Fermetures de cfa : les ministres du travail et de l’enseignement supérieur s’engagent à réorienter les apprentis

Les fermetures de CFA pourraient se multiplier dans les mois à venir, qu’elles soient liées à des fragilités économiques ou à des sanctions visant des établissements reconnus frauduleux. Au-delà de la situation des salariés, la question centrale concerne désormais l’avenir des apprentis inscrits dans ces structures. En déplacement à la préfecture d’Île-de-France le 19 février 2026, les ministres du Travail et de l’Enseignement supérieur ont affirmé travailler activement à la réorientation des jeunes concernés. « C’est un engagement que je prends », a déclaré Jean-Pierre Farandou. L’ambition affichée est claire : « qu’aucun jeune ne soit laissé sur le bas-côté », a insisté Philippe Baptiste.
La loi contre toutes les fraudes aux aides publiques permet, depuis juin 2025, de suspendre les déclarations d’activité des CFA frauduleux.
Une augmentation rapide du nombre de cfa depuis la réforme
Depuis la réforme de l’apprentissage, le paysage des centres de formation a profondément évolué. Le nombre de CFA est passé de 950 en 2018 à 3 700 en 2024, d’après les données gouvernementales. Cette croissance rapide pourrait toutefois marquer un ralentissement, voire une inversion de tendance. Deux facteurs majeurs l’expliquent. D’une part, les difficultés économiques rencontrées par un nombre croissant d’établissements, pouvant conduire à des cessations d’activité. D’autre part, le renforcement de la lutte contre la fraude, porté par l’exécutif, qui s’appuie désormais sur la possibilité de suspendre les déclarations d’activité des organismes frauduleux.
Un exemple récent illustre cette dynamique : l’EBM Business School, école privée d’enseignement supérieur, a vu sa déclaration d’activité suspendue pour pratiques frauduleuses. Cette décision a laissé 800 jeunes franciliens sans solution immédiate. Face à ces situations, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a assuré que « quelle que soit la cause de la fermeture », l’État se mobilise pour « trouver des solutions » adaptées aux apprentis concernés.
Trouver une solution alternative
« C’est un engagement que je prends », a réaffirmé le ministre du Travail, soulignant sa volonté de « sécuriser au maximum le parcours de chacun des jeunes », considérés comme « les victimes » de ces fermetures. Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a partagé cette position. Selon lui, un travail de terrain doit être conduit localement afin que, lorsqu’un incident survient, aucun apprenti ne soit durablement fragilisé.
Si l’objectif paraît simple à énoncer, sa mise en œuvre reste complexe. Jean-Pierre Farandou s’est néanmoins montré confiant, évoquant « une vraie capacité à trouver une solution alternative », idéalement à proximité du lieu de formation initial. La multiplication des centres de formation impose désormais une responsabilité collective : garantir des solutions de remplacement cohérentes, proches géographiquement et conformes au projet de formation du jeune.
Pour organiser cette réorientation, un dispositif structuré a été mis en place. Il repose sur un pilotage national complété par des cellules régionales, chargées d’identifier rapidement des places disponibles et d’assurer un accompagnement individualisé.
Rattraper les jeunes avant l’abandon
Au niveau national, les représentants de la DGEFP ont confirmé s’être saisis de cette mission stratégique. Leur objectif est de veiller à ce que les apprentis ne deviennent ni les victimes de pratiques frauduleuses, ni celles d’un contexte économique défavorable. Une cellule nationale est en cours de structuration, avec une mission de veille et de centralisation des informations, afin de mieux coordonner les acteurs impliqués.
Lorsque le CFA concerné appartient à un réseau, celui-ci est considéré comme le premier responsable de la réorientation des apprentis au sein du groupe. Dans les autres cas, la DGEFP appelle à la solidarité de l’ensemble des CFA. Les réseaux consulaires et l’Afpa sont mobilisés, tandis que le service public de l’emploi est invité à intervenir en appui au niveau régional.
Les pouvoirs publics soulignent que ces jeunes ont déjà été fragilisés par la fermeture de leur établissement. Un accompagnement renforcé s’impose donc, avec une priorité : les « rattraper avant l’abandon ». L’enjeu ne se limite pas à la poursuite de la formation ; il s’agit également de préserver le contrat de travail signé avec l’employeur, ce qui suppose un soutien particulier aux petites entreprises.
En Île-de-France, la Drieets a mis en place une cellule dédiée pour coordonner l’action des acteurs régionaux. L’objectif est d’identifier rapidement les places disponibles dans d’autres établissements et de faciliter les transitions. Pour ce faire, la Drieets mobilise notamment le Carif-Oref et les Opco. Dans certaines situations, des apprentis se retrouvent en rupture de contrat lors de la fermeture de leur CFA, rendant l’enjeu double : assurer une nouvelle inscription en formation et sécuriser leur insertion professionnelle.

SOURCE : AEF INFO

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