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ÉDUCATION
28
January 2026

Micro-certifications : un paysage contrasté dans l’enseignement supérieur

Les établissements d’enseignement supérieur disposent d’une plus grande autonomie pour mettre en œuvre les micro-certifications, mais rencontrent des difficultés pour adapter leur offre, indique un rapport de la Commission européenne (décembre 2025) sur l’application de la recommandation du Conseil européen de 2022. Le paysage y est donc contrasté. De plus, l’introduction de limites de crédits ECTS pour les micro-certifications pourrait freiner la coopération européenne.

Depuis l’adoption de la recommandation du Conseil européen sur une approche européenne des micro-accréditations pour l’apprentissage tout au long de la vie et l’employabilité, publiée le 16 juin 2022, où en sont les États ? Un rapport d’étape de la Commission européenne, publié en décembre 2025, fait le point sur l’application de cette recommandation dans trois secteurs : enseignement supérieur, formation professionnelle et systèmes d’emploi (1).

Pour rappel, le Conseil proposait en 2022 une définition commune des micro-certifications, englobant assurance qualité, évaluation selon des critères transparents et mesures pour garantir la portabilité des compétences. Une approche européenne commune ne doit pas affaiblir les diplômes existants, rappelle le rapport. Le Conseil énonçait 10 principes pour la conception et délivrance des micro-certifications et 11 éléments standard pour les décrire.

Enseignement supérieur : plus d’autonomie mais manque de financements

Tous secteurs confondus, malgré des progrès considérables, la mise en œuvre reste inégale. Parmi les obstacles : l’absence de politiques stratégiques, le manque de législation intégrant les micro-certifications au système éducatif et la difficulté à recueillir des données sur leurs résultats et impacts. Le rapport plaide donc pour une approche plus intégrée.

Dans l’enseignement supérieur, le paysage est contrasté. Ce secteur et la formation professionnelle semblent plus avancés que les systèmes d’emploi pour l’adoption des mesures du Conseil. Les établissements disposent d’une plus grande autonomie, mais rencontrent des difficultés pour adapter leurs formations et créer des incitations à l’adoption. Le manque de financements dédiés et l’absence de mécanismes de reconnaissance automatique sont des défis majeurs.

Universités européennes

Les alliances des universités européennes commencent à développer des micro-certifications et des approches communes pour les activités d’apprentissage à petite échelle, améliorant ainsi leur offre et la perméabilité entre établissements, tout en progressant vers la reconnaissance automatique des micro-certifications.

Ects et micro-certifications : quelle articulation ?

Le rapport s’intéresse à l’usage des ECTS. Certains systèmes ont introduit des limites de crédits ECTS pour les micro-certifications, variant considérablement : minimum entre 1 et 5 ECTS, maximum entre 15 et 59 ECTS. Ces limites nationales pourraient freiner la coopération européenne. Une micro-certification attribuant un nombre d’ECTS spécifique pourrait ne pas être reconnue internationalement.

Plus globalement, les micro-certifications ne sont pas encore largement intégrées aux cadres nationaux de qualifications, bien que certains systèmes, comme l’Espagne ou la Suède, les aient déjà inclus dans l’enseignement supérieur et la formation continue.

La question de l’assurance qualité

Il est crucial de garantir l’harmonisation des approches d’assurance qualité pour les micro-certifications, afin de faciliter la reconnaissance transfrontalière automatique et maintenir des normes cohérentes dans tous les États membres. Ceci renforce leur portabilité et l’accès à la formation, aux études et à l’emploi dans toute l’Europe.

Les autres recommandations du rapport, tous secteurs confondus, sont :

  • Prioriser le soutien financier et utiliser les instruments de l’UE, comme Erasmus+ ;
  • Encourager la participation et la collaboration des parties prenantes (partenaires sociaux, gouvernements nationaux…) ;
  • Développer un soutien informationnel, méthodologique et technique et des recherches sur l’impact des micro-certifications sur les acquis et l’emploi ;
  • Favoriser le partage de connaissances et l’apprentissage entre pairs ;
  • Investir dans les infrastructures numériques ;
  • Mettre en œuvre un suivi continu ;
  • Encourager la recherche sur la mise en œuvre et l’impact des micro-certifications ;
  • Mener des campagnes de promotion et de sensibilisation.

SOURCE : AEFINFO

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