Blog
ÉDUCATION
18
June 2026

Plus d'un Français sur trois estime que l'école figure parmi les services publics à améliorer en priorité, selon l'Ifop

L’édition 2026 du baromètre Acteurs publics / CASDEN Banque Populaire sur l’efficacité des services publics, réalisée par l’Ifop, révèle une attente importante des Français concernant l’amélioration de l’école. Parmi les personnes interrogées, 35 % considèrent en effet l’Éducation nationale comme l’un des services publics devant évoluer en priorité.

Publié le 16 juin 2026, ce baromètre repose sur une enquête menée en ligne du 30 mars au 7 avril auprès d’un échantillon de 2 550 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. Les résultats font apparaître un rapport contrasté aux services publics, entre attachement à leur mission, insatisfaction concernant leur fonctionnement et demande d’une plus grande proximité.

Une satisfaction globale encore minoritaire

D’une manière générale, seuls 42 % des Français se déclarent satisfaits des services publics. Dans le détail, 3 % se disent « tout à fait satisfaits » et 39 % « plutôt satisfaits ». À l’inverse, 58 % expriment leur insatisfaction : 37 % sont « plutôt pas satisfaits » et 21 % ne le sont « pas du tout ».

Ces résultats témoignent d’une confiance fragilisée, mais également de fortes disparités dans la perception de l’action publique. Le niveau de satisfaction atteint notamment 48 % chez les personnes âgées de 65 ans et plus ainsi que chez les jeunes âgés de 18 à 25 ans. Il tombe toutefois à 36 % dans les communes rurales.

Au-delà de cette appréciation générale, les Français évaluent différemment les principaux aspects de leurs relations avec les services publics. L’accueil et la courtoisie recueillent le niveau de satisfaction le plus élevé, avec 62 %. L’équité de traitement est jugée satisfaisante par 51 % des sondés, tandis que la clarté des informations atteint 48 %.

La fiabilité et l’absence d’erreurs ne satisfont que 46 % des personnes interrogées. La capacité des administrations à résoudre un problème obtient le résultat le plus faible, avec seulement 42 % de satisfaction.

L’éducation nationale parmi les premiers services à améliorer

Dans ce contexte, l’Éducation nationale apparaît comme l’un des principaux secteurs pour lesquels les Français demandent des améliorations. Elle est citée par 35 % des répondants, ce qui la place en quatrième position parmi les services publics à faire évoluer en priorité.

La santé arrive très nettement en tête, avec 74 % des réponses, devant la justice à 44 % et la sécurité à 43 %. L’éducation se situe néanmoins bien devant les impôts et les finances publiques, cités par 19 % des sondés, l’emploi à 18 %, le logement et l’urbanisme à 17 % ou encore l’environnement et l’énergie à 16 %.

La perception de l’école varie également selon les catégories socioprofessionnelles. Parmi les catégories supérieures, 43 % des personnes interrogées souhaitent que l’Éducation nationale soit améliorée en priorité. Cette proportion descend à 30 % au sein des catégories populaires.

Cet écart ne remet toutefois pas en cause le constat général : plus d’un tiers de la population considère que l’organisation ou le fonctionnement du système éducatif appelle des changements prioritaires.

L’école au cœur des priorités de l’action publique

L’importance accordée à l’éducation se confirme lorsqu’il est demandé aux Français d’identifier les grandes priorités de l’action publique pour les prochaines années. L’Éducation nationale est alors citée par 45 % des sondés et se classe en quatrième position.

Elle arrive derrière la santé et l’accès aux soins, retenus par 72 % des répondants, le pouvoir d’achat et la lutte contre la vie chère à 57 %, ainsi que la sécurité à 56 %. Elle devance cependant la justice, mentionnée par 43 % des Français, la réduction des dépenses publiques et de la dette à 37 %, ainsi que l’immigration et l’intégration à 33 %.

Près d’un Français sur deux considère donc que l’éducation doit constituer l’un des grands axes de l’action publique au cours des prochaines années. Le sujet ne se limite pas à la qualité immédiate du service rendu : il s’inscrit dans une réflexion plus large sur les investissements, les moyens, l’organisation des établissements et l’égalité d’accès à l’éducation.

Une forte attente concernant la qualité du service public

Le baromètre permet également d’identifier les critères auxquels les Français accordent le plus d’importance dans leurs relations avec les services publics. Pour 80 % des répondants, obtenir une réponse fiable et dépourvue d’erreur constitue une priorité.

Être traité de manière équitable et disposer d’informations simples et claires sont considérés comme prioritaires par 75 % des personnes interrogées. La possibilité de parler facilement à un interlocuteur humain recueille 74 % des réponses, devant la rapidité de traitement, citée par 67 % des sondés.

Même si ces résultats concernent l’ensemble des services publics, ils mettent en évidence des attentes pouvant également s’appliquer au domaine éducatif : des informations compréhensibles, un traitement équitable des usagers, des réponses fiables et la possibilité d’échanger avec un interlocuteur clairement identifié.

Les familles, les élèves et les personnels peuvent être confrontés à de nombreuses démarches liées à la scolarité, à l’orientation, aux inscriptions, aux affectations ou aux demandes d’accompagnement. La qualité de l’information et l’accessibilité des interlocuteurs constituent ainsi des dimensions centrales de leur relation avec l’institution.

Les Français restent attachés à un accompagnement humain

L’enquête montre par ailleurs que la numérisation des services publics ne doit pas, selon les Français, entraîner la disparition de l’accueil humain. Pour leurs démarches administratives, 68 % des répondants jugent l’accueil physique efficace, ce qui en fait le canal le mieux évalué.

Les sites internet arrivent juste derrière avec 66 %, devant le téléphone à 52 %, les applications mobiles à 50 % et les courriers à 47 %. Les guichets France Services sont considérés comme efficaces par 40 % des sondés, tandis que les visioconférences et les rendez-vous à distance n’obtiennent que 27 %. Les agents conversationnels ou chatbots ferment la marche avec 16 %.

Lorsqu’ils sont interrogés sur les canaux à développer en priorité, 58 % des Français citent l’accueil physique, contre 33 % pour les sites internet et 31 % pour le téléphone. Cette hiérarchie confirme que le développement des outils numériques ne suffit pas, à lui seul, à répondre aux attentes des usagers.

Plus de la moitié des sondés, soit 51 %, privilégient d’ailleurs un modèle fondé sur « l’humain d’abord », avec le numérique en complément. Un tiers souhaite pouvoir choisir librement entre un accompagnement numérique et humain, sans être pénalisé. Seuls 6 % défendent un modèle entièrement numérique par défaut.

Les communes jugées compétentes pour agir sur l’école

La question de l’échelon territorial le mieux placé pour intervenir dans le domaine éducatif fait également ressortir le rôle central accordé à la proximité. Concernant l’organisation de l’école, ses moyens et ses projets, 35 % des Français considèrent la commune comme l’acteur le plus compétent pour prendre des décisions et mener des actions.

L’État arrive en deuxième position avec 23 % des réponses, devant le département à 18 %. La région et l’intercommunalité recueillent chacune 11 %, tandis que l’échelon européen est cité par 2 % des répondants.

Ces résultats traduisent une attente de décisions prises au plus près des réalités locales. Ils ne remettent pas nécessairement en cause le rôle de l’État dans la définition des politiques éducatives, mais montrent que les Français identifient les communes comme des acteurs importants pour répondre aux besoins concrets des écoles et de leurs usagers.

Entre l’entretien des bâtiments, les équipements, la restauration scolaire, les projets éducatifs locaux et l’accompagnement des familles, les collectivités territoriales occupent déjà une place significative dans le fonctionnement quotidien des établissements.

Une demande d’amélioration durable de l’école

Le baromètre 2026 confirme ainsi que l’école constitue une préoccupation majeure pour une part importante de la population. Avec 35 % des Français qui souhaitent voir l’Éducation nationale améliorée en priorité et 45 % qui la placent parmi les grands chantiers de l’action publique, les attentes dépassent largement les seuls enjeux de fonctionnement administratif.

Elles concernent plus largement la qualité du service rendu, l’équité de traitement, l’accès à des informations fiables, la proximité des interlocuteurs et la capacité des institutions à répondre concrètement aux difficultés rencontrées.

Dans un contexte de défiance à l’égard des services publics, l’école reste donc considérée comme un pilier essentiel de l’action collective. Mais cet attachement s’accompagne d’une demande claire : celle d’un système éducatif plus efficace, plus accessible et davantage connecté aux besoins des élèves, des familles et des territoires.

SOURCE : AEFINFO - IFOP

En savoir plus sur nos solutions pour les établissements scolaires
La plaquette pour animer la communauté de votre établissement
Partager ce contenu

Nos réalisations

Découvrez nos références, nos réalisations et nos travaux pour des établissements.

C'est tout frais de nos experts

Charte IA pour les établissements scolaires : comment la rédiger et pourquoi c'est urgent
COMMUNICATION
18
June 2026

Charte IA pour les établissements scolaires : comment la rédiger et pourquoi c'est urgent

Usages, RGPD, outils autorisés : découvrez comment créer une charte IA claire, adaptée à votre établissement et comprise par toutes vos équipes dès aujourd’hui.
Intelligence artificielle dans les établissements scolaires : comment gagner en productivité et accompagner vos équipes
COMMUNICATION
18
June 2026

Intelligence artificielle dans les établissements scolaires : comment gagner en productivité et accompagner vos équipes

L’IA transforme déjà les établissements scolaires. Découvrez comment gagner du temps, accompagner vos équipes et déployer des usages responsables et efficaces !
Un million d’agents bientôt accompagnés : le gouvernement va généraliser un outil d’IA pour tous les agents publics de l’État avec Mistral au cœur du dispositif souverain
ÉDUCATION
18
June 2026

Un million d’agents bientôt accompagnés : le gouvernement va généraliser un outil d’IA pour tous les agents publics de l’État avec Mistral au cœur du dispositif souverain

Un million d’agents publics auront accès à l’Assistant, un outil d’IA utilisant Mistral pour simplifier les tâches et sécuriser les usages numériques de l’État.