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ÉDUCATION
24
June 2025

Éducation nationale : et si vous étiez indemnisés 1.000 euros pour les absences des profs de vos enfants ?

Un collectif réclame l’indemnisation des heures de cours non assurées

Le collectif #OnVeutDesProfs milite pour que les heures de cours non dispensées soient indemnisées. Leur campagne d’indemnisation 2024/2025 vise à dénoncer un problème majeur dans l’Éducation nationale : 7,4 % des heures de cours prévues ne sont pas assurées, selon le rapport de la commission des finances. En prenant pour base 26 heures hebdomadaires au collège et 27,5 heures au lycée sur 36 semaines, cela représente en moyenne plus de 70 heures de cours perdues par élève chaque année.

Cette situation pousse les familles à se mobiliser pour obtenir réparation et des solutions concrètes. Et les choses commencent à évoluer.

Une jurisprudence favorable aux familles

Les décisions de justice récentes marqueraient un véritable tournant. Me Joyce Pitcher, avocate du collectif, explique : « Il y a une véritable jurisprudence qui s’installe. Nous déposons des dossiers depuis trois ans et depuis un an, la justice commence à accorder ces indemnités de 10 euros par heure non dispensée. C’est un début fort. La justice condamne de plus en plus lourdement. »

Désormais, une demande d’indemnisation est recevable à partir de 50 heures de cours non assurées. Les compensations incluent 10 euros par heure perdue, le remboursement des frais de cours particuliers et 300 euros pour le préjudice moral des parents.

Avec ces critères, le collectif estime que la majorité des élèves du secondaire pourrait prétendre à environ 1.000 euros d’indemnisation par an, soit une pression financière potentielle de 4,465 milliards d’euros sur le ministère.

Des heures perdues et des bacs sans professeurs

Depuis le lancement de la campagne, 300 familles ont déposé un dossier sur la plateforme Justice.cool, et plus de 500 dossiers ont été enregistrés, dont une centaine déjà indemnisés selon Me Pitcher. Ces dossiers révèlent en moyenne 148 heures de cours perdues par élève et par an, soit 17 % d’une année scolaire, ce qui correspond à la période entre les vacances de la Toussaint et celles de Noël. Sur une scolarité complète, cela représente près d’une année d’études perdue tous les cinq ans.

Les conséquences sont importantes. Me Pitcher cite un exemple : « À Grenoble, des élèves de cinquième ont perdu cent heures de cours de français. Imaginez leur difficulté en rentrant en quatrième. » Elle ajoute : « Nous avons des dossiers dans toutes les académies, de la maternelle à la terminale, c’est colossal. »

Un autre cas interpelle : une classe de STMG qui devait passer le bac n’a pas eu de cours de management de toute l’année, leur prof étant en congé maternité. Une absence qui aurait dû être anticipée. « Ils se sont battus pour réussir à décrocher le bac. »

Un appel urgent à l’éducation nationale

Pour Me Pitcher, cette campagne est un ultime recours. « L’objectif, c’est d’anticiper. C’est un appel à l’aide pour des parents désespérés et des enfants angoissés face à un problème qui s’aggrave. »

L’avocate dénonce une organisation défaillante : « Ils sont juste très mal organisés. Il y a beaucoup de professeurs qui ne sont pas encore titularisés, des enseignants qui attendent encore leur affectation. »

Avec un budget équivalent aux indemnisations potentielles, l’État pourrait recruter 10 % de professeurs supplémentaires dans le secondaire tout en augmentant leur salaire annuel de 7.500 euros brut, souligne le collectif. « Nous ne sommes pas là pour pointer du doigt l’absentéisme des profs, mais pour dénoncer leurs conditions de travail et le démantèlement du service public, » conclut Me Pitcher.

SOURCE : 20 MINUTES

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