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ÉDUCATION
3
February 2026

Grand Est : les besoins en recrutement et en compétences analysés par l’Observatoire compétences industries – Opco 2i

D’ici 2030, l’industrie implantée en région Grand Est devra faire face à un volume de recrutements particulièrement élevé, avec près de 44 000 embauches à prévoir chaque année. Ce chiffre est mis en avant dans le Panorama emploi, compétences et enjeux prospectifs de l’interindustrie en région Grand Est, présenté en janvier 2026 à l’occasion des deuxièmes Assises régionales de l’industrie organisées à Metz.
Cette analyse dresse un état des lieux précis des forces et des difficultés de recrutement du secteur industriel, en tenant compte à la fois des familles de métiers et des spécificités territoriales. L’étude souligne également que près d’une entreprise interrogée sur deux estime que l’offre de formation locale répond globalement à ses besoins.

Les principaux enseignements du Panorama emploi, compétences et enjeux prospectifs de l’interindustrie en région Grand Est (édition 2025) ont été dévoilés lors des 2ᵉ Assises régionales de l’industrie, organisées à Metz le 8 janvier 2026.
AEFinfo – PM

Malgré une baisse anticipée des effectifs industriels, estimée à environ 7 000 emplois d’ici 2030, les besoins en recrutement restent particulièrement soutenus. Ils sont évalués à 44 000 recrutements par an, principalement pour compenser les départs à la retraite et les mobilités professionnelles. Ce constat figure parmi les enseignements majeurs du Panorama emploi, compétences et formation dans l’interindustrie en région Grand Est, réalisé par l’Observatoire compétences industries d’Opco 2i.
Ces résultats ont été partagés dans un communiqué conjoint de la Région et de l’Opco, à l’occasion des Assises régionales de l’industrie tenues le 8 janvier à Metz, qui ont rassemblé près de 150 participants issus des filières industrielles et du monde économique.

Des salariés majoritairement issus de la métallurgie

Avec 5,5 millions d’habitants, le Grand Est est la sixième région la plus peuplée de France. Elle fait partie des trois régions métropolitaines ayant enregistré la plus forte diminution de l’emploi salarié industriel, avec un recul de 21 % entre 2006 et 2023. Cette baisse est comparable à celle observée dans les Hauts-de-France (-24 %) et en Bourgogne-Franche-Comté (-23,7 %), selon les données du Panorama.

Cette perte de dynamisme de l’interindustrie est notamment expliquée par une forte spécialisation industrielle. Celle-ci a accentué la dépendance de l’économie régionale à certaines branches particulièrement exposées à la concurrence internationale, comme la sidérurgie, le textile ou la chimie. Les vagues successives de délocalisations, les fermetures de sites industriels et la mobilité transfrontalière ont également contribué à cette évolution.

Pour autant, le Grand Est demeure un pilier de l’industrie française. À la fin de l’année 2023, la région comptait 258 100 salariés répartis dans près de 9 200 établissements industriels. Dans l’ensemble des zones d’emploi, la part de l’industrie dans l’emploi salarié privé reste supérieure à la moyenne nationale, qui s’établit à 10,8 %. Ainsi, plus d’un quart des salariés privés travaillent dans l’industrie dans des bassins d’emploi comme Sedan (29,6 %), Saint-Avold (28,7 %) ou encore Saint-Louis (27,8 %).

L’étude met également en évidence le poids prépondérant de la métallurgie, qui concentre à elle seule 60 % des effectifs de l’interindustrie régionale, soit 153 550 salariés. En dehors de ce secteur, trois autres branches dépassent les 10 000 salariés : la chimie (16 038), les industries électriques et gazières (12 623) et la plasturgie (12 171).

La majorité des établissements de l’interindustrie est localisée dans les départements frontaliers de l’Allemagne et du Luxembourg. Le Bas-Rhin, la Moselle et le Haut-Rhin regroupent ainsi 59 % de l’emploi industriel régional, tandis que la Meuse et la Haute-Marne représentent respectivement 3 % et 4 % des établissements.

Des enjeux forts liés au profil des salariés

En matière d’emploi et de structure des effectifs, les entreprises industrielles du Grand Est font face à plusieurs défis. Le premier concerne la surreprésentation des métiers de la production et de l’assemblage, qui regroupent près de 45 % des emplois, contre 35 % à l’échelle nationale.
Un déséquilibre générationnel est également observé : seuls 20 % des salariés de l’interindustrie ont moins de 30 ans, tandis que 31 % sont âgés de 50 ans ou plus. Enfin, la répartition femmes-hommes reste largement en faveur des hommes, qui représentent 73 % des effectifs industriels régionaux, contre 69 % au niveau national.

Des besoins de compétences orientés vers la performance et la diversification

Concernant les enjeux prospectifs, l’étude met en lumière les priorités stratégiques identifiées par les entreprises interrogées. Dans les trois prochaines années, celles-ci comptent principalement investir dans la diversification de leurs activités vers de nouveaux marchés, une orientation citée par 76 % des répondants. L’amélioration de la performance de l’outil de production figure également parmi les priorités majeures, mentionnée par 71 % des entreprises.

Des priorités RH au cœur des stratégies industrielles

Sur le plan des ressources humaines, huit priorités sont partagées par plus de la moitié des établissements interrogés. Il s’agit du développement des compétences des salariés, du recrutement, de la fidélisation des équipes, de la qualité de vie au travail, de l’intégration des nouveaux collaborateurs, de la politique salariale, de la santé au travail et du recours à l’alternance.

En matière de besoins en compétences, près de 57 % des recrutements de l’interindustrie se concentrent actuellement sur deux grandes familles de métiers : la production et l’assemblage, qui représentent 31 % des besoins, et l’exploitation ainsi que la maintenance, avec 26 %. Ces métiers devancent ceux des achats et de la vente (12 %), de la conception et de la recherche et développement (11 %), de la logistique et des transports (7 %) et des fonctions supports et de gestion (5 %).

À l’horizon 2030, les projections font état de besoins en recrutement s’élevant à 43 780 salariés par an sur la période 2025-2030. Près de 86 % de ces besoins, soit environ 37 700 postes, concernent le remplacement de fins de contrats à durée indéterminée, dont 7 500 départs en retraite par an.
Ce volume important de recrutements se concentre sur des métiers en tension, notamment dans la production et la maintenance, qui représentent 55 % des postes à pourvoir. Cette situation s’inscrit dans un contexte de forte concurrence territoriale et transfrontalière, en particulier avec la Suisse, le Luxembourg et l’Allemagne. Pour la Région et l’Opco 2i, le Grand Est fait face à un double défi, à la fois en termes de volume et d’urgence, ces recrutements étant indispensables au maintien de la vitalité de l’appareil productif.

Une offre de formation globalement adaptée mais inégalement répartie

Pour répondre à ces besoins, la région Grand Est dispose d’une offre de formations industrielles qualifiée de diversifiée, principalement concentrée dans les grands pôles industriels. L’étude recense environ 300 organismes de formation et près de 1 800 sessions de formation, dont 78 % visent des niveaux allant jusqu’au Bac+2. Les domaines de la mécanique, de l’électricité et de l’électronique représentent à eux seuls 42 % de l’offre.

Toutes branches confondues, les 29 branches industrielles étant représentées en Grand Est, près de la moitié des établissements estiment que l’offre de formation locale est adaptée à leurs besoins. Moins de 10 % jugent cette offre inexistante. Toutefois, certains territoires, comme la Meuse, l’Aube ou la Haute-Marne, expriment des attentes plus marquées, considérant que l’offre reste fortement concentrée dans les zones urbaines, au détriment des territoires plus ruraux.

SOURCE : AEF INFO

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