Armand Bouillé, collégien malvoyant : « Je refuse de croire que tout est impossible »

À seulement 12 ans, Armand Bouillé s’engage déjà pour une école plus inclusive. Membre du premier conseil des enfants du Conseil national consultatif des personnes handicapées, ce collégien malvoyant d’Angers porte la voix des jeunes en situation de handicap tout en multipliant les projets sportifs, scolaires et personnels.
Un parcours scolaire construit autour de l’inclusion
Armand Bouillé est aujourd’hui élève de 5e dans un collège d’Angers, dans le Maine-et-Loire. Une situation qu’il vit sereinement après avoir connu des expériences plus compliquées lors de sa scolarité en région parisienne et en Guadeloupe, où la prise en charge de son handicap s’était révélée plus difficile.
Dans son établissement actuel, il bénéficie d’un accompagnement adapté grâce à la présence d’une AESH plusieurs heures par semaine. Cette aide lui permet de suivre sa scolarité dans de bonnes conditions et de réussir ses études.
Le jeune collégien souligne également l’importance de son intégration au sein de l’établissement. Entre les cours et le club de robotique, il a développé de nombreuses amitiés qui participent à son épanouissement quotidien.
Une maladie visuelle qui impose des adaptations permanentes
Armand est atteint d’une rétinite pigmentaire d’origine génétique, également appelée amaurose de Leber. Malgré les corrections optiques dont il bénéficie, sa vision reste limitée à un dixième de la normale.
Au-delà de cette faible acuité visuelle, c’est surtout sa forte sensibilité à la lumière qui complique son quotidien. L’éblouissement permanent constitue l’une des principales difficultés auxquelles il doit faire face.
Pour l’aider, plusieurs professionnels l’accompagnent au sein de l’Institut Montéclair. Ergothérapeutes, psychologues et spécialistes de la vision travaillent ensemble afin de lui proposer des solutions adaptées. Il a notamment pu bénéficier de lunettes conçues sur mesure pour répondre à ses besoins spécifiques.
Aujourd’hui, l’un de ses combats concerne les conditions d’examen. Il souhaite pouvoir disposer de sujets du brevet agrandis dans une taille de police plus importante que celle actuellement autorisée.
Une expérience enrichissante au conseil des enfants du CNCPH
En 2026, Armand a rejoint le premier conseil des enfants créé par le Conseil national consultatif des personnes handicapées.
Cette instance réunit douze jeunes âgés de 8 à 12 ans venus de différentes régions françaises et présentant des situations de handicap variées. Déficience visuelle, trisomie 21, surdité ou paralysie cérébrale : les échanges permettent à chacun de mieux comprendre les réalités vécues par les autres participants.
Au fil des réunions organisées à Paris, le jeune collégien a découvert que l’accompagnement du handicap restait très inégal selon les territoires. Une situation qui l’a particulièrement marqué et qu’il souhaite voir évoluer.
Les propositions formulées par le conseil doivent être présentées au gouvernement dans le cadre des réflexions menées autour de l’école inclusive.
Défendre une meilleure reconnaissance des AESH
Parmi les sujets qui lui tiennent particulièrement à cœur, Armand souhaite défendre la place des accompagnants d’élèves en situation de handicap.
Avec les autres membres du conseil, il plaide pour une meilleure reconnaissance de ces professionnels ainsi que pour leur intégration au sein de la fonction publique.
Selon lui, les AESH jouent un rôle essentiel dans la réussite scolaire des élèves en situation de handicap. Leur présence permet de favoriser l’accès aux apprentissages et à la vie scolaire.
Armand défend également l’idée d’une école ouverte à tous, où chaque enfant bénéficie des aides dont il a besoin sans être systématiquement séparé des autres élèves.
Une confiance puisée dans son entourage
Pour avancer malgré les difficultés liées à sa maladie, Armand s’appuie sur de nombreuses personnes qui l’accompagnent au quotidien.
Ses parents occupent naturellement une place centrale, mais il souligne également le rôle important de son frère et de sa sœur. Lors de leurs randonnées, notamment sur certains tronçons du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, ils l’aident à repérer les obstacles et à évoluer en toute sécurité.
Le collégien évoque aussi l’influence de son professeur de judo, Stéphane Villebois, seul entraîneur non-voyant de France dans cette discipline. Son parcours inspire particulièrement le jeune sportif.
Grâce à cet accompagnement, Armand a notamment remporté la Coupe de France technique de para-judo en avril 2026, une réussite dont il est particulièrement fier.
Des rêves plein la tête malgré la maladie
Conscient du caractère évolutif de sa pathologie, Armand refuse pourtant de renoncer à ses projets.
L’un de ses plus grands rêves est de découvrir les pyramides d’Égypte tant qu’il lui reste encore de la vision. En parallèle, il apprend le braille afin d’anticiper les évolutions possibles de sa maladie.
Le jeune collégien a déjà réalisé l’un de ses autres souhaits grâce à une association : rencontrer Teddy Riner. Lors d’un événement sportif organisé autour du champion olympique, il a pu échanger avec son idole et assister à plusieurs compétitions.
Cette rencontre l’a profondément marqué et continue aujourd’hui de nourrir sa motivation.
Une philosophie de vie tournée vers l’avenir
Le meilleur conseil qu’Armand dit avoir reçu vient de ses proches. Sa grand-mère lui rappelle régulièrement l’importance de profiter pleinement du moment présent, tandis que son père l’encourage à toujours avancer malgré les obstacles.
Cette philosophie se retrouve dans toutes ses activités. Grâce à une loupe numérique, il continue de lire de nombreux romans et bandes dessinées malgré ses difficultés visuelles.
Côté loisirs, il a déjà pratiqué l’équitation, la natation ou encore le ski. Passionné de rock, il rêve désormais d’apprendre la guitare électrique. Même si certaines contraintes techniques compliquent cet objectif, il reste convaincu qu’une solution existe.
Pour Armand, le handicap ne doit pas empêcher de poursuivre ses ambitions. Une conviction résumée par une phrase qui guide son quotidien : rien n’est impossible lorsqu’on accepte de chercher des solutions.

SOURCE : La-croix

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