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ÉDUCATION
4
February 2026

Sous six mois, le taux de succès des reconversions vers les métiers de l’industrie atteint 61 % (Observatoire Opco 2i)

Alors que l’Opco 2i prépare la mise en œuvre des futures périodes de reconversion, l’Observatoire inter-industrie a publié une étude consacrée aux bénéficiaires d’un PTP dans l’industrie en 2022 et 2023. Ce travail sera prolongé en 2026 par l’élaboration d’un référentiel socle des métiers industriels et des passerelles existantes entre eux. Sur un total de 35 000 PTP recensés, 3 200 bénéficiaires sont issus de l’industrie, dont 21 % demeurent dans le secteur. Par ailleurs, 3 400 bénéficiaires se sont reconvertis vers un métier industriel, avec des taux de réussite des transitions à six mois respectivement de 55 % et 61 %.

« L’étude portant sur la reconversion professionnelle des 3 200 bénéficiaires d’un PTP dans l’industrie en 2022 et 2023, menée avec l’Observatoire des Transitions Pro, nous permet de mieux appréhender les motivations et les parcours des actifs qui se forment pour intégrer l’industrie ou pour la quitter », indique l’Opco 2i à AEF info, vendredi 30 janvier 2026, à propos de cette enquête récemment publiée. « Elle intervient à un moment clé pour nourrir la gouvernance de l’Opco et des branches professionnelles, alors que nous nous apprêtons à déployer un nouveau dispositif : les périodes de reconversion. Elle sera prolongée en 2026 par la création d’un référentiel socle des métiers industriels et l’identification des passerelles interindustrielles », poursuit l’opérateur de compétences inter-industriel. L’étude doit également contribuer à ajuster la stratégie et à élargir la cible de la campagne « Avec l’industrie », portée par les 29 branches professionnelles de l’Opco.

En 2022 et 2023, 35 000 actifs ont suivi un parcours de reconversion dans le cadre d’un PTP. Un peu plus de 9 % d’entre eux étaient salariés d’une entreprise adhérente à l’Opco 2i, alors que ces employeurs représentent 14 % de l’emploi salarié privé. « La fuite des compétences apparaît moins marquée dans l’industrie que dans d’autres secteurs », souligne l’étude, en précisant que 61 % des personnes occupaient des postes de production, de maintenance ou de conception. À l’inverse, 3 400 salariés en reconversion ont choisi une formation à vocation industrielle.

Une reconversion sur cinq est intrasectorielle

Parmi les actifs s’étant orientés vers un métier de l’industrie, un sur cinq provient d’une branche professionnelle relevant déjà de ce secteur. Le profil type du salarié se reconvertissant vers l’industrie est masculin dans 76 % des cas (contre une moyenne intersectorielle de 43 %) et âgé de 39 ans en moyenne. Plus de six personnes sur dix (63 %) disposent d’un niveau Bac ou inférieur. Parmi les primo-arrivants dans l’industrie, 15 % sont issus des branches du commerce, 12 % du transport et 7 % du secteur de la santé.

Les formations les plus suivies sont le titre professionnel d’installateur thermique et sanitaire (15 %), ainsi que le CAP de menuisier fabricant (4 %) ou d’ébéniste (4 %). Six mois après la formation, 61 % occupent un emploi en lien avec le parcours suivi, 32 % sont en recherche de poste ou poursuivent leur reconversion via une autre formation, et 7 % ont abandonné. Ces taux de réalisation sont proches de la moyenne tous secteurs confondus, sans pour autant garantir une insertion durable dans l’industrie, certains parcours offrant des débouchés dans d’autres domaines d’activité.

L’âge constitue un facteur déterminant dans la rapidité de concrétisation des projets. Ainsi, 70 % des bénéficiaires de moins de 30 ans ont finalisé leur reconversion six mois après la sortie du dispositif, contre 38 % des personnes âgées de 50 ans ou plus. Selon la formation suivie, les taux de transitions achevées varient fortement : 82 % pour le TP Technicien d’intervention en froid commercial et climatisation, 79 % pour le TP Technicien de maintenance industrielle et 74 % pour le TP Menuisier agenceur. À l’inverse, ils ne sont que de 43 % pour le titre de Designer en architecture d’intérieur ou le CAP d’Ébéniste, un écart expliqué par des opportunités de recrutement plus limitées ou des projets nécessitant un délai supérieur à six mois.

Un salarié sur deux est en CDI

Parmi les bénéficiaires ayant mené à bien leur transition, 52 % occupent un CDI six mois après leur sortie du dispositif. Ce taux atteint 75 % pour certains métiers en tension, comme celui de technicien de maintenance industrielle. Ils sont 27 % à exercer en CDD ou en intérim, tandis que 16 % ont créé leur propre entreprise. « Ces formations, orientées vers des métiers en tension, affichent à la fois un taux élevé de transition réussie et une part significative de CDI dans les nouveaux emplois. Cette dynamique s’explique par les besoins de recrutement et démontre que le Projet de transition professionnelle peut contribuer à y répondre efficacement. »

Le profil type du salarié issu de l’industrie qui se reconvertit, quel que soit son secteur de destination, présente également un âge moyen de 39 ans et dix années d’ancienneté dans son entreprise. Les deux tiers sont des hommes, 65 % possèdent un niveau Bac ou infra-Bac. Plus de la moitié exerçaient dans la métallurgie, 7 % dans la chimie et 5 % dans la plasturgie. Au total, 61 % occupaient un métier industriel relevant de la production, de la maintenance ou de la conception. Pour 58 % d’entre eux, la reconversion vise à anticiper ou répondre à des perspectives d’évolution limitées, à un climat de travail dégradé ou à des contraintes d’organisation du temps de travail, contre 51 % en moyenne intersectorielle. Les parcours les plus fréquents concernent le transport, la manutention et le magasinage (15 %), l’informatique (13 %) et l’électricité et génie climatique.

37 % suivent un parcours de niveau 3

« Seuls 22 % visent une formation préparant à un métier industriel, comme le TP Technicien de maintenance industrielle ou le TP Technicien supérieur en automatique et informatique industrielle », relève l’étude. Tous secteurs confondus, les personnes en reconversion suivent majoritairement des formations de niveau 3 (37 %, contre 29 % en moyenne intersectorielle). Les niveaux 4 et 5 (Bac et Bac+2) concernent respectivement 22 % et 23 % des parcours, tandis que 8 % relèvent du niveau 6 (Bac+3/4). Six mois après la sortie du dispositif, 55 % ont réussi leur transition, 35 % sont encore en cours de reconversion et 10 % ont abandonné.

Le secteur ciblé à l’issue de la reconversion influe directement sur le taux de réussite. Celui-ci atteint 75 % dans la santé ou dans le génie civil, la construction et le bois, et 68 % dans l’électricité et le génie climatique. Il reste en revanche inférieur à 45 % dans l’informatique, l’agronomie et l’agriculture. Six mois après la formation, 54 % des bénéficiaires sont en CDI, 27 % en CDD ou intérim et 14 % exercent comme chefs d’entreprise.

En définitive, qu’ils soient issus ou non de l’industrie, huit salariés sur dix estiment que leur reconversion vers un métier industriel a amélioré leurs conditions de travail, en termes d’intérêt du poste, de reconnaissance des compétences ou de responsabilités confiées. En revanche, seuls 45 % déclarent avoir constaté une augmentation de leur rémunération.

SOURCE : AEFINFO

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