Cette étude met en lumière l’omniprésence des écrans chez les enfants

Selon le baromètre Ifop réalisé pour la Fondation pour l’Enfance, 87 % des enfants âgés de 8 à 15 ans déclarent posséder un appareil numérique. Ces résultats confirment l’ampleur prise par les écrans dans le quotidien des plus jeunes. L’étude souligne également qu’une majorité de parents reconnaît autoriser ou proposer des écrans à leur enfant, soit pour les occuper en l’absence d’alternative, soit pour disposer de temps afin de se consacrer à d’autres activités.
Rendus publics le lundi 16 février, en pleine discussion nationale sur la place des écrans et leurs effets sur les enfants et les adolescents, les chiffres montrent que l’usage du numérique commence très tôt. Dès le plus jeune âge, les enfants deviennent des utilisateurs réguliers d’outils connectés.
Ainsi, 87 % des enfants interrogés disposent d’un équipement numérique personnel. Parmi eux, 67 % possèdent un smartphone, 47 % un ordinateur individuel et 40 % une tablette personnelle connectée à internet.
Le baromètre interroge également les parents sur l’environnement numérique à domicile. Près d’un tiers (32 %) reconnaît que leur enfant a une télévision dans sa chambre, tandis que 24 % déclarent qu’il possède une montre connectée.
Un enfant sur cinq consulte un écran dès le réveil
Pour quelles raisons les parents choisissent-ils d’équiper leurs enfants ? Plus de la moitié d’entre eux (54 %) expliquent avoir fourni un appareil numérique à l’entrée au collège afin de favoriser l’autonomie. Toutefois, nombreux sont aussi ceux qui autorisent l’usage des écrans au sein du foyer au quotidien.
D’après l’enquête, 20 % des enfants utilisent un écran dès le réveil ou pendant le petit-déjeuner, et 29 % y ont recours avant de se coucher. Ces pratiques s’éloignent des recommandations émises par le Haut Conseil de la santé publique, qui alerte sur les effets d’une exposition trop précoce ou tardive aux écrans.
Par ailleurs, 71 % des parents d’enfants âgés de 8 à 15 ans affirment proposer « souvent ou de temps en temps » une tablette, un jeu vidéo ou un autre support numérique lorsque la météo empêche les sorties ou lorsqu’aucune activité alternative n’est disponible. Ils sont également 66 % à privilégier cette solution pour occuper leurs enfants lorsqu’ils doivent télétravailler ou accomplir des tâches domestiques.
Dans les lieux publics et les situations d’attente transports, restaurants, salles d’attente 61 % des parents déclarent avoir recours aux écrans. 57 % indiquent céder face à la « demande insistante » de leur enfant, et 49 % les utilisent pour faire patienter, voire calmer des émotions, afin d’éviter les remarques ou regards désapprobateurs.
Enfin, 65 % des parents interrogés autorisent les écrans en guise de récompense, après un effort ou un comportement attendu, comme une réussite scolaire ou le rangement de la chambre. Du côté des enfants, 55 % expliquent utiliser les écrans principalement par ennui.
Neuf parents sur dix fixent des règles d’usage des écrans
Malgré cette forte présence du numérique, les parents déclarent majoritairement encadrer les usages. 94 % affirment avoir instauré au moins une règle concernant les écrans. Ces règles portent sur les moments d’utilisation, les contenus consultés — encadrés par 82 % des parents ainsi que sur la durée d’exposition, régulée par 78 % d’entre eux. Par ailleurs, 82 % disent contrôler les contenus, notamment grâce à des dispositifs de contrôle parental, et 74 % interdisent à leur enfant d’utiliser un écran seul.
La publication de ce baromètre intervient alors que le gouvernement a exprimé sa volonté d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès la rentrée scolaire de septembre. Cette orientation est justifiée par la nécessité de protéger la santé mentale des plus jeunes face aux risques associés aux écrans : exposition à des contenus inappropriés, cyberharcèlement ou encore perturbation du sommeil.
La question du manque d’alternatives aux écrans avait déjà été soulevée par la « commission écrans », mandatée par le président Emmanuel Macron. Dans son rapport remis en 2024, elle insistait sur l’importance d’aménager des espaces de jeux dans l’ensemble des lieux d’attente gares, stations de métro, abribus, aéroports ainsi que dans les administrations et organismes recevant du public, afin d’offrir d’autres solutions que le recours systématique aux écrans.
Cette étude a été conduite en ligne du 1er au 10 décembre 2025 auprès d’un échantillon de 1 001 personnes, représentatif des parents d’enfants âgés de 8 à 15 ans. À l’issue de l’enquête, et après accord préalable des parents, 953 enfants âgés de 8 à 15 ans ont répondu au questionnaire.

SOURCE : Huffingtonpost

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