Interdiction du portable au lycée : le CSE s’oppose avant l’audience au Conseil d’État

Le CSE rejette le projet d’interdiction du portable avant l’avis du Conseil d’État
Le CSE, exceptionnellement réuni pour examiner le projet de loi visant à étendre l’interdiction du téléphone portable aux lycées avant son passage devant le Conseil d’État, a rejeté cette mesure le 7 janvier 2026. Si l’avis de l’instance est consultatif, le Snes-FSU dénonce un « texte d’affichage, sans moyens », tandis que le SE-Unsa craint que cela « désorganise les établissements, notamment la vie scolaire déjà en sous-effectif ». La FCPE considère également cette mesure « inapplicable ». Selon l’association de parents, l’interdiction n’est pas la solution.
Le projet de loi, porté par Emmanuel Macron, a été étudié par le CSE le 7 janvier 2026, avant l’audience prévue devant le Conseil d’État, qui rendra son avis dans les prochains jours.
Pour rappel, une proposition de loi du groupe EPR, présidé par l’ancien ministre Gabriel Attal, vise le même objectif : « étendre aux lycées l’interdiction des téléphones portables, dans les mêmes conditions que dans les autres établissements scolaires » et interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.
Une mesure d’affichage selon le Snes-FSU
Le CSE, dont l’avis est consultatif, a voté contre cette interdiction à 93 %, selon les syndicats. Le Snes-FSU parle d’une « simple mesure d’affichage » et souligne que poser des interdits a du sens pour les élèves, mais que « personne ne sera dupe de l’incapacité des adultes à contrôler l’usage furtif ou généralisé du portable ».
Le syndicat déplore l’absence de moyens humains ou matériels pour faire appliquer l’interdiction en dehors des cours, et estime que la mesure sera facilement contournable. La FCPE complète : « ce qui n’est pas possible dans la cour le sera quelques mètres plus loin devant l’entrée de l’établissement ».
Le Snes-FSU rappelle que la loi de 2018 prévoit déjà des exceptions à l’interdiction selon le règlement intérieur, une régulation déjà existante et annoncée sans préparation qui « n’atteindra pas son objectif ».
Une mauvaise réponse à un vrai enjeu selon le SE-Unsa
Les internats, les élèves majeurs, les apprentis et certaines habitudes pédagogiques ajoutent encore des exceptions. Le Snes souligne que ces usages multiples compliquent l’application de l’interdiction. La FCPE souhaite « bon courage aux équipes de vie scolaire, enseignants et direction » pour faire respecter cette règle.
Le SE-Unsa juge que cette mesure « pénalise les élèves qui ne posent pas de problème et désorganise les établissements ». Le syndicat considère que seules des mesures éducatives peuvent réguler durablement les usages et que la confusion entre addiction aux écrans et usage d’un téléphone est un vrai fléau de société dépassant largement le cadre scolaire.
Une volonté politique jugée hypocrite par le Snes-FSU
Le projet prévoit également d’interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, pour lequel le gouvernement a entamé un dialogue avec la Commission européenne. Pour le Snes-FSU, il ne s’agit ni de prévention face à la surexposition aux écrans ni de réflexion sur la place du numérique dans l’éducation.
Le syndicat conclut : « Depuis dix ans, l’Éducation nationale est lancée dans une course à la numérisation. Cette soi-disant interdiction du portable par les élèves apparaît hypocrite. Seule une éducation raisonnée au numérique peut mener les élèves vers l’autonomie et l’émancipation ».

SOURCE : AEFINFO

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