
Faire du cold calling en masse sur des listes génériques (par exemple appeler tous les lycéens d’un bassin pour promouvoir une JPO).
Confier à un prestataire des campagnes de prospection téléphonique qui ne respecteraient pas ces règles.
Les sanctions peuvent être significatives : amendes administratives, atteintes à la réputation, procédures CNIL.
Comment adapter sa stratégie de recrutement
Face à cette évolution, les écoles doivent repenser leur approche. Plusieurs leviers deviennent prioritaires.
Collecter proprement le consentement dès le premier contact
Chaque formulaire sur votre site, chaque fiche de contact lors d’un salon, chaque inscription à une JPO doit comporter une case explicite d’acceptation du contact téléphonique. Un consentement bien recueilli protège toute la suite de la relation.
Soigner tous les points de contact entrants
Puisque la prospection sortante à froid n’est plus possible, l’enjeu devient de maximiser les demandes entrantes. Site internet optimisé, formulaires visibles, pré-inscription en ligne fluide, prise de rendez-vous en ligne, chat live : chaque canal doit faciliter la prise de contact par le candidat.
Renforcer les campagnes publicitaires digitales
Puisqu’on ne peut plus appeler à froid, il faut faire venir les prospects à soi. Google Ads, Meta Ads, TikTok Ads, Snapchat Ads, LinkedIn Ads deviennent encore plus stratégiques pour générer des demandes qualifiées.
Travailler sa visibilité organique
SEO, GEO (référencement dans ChatGPT et autres IA), présence sur les réseaux sociaux, référencement local : plus votre école est visible spontanément, plus elle génère de demandes entrantes qu’elle pourra légitimement rappeler.
Professionnaliser le suivi des demandes
Puisque chaque demande entrante est précieuse, le traitement doit être irréprochable : réponse sous 24 heures, suivi personnalisé, relances légitimes, outil CRM. Un bon dispositif de suivi convertit plus de candidatures que des appels à froid massifs.
Développer la prospection BtoB (CFA et formation professionnelle)
Pour les CFA et organismes de formation, la prospection auprès des entreprises partenaires reste autorisée. LinkedIn, campagnes BtoB ciblées, événements professionnels, e-mailings vers des contacts qualifiés : autant de canaux à exploiter davantage.
Les erreurs à éviter dans ce nouveau contexte
Continuer les anciennes pratiques en espérant que ça passera. Les contrôles existent et les sanctions peuvent peser lourd.
Négliger la collecte du consentement. Un formulaire sans case claire est un formulaire qui vous bloque pour la suite.
Confier la prospection à un prestataire sans vérifier ses pratiques. L’école reste responsable même en cas de prestation externalisée.
Sous-estimer le levier des demandes entrantes. Elles sont désormais le cœur du dispositif, pas un complément.
Oublier la dimension BtoB. Pour les CFA et écoles supérieures, les partenariats entreprises offrent un vrai relais.
L’approche d’Ekole
Chez Ekole, nous accompagnons depuis plus d’une décennie les écoles privées, lycées, CFA, universités et grandes écoles dans leur stratégie de recrutement conforme et performante : création de parcours de collecte de consentement, formulaires optimisés, campagnes digitales ciblées, SEO et GEO, animation réseaux sociaux, dispositifs de suivi des demandes. Notre spécialisation exclusive dans le monde de l’éducation nous permet de concilier performance commerciale et respect des règles.
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