La voie professionnelle est au cœur du développement du programme Erasmus+

Le programme Erasmus+ poursuit son développement dans l'enseignement et la formation professionnels, devenus l'une de ses principales priorités pour la période 2021-2027. À l'occasion du lancement des Erasmus Days, le 8 octobre 2026, Nelly Fesseau, directrice de l'Agence Erasmus+ France / Éducation Formation, a présenté les avancées réalisées pour favoriser la mobilité des apprentis, des lycéens professionnels et des demandeurs d'emploi. Alors que le nombre de candidatures dépasse désormais les financements disponibles, l'Agence espère une augmentation du budget européen pour la prochaine programmation 2028-2034, afin de permettre à davantage de bénéficiaires de vivre une expérience internationale.
À l'approche du 40e anniversaire du programme Erasmus, qui sera célébré le 15 juin 2027, la mobilité européenne continue de prendre une place importante dans les parcours de formation.
Du 12 au 17 octobre 2026, la dixième édition des Erasmus Days s'est déroulée dans toute l'Europe, avec une programmation consacrée cette année au développement des compétences.
Lors de la conférence de presse organisée le 8 octobre au ministère du Travail, Nelly Fesseau, directrice de l'Agence Erasmus+ France / Éducation Formation, a rappelé les bénéfices de la mobilité internationale pour les apprenants.
Selon elle, une expérience Erasmus+ constitue un véritable levier pour acquérir de nouvelles compétences, renforcer son autonomie et améliorer ses perspectives d'insertion professionnelle.
Les résultats d'une étude de l'Agence Erasmus+ viennent appuyer cette analyse. Parmi les apprenants de la voie professionnelle ayant participé à une mobilité européenne, 86 % considèrent que cette expérience a contribué à renforcer leur employabilité.
Ces résultats témoignent de l'intérêt croissant accordé à l'internationalisation des parcours professionnels, longtemps moins associée au programme Erasmus+ que les études universitaires.
L'Agence souhaite désormais consolider cette dynamique et élargir les possibilités de mobilité à davantage de jeunes et d'adultes en formation.
La mobilité professionnelle devient une priorité du programme Erasmus+
La voie professionnelle occupe désormais une place importante dans les objectifs de développement du programme Erasmus+.
Selon les résultats du dernier appel à projets, l'Agence Erasmus+ France / Éducation Formation prévoit de financer plus de 200 000 mobilités en 2026.
Parmi celles-ci, 41 532 concernent directement l'enseignement et la formation professionnels.
Ces mobilités s'adressent à différents publics, notamment aux élèves inscrits dans les lycées professionnels, aux apprentis formés dans les centres de formation d'apprentis (CFA), mais également aux demandeurs d'emploi accompagnés par France Travail ou les missions locales.
Cette diversité illustre la volonté de rendre les expériences européennes accessibles au-delà des parcours traditionnels de l'enseignement supérieur.
Tout au long de la programmation 2021-2027, l'Agence Erasmus+ a ainsi mené un important travail de sensibilisation auprès des établissements, des organismes de formation et des acteurs de l'insertion professionnelle.
L'un des premiers objectifs consistait à faire évoluer la perception du programme.
Pendant longtemps, Erasmus+ a principalement été associé aux étudiants universitaires effectuant une partie de leur cursus à l'étranger.
L'Agence a donc cherché à rappeler que les possibilités de mobilité concernent également les collégiens, les lycéens, les apprentis et les adultes en formation.
Cette démarche de sensibilisation s'est également adressée directement aux jeunes, afin de leur faire connaître les opportunités disponibles et les bénéfices d'une expérience professionnelle dans un autre pays européen.
Une fois cette première étape engagée, l'Agence a poursuivi son action en consolidant les partenariats avec les établissements et les structures impliqués dans la formation professionnelle.
L'enjeu était notamment d'inscrire la mobilité internationale dans les projets pédagogiques des organismes de formation et de faciliter son organisation.
L'apprentissage européen bénéficie d'un cadre plus favorable
Le développement de la mobilité des apprentis s'appuie également sur plusieurs évolutions législatives intervenues ces dernières années.
La loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel a notamment instauré l'obligation, pour les centres de formation d'apprentis, de désigner un référent mobilité.
Ce professionnel a pour mission d'accompagner les apprentis dans leurs projets de départ à l'étranger et de faciliter les démarches nécessaires à leur réalisation.
Il peut notamment intervenir dans la recherche d'organismes partenaires, la préparation administrative du séjour et la coordination avec les entreprises accueillant les apprentis.
Une nouvelle étape a été franchie avec la loi du 27 décembre 2023 visant à faciliter la mobilité internationale des alternants, parfois désignée comme la loi pour un Erasmus de l'apprentissage.
Cette évolution législative a cherché à réduire plusieurs obstacles qui limitaient jusqu'alors les possibilités de départ, particulièrement pour les mobilités de longue durée.
Les difficultés concernaient notamment les différences de statut des apprentis entre les pays européens, les règles applicables au contrat de travail et les responsabilités respectives des employeurs et des organismes de formation.
Pour Nelly Fesseau, ces adaptations ont constitué une étape importante dans la structuration de la mobilité des apprentis.
Elles ont progressivement permis de mieux intégrer Erasmus+ dans l'écosystème de l'alternance et de faciliter l'organisation d'expériences professionnelles à l'étranger.
Si certains ajustements restent encore nécessaires, l'Agence considère désormais que la mobilité internationale des apprentis dispose d'un cadre plus favorable à son développement.
Une participation croissante des centres de formation d'apprentis
Les évolutions réglementaires et les efforts de sensibilisation ont accompagné une progression importante du nombre de CFA engagés dans Erasmus+.
En 2021, 308 centres de formation d'apprentis participaient au programme.
Quatre ans plus tard, en 2025, ce nombre atteignait 458 établissements.
Cette augmentation traduit une mobilisation croissante des organismes de formation autour des expériences de mobilité internationale.
Pour les CFA, l'intégration d'Erasmus+ dans leur offre pédagogique représente une occasion d'enrichir les parcours proposés aux apprentis.
Les séjours professionnels à l'étranger permettent notamment aux jeunes de découvrir de nouvelles méthodes de travail, d'évoluer dans des environnements professionnels différents et de développer leurs compétences linguistiques.
Ils constituent également un moyen de renforcer l'autonomie, l'adaptabilité et la confiance en soi.
Pour les établissements, ces expériences contribuent à valoriser les formations proposées et à développer des partenariats avec des structures européennes.
Le développement du programme peut ainsi représenter un facteur d'attractivité auprès des futurs apprentis et de leurs familles.
Cette dynamique s'accompagne toutefois de nouveaux défis, notamment en matière de financement et d'organisation des mobilités.
Une demande de mobilité supérieure aux financements disponibles
L'intérêt croissant pour Erasmus+ entraîne une augmentation importante du nombre de demandes de financement.
Selon Nelly Fesseau, l'Agence parvenait encore, en 2022, à répondre favorablement à l'ensemble des demandes déposées.
La situation a cependant rapidement évolué.
Dès 2023, les candidatures dans les secteurs de l'enseignement scolaire et de la formation professionnelle ont progressé à un rythme particulièrement soutenu.
La directrice de l'Agence évoque des augmentations annuelles de la demande comprises entre 300 % et 400 % sur ces secteurs.
Cette progression a progressivement dépassé les capacités de financement disponibles.
Même les augmentations importantes du budget Erasmus+ n'ont pas suffi à répondre à l'ensemble des projets présentés par les établissements.
Cette situation constitue aujourd'hui l'un des principaux défis du programme.
Les organismes de formation doivent anticiper leurs projets, structurer leurs partenariats internationaux et rechercher des financements adaptés pour permettre aux bénéficiaires de partir.
Pour l'Agence, il devient donc essentiel de disposer de ressources supplémentaires afin d'accompagner la dynamique engagée.
L'objectif est d'éviter que le manque de financement limite le nombre de jeunes et d'adultes pouvant bénéficier d'une expérience européenne.
Un budget Erasmus+ en hausse envisagé pour la période 2028-2034
La prochaine programmation européenne pourrait permettre de répondre à une partie de ces besoins.
Pour la période 2028-2034, la Commission européenne a présenté une proposition de budget Erasmus+ en augmentation de 50 % par rapport à l'enveloppe actuelle.
Selon les chiffres évoqués par Nelly Fesseau, cette hausse porterait le financement global du programme à environ 40 milliards d'euros, contre 26 milliards d'euros pour la période 2021-2027.
Une telle évolution représenterait un renforcement important des moyens consacrés à la mobilité, à l'éducation et à la formation en Europe.
Pour la France, la dotation pourrait dépasser 3 milliards d'euros sur l'ensemble de la période, contre environ 2,2 milliards d'euros dans le cadre de la programmation actuelle.
L'Agence Erasmus+ France / Éducation Formation espère que ces ressources supplémentaires permettront d'accompagner la croissance des demandes et de soutenir davantage de projets dans la voie professionnelle.
Le programme Erasmus+ fait par ailleurs partie des seize dispositifs européens que la Commission souhaite maintenir de manière autonome dans le prochain cadre financier pluriannuel.
Cette décision traduit l'importance accordée à la mobilité internationale et au développement des compétences dans les priorités européennes.
Cependant, les montants annoncés ne sont pas encore définitivement adoptés.
Les discussions budgétaires doivent se poursuivre entre les institutions européennes afin de déterminer l'enveloppe qui sera effectivement attribuée au programme.
Des négociations européennes encore ouvertes sur les financements
Les propositions budgétaires pour la période 2028-2034 font actuellement l'objet de négociations entre la Commission européenne, le Conseil et le Parlement européen.
Selon Nelly Fesseau, les positions exprimées par les différentes institutions restent relativement éloignées.
Le Conseil s'orienterait vers une enveloppe d'environ 37 milliards d'euros pour Erasmus+, tandis que le Parlement européen défendrait un financement proche de 47 milliards d'euros.
Ces montants témoignent néanmoins d'une volonté d'augmenter les ressources consacrées au programme par rapport à la période actuelle.
L'Agence Erasmus+ France / Éducation Formation espère que cette perspective de croissance sera confirmée lors de l'adoption du prochain cadre financier pluriannuel.
Cette décision est attendue au second semestre 2027.
Elle constituera une étape déterminante pour définir les ambitions du programme et les moyens accordés aux différents secteurs de l'éducation et de la formation.
Pour les établissements scolaires, les CFA et les organismes de formation, une augmentation du budget pourrait ouvrir de nouvelles perspectives en matière de partenariats internationaux.
Elle permettrait notamment d'envisager davantage de mobilités professionnelles et de renforcer les dispositifs d'accompagnement proposés aux bénéficiaires.
À l'approche du 40e anniversaire d'Erasmus, le développement de la voie professionnelle illustre ainsi l'évolution du programme vers une mobilité européenne plus diversifiée.
L'enjeu des prochaines années sera de transformer cet intérêt croissant en possibilités concrètes pour les apprenants, tout en garantissant les moyens nécessaires à l'organisation et à la qualité des expériences proposées.

SOURCE : AEFINFO

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