Éducation nationale : comment l’IA va transformer l’école d’ici 2027

L’intelligence artificielle prend une place croissante dans le fonctionnement de l’Éducation nationale. En quelques années seulement, son développement a commencé à modifier les pratiques pédagogiques, mais également les méthodes de travail des personnels administratifs et des équipes techniques.
Pour accompagner cette évolution, le ministère de l’Éducation nationale a publié sa feuille de route consacrée à l’intelligence artificielle pour 2026 et 2027. L’objectif affiché est désormais de passer d’expérimentations dispersées à des usages plus largement déployés, tout en conservant une maîtrise humaine des outils et en privilégiant des solutions présentées comme souveraines et soutenables.
Cette stratégie concerne un ministère qui accueille plus de 12 millions d’élèves au sein de près de 60 000 écoles et établissements, répartis dans 30 académies. Elle doit également accompagner plus d’un million d’agents dans l’évolution de leurs pratiques professionnelles.
Trois grands axes pour développer l’intelligence artificielle
La feuille de route du ministère repose sur trois grands piliers. Le premier concerne directement la pédagogie et l’accompagnement des enseignants. Le deuxième porte sur l’utilisation de l’IA pour simplifier certaines tâches administratives. Le troisième vise la transformation et la sécurisation du système d’information du ministère.
À ces trois dimensions s’ajoutent plusieurs actions transversales. Le ministère souhaite notamment structurer une gouvernance dédiée à l’IA, renforcer la formation de ses agents et développer des communautés professionnelles capables de partager leurs expérimentations et leurs pratiques.
L’enjeu n’est donc pas seulement d’introduire de nouveaux outils numériques dans les établissements. Le ministère cherche également à définir les conditions dans lesquelles ces technologies pourront être utilisées, évaluées et déployées progressivement à plus grande échelle.
Des outils d’IA pour accompagner le travail des enseignants
L’un des principaux axes de la feuille de route concerne les enseignants. L’intelligence artificielle doit progressivement être intégrée à certains gestes professionnels afin de réduire le temps consacré à des tâches préparatoires et de laisser davantage de place à l’accompagnement des élèves.
Le ministère prévoit notamment de travailler sur des outils capables d’aider les enseignants à préparer des séquences pédagogiques, concevoir des évaluations adaptées, différencier davantage les apprentissages ou encore accompagner certaines étapes de la correction.
L’objectif reste néanmoins de conserver l’enseignant au centre du processus pédagogique. Les outils développés doivent venir en appui de son expertise plutôt que se substituer à celle-ci.
La stratégie prévoit également de soutenir les enseignants qui souhaitent développer eux-mêmes des ressources numériques. La Forge des communs numériques éducatifs doit notamment permettre la création et le partage de ressources éducatives libres intégrant des fonctionnalités d’intelligence artificielle.
Le ministère ambitionne de permettre à plus de 10 000 contributeurs, qualifiés de « forgerons », de développer des outils répondant directement aux besoins rencontrés sur le terrain.
Un tuteur basé sur l’IA expérimenté auprès des élèves
La feuille de route prévoit également le développement d’outils destinés directement aux élèves.
Parmi les projets mis en avant figure notamment ANSU, un tuteur adaptatif reposant sur l’intelligence artificielle. Son fonctionnement doit s’appuyer sur un système de questionnement progressif afin d’accompagner l’élève dans son raisonnement plutôt que de lui fournir immédiatement une réponse.
L’objectif annoncé est ainsi d’utiliser l’IA comme un outil d’accompagnement des apprentissages, sans entraîner une délégation complète du raisonnement à la machine.
Les premières classes pilotes doivent être mises en place durant les troisième et quatrième trimestres 2026. Un bilan du dispositif et de ses perspectives de déploiement est ensuite prévu en 2027.
Pix IA pour développer une culture commune chez les élèves
La montée en puissance de l’intelligence artificielle passe également par une meilleure compréhension de son fonctionnement.
Le ministère prévoit ainsi de renforcer l’acculturation des élèves à ces technologies. Les parcours Pix consacrés à l’intelligence artificielle participent déjà à cet objectif en abordant le fonctionnement de l’IA générative, ses usages, ses limites, ses biais ou encore ses impacts.
La généralisation de Pix IA pour les élèves fait partie des premières étapes inscrites dans le calendrier de la feuille de route 2026. Cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus globale visant à permettre aux jeunes de développer une utilisation critique et responsable de ces technologies.
L’IA doit aussi simplifier le travail administratif
L’intelligence artificielle ne sera pas uniquement utilisée dans les salles de classe.
Le ministère souhaite également s’en servir pour réduire certaines tâches administratives répétitives réalisées par ses 1,2 million d’agents, qu’il s’agisse d’enseignants, de personnels de direction ou de gestionnaires.
L’un des projets majeurs porte sur le déploiement d’un assistant d’intelligence artificielle souverain destiné dans un premier temps à 100 000 personnels administratifs.
Cet outil doit notamment permettre d’aider les agents dans la recherche d’informations, la rédaction ou le traitement de certaines demandes.
Des fonctions intelligentes intégrées aux messageries
La messagerie et les outils bureautiques constituent un autre domaine dans lequel le ministère souhaite intégrer progressivement l’intelligence artificielle.
Plusieurs fonctionnalités sont envisagées dans la suite collaborative apps.education.fr.
L’IA pourrait notamment permettre de reformuler certains contenus pour les rendre plus accessibles, par exemple grâce à la traduction ou au français facile à lire et à comprendre.
Le ministère prévoit également du tri automatique dans les messageries, des synthèses quotidiennes de certaines boîtes mail ainsi qu’un système de recherche conversationnelle permettant aux agents de retrouver plus facilement une information.
Ces fonctionnalités ont pour objectif de diminuer la charge associée au traitement quotidien d’un volume important de messages et de documents.
Les ressources humaines également concernées
Les services des ressources humaines doivent eux aussi expérimenter différents usages de l’intelligence artificielle.
Le ministère envisage notamment une nouvelle forme d’assistance permettant de mieux accompagner les demandes adressées aux services RH, depuis la question formulée par l’usager jusqu’au travail réalisé par le gestionnaire.
Plusieurs expérimentations doivent également mesurer l’intérêt de l’intelligence artificielle dans certaines tâches précises.
Cela peut concerner la vérification et le classement de pièces jointes présentes dans des dossiers de candidature ou encore l’actualisation de viviers de recrutement.
Ces expérimentations devront ensuite faire l’objet d’une évaluation avant qu’une éventuelle généralisation puisse être envisagée.
L’intelligence artificielle utilisée dans le domaine juridique
Les services juridiques font également partie des secteurs identifiés.
La direction juridique du ministère produit régulièrement des synthèses de jurisprudence nécessitant des recherches importantes.
L’intelligence artificielle pourrait être utilisée pour accélérer certaines recherches documentaires et faciliter l’identification d’informations pertinentes dans un volume important de données.
L’objectif est ici encore de fournir une assistance aux professionnels sans supprimer l’intervention et la validation humaines nécessaires à l’analyse juridique.
La cybersécurité au cœur de la stratégie
Le développement de nouveaux usages de l’IA implique également de renforcer la sécurité du système d’information de l’Éducation nationale.
Les équipes informatiques du ministère et des académies doivent progressivement intégrer des outils d’intelligence artificielle dans leurs méthodes de développement et de sécurisation.
Des assistants de développement génératifs doivent notamment accompagner les équipes lors de la création ou de la refonte d’applications.
Le ministère prévoit également des systèmes capables d’analyser automatiquement du code informatique afin de repérer certaines vulnérabilités, de comparer les configurations utilisées avec les recommandations de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information et de proposer d’éventuels correctifs.
L’industrialisation de ces usages liés à la cybersécurité doit se poursuivre jusqu’en 2027.
Un assistant pour faciliter le support informatique
L’intelligence artificielle doit également intervenir dans l’assistance informatique proposée aux agents.
Un assistant conversationnel spécialisé est envisagé afin de répondre directement aux demandes les plus courantes, par exemple lorsqu’un utilisateur souhaite réinitialiser son mot de passe ou rencontre une difficulté pour accéder à une application.
L’outil pourrait également accompagner les agents chargés de la maintenance informatique lorsqu’une intervention plus complexe est nécessaire.
Le calendrier ministériel prévoit un travail de comparaison des différentes solutions en 2026 avant un déploiement de l’assistant de support informatique en 2027.
Une gouvernance spécifique pour encadrer les usages
Le développement rapide de l’intelligence artificielle oblige également le ministère à structurer son organisation.
Une gouvernance reposant sur deux instances est prévue.
Un comité ministériel de l’IA doit assurer l’alignement stratégique des différents projets et veiller au respect des règles applicables, notamment en matière de protection des données et de réglementation sur l’intelligence artificielle.
En parallèle, un comité des ambassadeurs de l’IA doit être animé par la Direction du numérique pour l’éducation. Son rôle sera notamment de faire remonter les expériences du terrain et de favoriser la coordination entre les différents acteurs.
Un vaste plan de formation des personnels
Le déploiement des outils ne peut toutefois fonctionner sans accompagnement des utilisateurs.
Le ministère prévoit donc un plan d’acculturation à grande échelle destiné à la fois aux agents et aux élèves. L’objectif est de créer un socle commun de connaissances autour du numérique, de l’intelligence artificielle, de l’informatique et des données.
Un réseau national de formateurs baptisé Lab IA est également en cours de constitution. Depuis mars 2026, des formations de formateurs et des modules portant sur des usages avancés de l’intelligence artificielle sont proposés.
À terme, le ministère souhaite disposer de plusieurs centaines de formateurs et de plusieurs milliers d’agents-relais capables d’accompagner les professionnels sur l’ensemble du territoire.
Les académies doivent parallèlement décliner leurs propres plans de formation en fonction des besoins locaux, notamment avec le soutien de Réseau Canopé.
Des communautés pour partager les expériences
Le ministère souhaite également favoriser la circulation des pratiques entre les différents professionnels qui expérimentent l’intelligence artificielle.
Trois grandes communautés doivent être renforcées.
La première réunit les acteurs travaillant sur les usages pédagogiques de l’IA. La deuxième rassemble les porteurs de projets au sein de la plateforme GARRYA, qui comptait déjà plus de 70 projets et 151 contributeurs depuis mars 2026.
Une troisième communauté réunit les profils davantage techniques, notamment les développeurs et les enseignants-développeurs.
Cette organisation doit faciliter le partage des outils, des méthodes et des retours d’expérience afin d’éviter la multiplication de projets isolés.
2026 et 2027 doivent permettre de passer à plus grande échelle
Le calendrier défini par le ministère prévoit un déploiement progressif.
En 2026, plusieurs projets doivent ainsi passer de la phase d’expérimentation à des premiers usages plus larges : Pix IA, Lab IA, assistant pour les agents, tuteur pour les élèves, fonctionnalités intégrées aux messageries ou encore outils destinés aux développeurs.
Durant la deuxième partie de l’année, les premières classes pilotes utilisant le tuteur IA doivent démarrer tandis que l’assistant destiné aux agents doit être progressivement généralisé.
L’année 2027 sera davantage consacrée à l’extension et à l’évaluation de ces dispositifs : premiers outils d’appui au travail enseignant, extension des fonctionnalités de messagerie à plusieurs académies, analyse des expérimentations dans les ressources humaines ou encore industrialisation des usages de l’IA en matière de cybersécurité.
La feuille de route marque ainsi une nouvelle étape dans la stratégie numérique de l’Éducation nationale. L’enjeu pour le ministère est désormais de transformer des expérimentations encore ponctuelles en services réellement utilisables au quotidien, tout en maintenant des règles de gouvernance, de sécurité et de contrôle humain dans leur déploiement.

SOURCE : AEF INFO

Nos réalisations
Découvrez nos références, nos réalisations et nos travaux pour des établissements.
C'est tout frais de nos experts

Marketing de contenu pour les écoles de commerce : construire une présence LinkedIn qui pèse vraiment

LinkedIn Ads pour la formation professionnelle : le levier stratégique pour recruter adultes et entreprises

