Parcoursup : quelles spécialités choisir pour maximiser ses chances ?

Si les élèves de terminale finalisent leurs vœux sur Parcoursup, les lycéens de seconde et de première réfléchissent déjà à leurs choix de spécialités pour l’année à venir. Une question revient souvent : certaines combinaisons de spécialités permettent-elles réellement d’augmenter ses chances d’admission dans le supérieur ?
Les spécialités choisies au lycée jouent un rôle dans l’examen des candidatures sur Parcoursup. En fonction des attentes des formations, certaines combinaisons peuvent peser davantage dans la décision. Franceinfo a analysé les stratégies des lycéens et les données les plus récentes, en croisant les témoignages d’enseignants et de responsables de formation. Un éclairage précieux pour les élèves qui doivent choisir leurs spécialités d’ici le mois de juin.
Les spécialités scientifiques largement privilégiées
Depuis la réforme du baccalauréat général mise en place en 2021, les élèves peuvent choisir parmi plusieurs spécialités : mathématiques, SVT, physique-chimie, sciences économiques et sociales (SES), histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP), humanités, littérature et philosophie (HLP) ou encore sciences de l’ingénieur (SI). En classe de première, ils en suivent trois, puis n’en conservent que deux en terminale.
Dans les faits, les spécialités scientifiques dominent largement. Près de 80 000 élèves de terminale ont choisi la combinaison mathématiques et physique-chimie. Sur les dix doublettes les plus fréquentes, les mathématiques apparaissent à plusieurs reprises, notamment associées aux SES, aux SVT ou encore au numérique et sciences informatiques.
Cette tendance rappelle le fonctionnement de l’ancien baccalauréat scientifique. Comme le souligne Raphaël Giromini, professeur de mathématiques, les élèves ont rapidement intégré l’idée que les mathématiques associées à une autre discipline scientifique constituaient un choix stratégique pour le supérieur.
Cependant, cette logique soulève des limites. La réforme visait initialement à encourager des choix par intérêt, mais certains élèves continuent de se conformer aux attentes perçues des formations. Cette situation accentue également les inégalités de genre : les spécialités scientifiques restent majoritairement choisies par des garçons.
À l’inverse, certaines spécialités comme les arts sont moins représentées. Elles attirent davantage de lycéennes, mais souffrent encore d’un manque de visibilité ou d’idées reçues sur leurs débouchés. Pourtant, comme le souligne un enseignant de théâtre, ces parcours peuvent aussi mener à des admissions réussies dans des filières variées.
Des choix cohérents avec les attentes des formations
Dans la majorité des cas, les parcours sur Parcoursup restent logiques : les formations scientifiques recrutent des profils scientifiques, tandis que les filières littéraires ou artistiques privilégient des profils correspondants. Par exemple, une part importante des élèves ayant choisi une spécialité artistique s’oriente vers des licences en arts.
Dans certaines filières sélectives, comme les classes préparatoires aux grandes écoles, les spécialités scientifiques offrent souvent un avantage, y compris pour des parcours littéraires. L’association des mathématiques avec une spécialité comme HLP peut ainsi constituer une combinaison pertinente.
Les responsables de formation rappellent toutefois que les dossiers sont étudiés dans leur globalité. Au-delà des spécialités, les capacités de travail, la motivation et le potentiel des candidats restent déterminants.
Des profils variés valorisés dans l’enseignement supérieur
Certaines formations, comme les écoles d’ingénieurs, privilégient logiquement des profils scientifiques. Les combinaisons mathématiques et physique-chimie, mathématiques et numérique, ou encore mathématiques et sciences de l’ingénieur sont les plus représentées parmi les admis.
Néanmoins, ces établissements tendent à diversifier leurs recrutements. Certaines écoles proposent plusieurs voies d’admission afin d’intégrer des profils ayant suivi des spécialités économiques ou littéraires, même si ces profils restent minoritaires.
Dans d’autres filières, comme le droit, aucune spécialité n’est réellement éliminatoire. Les spécialités SES, HGGSP, mathématiques ou HLP peuvent toutes être pertinentes. Toutefois, la maîtrise du français reste un critère central dans l’évaluation des dossiers.
Du côté des formations en soins infirmiers, les spécialités scientifiques comme SVT et physique-chimie sont fréquentes, mais les responsables insistent sur l’importance de la diversité des parcours. Des compétences développées dans le sport ou les arts peuvent également être valorisées.
Ne pas se limiter à des choix stratégiques
Au-delà des stratégies d’optimisation, de nombreux acteurs de l’éducation rappellent l’importance de ne pas enfermer les élèves dans des choix uniquement guidés par Parcoursup. Les spécialités doivent aussi correspondre aux intérêts et aux capacités des élèves.
Les parcours ne sont pas figés, et les formations du supérieur s’ouvrent progressivement à des profils variés. Miser uniquement sur une logique stratégique peut donc s’avérer contre-productif si cela se fait au détriment de la motivation ou du bien-être scolaire.

SOURCE : franceinfo.fr

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