« Elles doivent enfin prendre la place qu’elles méritent ! » : en écoles d’ingénieurs, les filles restent trop rares

Devenir ingénieur, un métier accessible à tous… en théorie. Dans la pratique, ce n’est pas si simple. Malgré leurs efforts, les écoles d’ingénieurs peinent encore à diversifier leurs promotions, renforçant l’image d’une filière élitiste et majoritairement masculine.
« C’est un sujet ancien et il reste beaucoup à faire », déplore Nathan Clemente Moiroux, président du Bureau national des élèves-ingénieurs. Il reconnaît que le chemin est encore long. « Il faut de la diversité avec un grand D ! » En effet, malgré les dispositifs existants, les écoles peinent à accueillir davantage d’étudiantes.
Les initiatives pour attirer plus de filles restent limitées
Depuis plusieurs années, les établissements multiplient les actions pour convaincre les jeunes femmes de rejoindre les écoles d’ingénieurs, mais les chiffres stagnent : « on reste autour de 30 % », regrette Philippe Dépincé, président de la commission Orientation et accompagnement des élèves à la CDEFI. Cela reste faible si l’on compare aux 56 % de filles dans l’enseignement supérieur.
Pour accélérer le mouvement, certaines écoles multiplient les mesures ciblées. L’EPF propose un concours réservé aux candidates, l’ESIEE-IT offre des bourses réduisant de moitié les frais de scolarité. Les ateliers « Girls Can Code », organisés par des écoles comme EPITA ou EFREI, visent à renforcer la confiance des futures étudiantes. Isart Digital note que ses cursus ingénieurs de programmation restent très masculins, contrairement aux parcours plus créatifs comme le jeu vidéo. « On les fait travailler ensemble pour favoriser cette diversité de pensée », explique Karin Houpillart, directrice de l’école.
Encourager les filles dans tous les domaines de l’ingénierie
Tous les secteurs ne présentent pas les mêmes écarts. Si les femmes représentent 57 à 64 % des effectifs en agriculture, agroalimentaire, chimie ou sciences de la vie, elles ne sont plus que 18 à 20 % en informatique, électronique ou transport. « Il ne faut pas se limiter et postuler même dans les filières masculines », encourage Nathan Clemente Moiroux. Les étudiantes sont bien accueillies, et leur recrutement se base sur leurs compétences, pas sur leur genre.
Un avis partagé par la CDEFI : « Je répète à mes étudiantes qu’elles ont autant de chances de réussir et qu’on ne peut pas se passer de leur façon de penser. Elles doivent prendre la place qu’elles méritent ! »
L’élitisme reste un frein à la diversité
Au-delà du genre, les écoles d’ingénieurs demeurent élitistes : 53 % des étudiants ont des parents cadres supérieurs, professeurs ou professions libérales, contre 35 % à l’université. À l’inverse, les enfants d’employés et d’ouvriers représentent seulement 15,5 % des effectifs contre 27 % à l’université, selon le ministère de l’Enseignement supérieur.

SOURCE : LEPARISIEN

Nos réalisations
Découvrez nos références, nos réalisations et nos travaux pour des établissements.
C'est tout frais de nos experts

Reprendre le contrôle de votre visibilité en ligne : un enjeu stratégique pour les établissements éducatifs

Grandes écoles : 32 formations obtiennent un avis favorable pour le grade de licence en 2026

