Les parents d'élèves sont-ils plus critiques et agressifs qu'avant envers les enseignants ?

Les parents d’élèves sont-ils aujourd’hui plus critiques et plus agressifs envers les enseignants qu’auparavant ? Selon le sénateur LR de l’Oise, Olivier Paccaud, le ressentiment et parfois la violence des familles à l’égard du corps professoral constituent désormais "un problème qui n’existait pas avant". Soignants, agents de l’Assurance-maladie ou encore de France Travail… Depuis plusieurs années, les agents des services publics doivent faire face à une agressivité croissante de la part des usagers, pouvant aller jusqu’à des violences. Les enseignants ne seraient pas épargnés par ce phénomène, selon le sénateur. "Malheureusement, on observe de trop nombreux parents qui critiquent les enseignants, avec parfois des agressions", a-t-il déclaré lundi 8 décembre sur Public Sénat. "Cela n’existait pas avant, c’est un véritable problème."
Un phénomène qui touche surtout les écoles publiques
La violence envers les enseignants est-elle un phénomène récent ? Le ministère de l’Éducation nationale ne dispose pas de données suffisamment anciennes pour établir une comparaison sur le long terme. La première enquête nationale sur le climat scolaire et la victimation (Sivis), qui recense les incidents graves touchant les personnels de l’éducation, tous niveaux confondus, a été publiée par la DEPP en février 2025. Elle porte sur les faits survenus durant l’année scolaire 2022-2023.
Cette étude met en évidence deux enseignements majeurs concernant les tensions entre parents d’élèves et enseignants. D’une part, les violences à l’encontre des personnels restent rares. Dans les écoles publiques, 84 % des établissements n’ont déclaré aucun incident grave. Dans les collèges et lycées publics et privés sous contrat, cette proportion descend à 52 %. D’autre part, les actes graves – violences physiques, insultes, menaces ou atteintes à la vie privée – commis par des parents d’élèves concernent principalement les professeurs des écoles. Ainsi, dans les écoles publiques, plus de quatre incidents graves sur dix sont imputables à des parents. En revanche, dans les collèges et les lycées, les élèves sont les principaux auteurs de violences.
La prise en charge du handicap, un sujet de tensions
Souvent cité par les syndicats enseignants, le baromètre "Climat scolaire" de l’Autonome de solidarité laïque (ASL), une association revendiquant près d’un demi-million d’adhérents, permet d’avoir un recul sur l’évolution des conflits. Entre 2020 et 2025, les agressions verbales ou physiques envers les enseignants, tous niveaux confondus, ont progressé de 9 %. En cinq ans, près de 2 500 faits ont été recensés, et dans quatre cas sur dix, l’auteur était un parent d’élève. L’enquête met aussi en lumière le rôle croissant des réseaux sociaux : depuis 2020, les actes de diffamation et de dénonciation calomnieuse visant les enseignants ont presque triplé.
Comment expliquer ce climat de tension entre enseignants et familles ? Les causes sont multiples mais, selon l’ASL et plusieurs syndicats interrogés par franceinfo, la prise en charge des élèves en situation de handicap constitue un point de crispation majeur. Les parents concernés estiment souvent que les moyens sont insuffisants. À la rentrée de septembre 2025, près de 50 000 élèves ne bénéficiaient pas d’un accompagnement adapté à leur handicap. À l’inverse, certains parents reprochent parfois aux enseignants de délaisser les autres élèves.
Parcoursup, un point de crispation dans les lycées
Dans les lycées, la principale source de tensions reste la réforme du baccalauréat de 2018, qui a réintroduit le contrôle continu et mis en place le système de sélection Parcoursup. "Chaque note compte, et cela génère une pression énorme sur les élèves comme sur leurs parents", observe Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU. D’après les remontées du syndicat, on observe depuis environ cinq ans une tendance croissante des familles à contester non seulement les notes, mais aussi parfois le contenu même des cours. Certains parents, via l’ENT notamment, n’hésitent plus à contacter directement les enseignants et à se coordonner collectivement.
Cette pression ne ressort pas toujours dans les enquêtes de victimation, souligne Sophie Vénétitay. Pourtant, assure-t-elle, il existe bel et bien "une violence morale pesante de la part de parents qui vous expliquent que vous ne faites pas correctement votre travail".

SOURCE : FRANCE INFO

Nos réalisations
Découvrez nos références, nos réalisations et nos travaux pour des établissements.
C'est tout frais de nos experts

Optimiser la communication au sein des établissements scolaires

Conjuguer les intelligences en communication éducative : pourquoi votre campagne doit croiser plusieurs cibles

