Un million de candidats face à la machine Parcoursup

Le 18 janvier, la plateforme Parcoursup ouvrait ses portes pour recevoir les candidatures des bacheliers et des personnes en reconversion. Environ un million de candidats pour près de 25 000 formations : la sélection s’organise entre discours institutionnel et expériences vécues par les étudiants.
Depuis 2018, Parcoursup est présenté comme un outil favorisant l’égalité des chances dans l’accès à l’enseignement supérieur. La plateforme centralise, organise et affecte les vœux des candidats, qui peuvent en formuler jusqu’à dix.
Près de 14 000 licences sont proposées sur un total d’environ 25 000 formations. Comme l’explique Nagui Bechichi, économiste de l’éducation et cofondateur de SupTracker : « Il y a de la place pour tout le monde, mais pas forcément au même endroit ». En 2025, 18 % des lycéens ont dû recourir à la phase complémentaire faute de places dans les filières les plus demandées.
Critères de sélection
Comment la plateforme classe-t-elle un million de candidatures ? Chaque formation dispose de sa propre « recette » pour évaluer les dossiers, assistée par un algorithme. C’est sur cette base que les propositions d’admission sont envoyées aux candidats.
Les établissements s’appuient généralement sur plusieurs critères : les résultats scolaires de première et de terminale, l’avis du lycée et la fiche Avenir. Cette dernière, remplie lors du conseil de classe du deuxième trimestre, indique si les vœux sont cohérents avec le profil du candidat. Les rubriques « projet de formation motivé » et « activités et centres d’intérêt » servent également à évaluer l’adéquation entre les vœux et le projet de l’élève.
Une sélection contestée
Plusieurs étudiants dénoncent un manque d’information et de concertation. « On n’en parle pas du tout en cours », note Samia, lycéenne à Montpellier. Avant même l’ouverture de la phase d’admission, les règles sont posées : les rectorats imposent des critères qui influencent directement l’accès aux formations.
Parmi eux : un taux minimal de boursiers, favorisant ceux ayant une bourse de lycée plus sélective que celle du supérieur, et un taux maximal de non-résidents, privilégiant la proximité géographique. À dossier équivalent, un candidat hors académie peut être désavantagé. Ainsi, un étudiant moins bien classé peut recevoir une proposition avant un autre mieux noté pour respecter ces quotas.
Des inégalités systémiques dénoncées
Les universités établissent un classement pédagogique, mais l’ordre final d’admission peut refléter d’autres logiques. Le Scum (Syndicat de combat universitaire de Montpellier) critique ces pratiques : selon lui, la sélection repose sur des inégalités économiques et culturelles, qu’il qualifie de « sociale et raciste ».
La pénurie de places est un facteur clé : malgré 25 000 formations, les universités sous-dotées (environ 10 500 € par étudiant) réduisent parfois leurs places en L1 de 5 à 10 % faute de moyens, créant un contraste avec le discours officiel d’une « place pour tous ».

SOURCE : Lamarseillaise

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