Au cœur du Ministère du Travail : les jeunes prennent la parole sur le travail de demain
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Mardi 2 juin 2026, les équipes Ekole ont été conviées au Ministère du Travail et des Solidarités pour assister à une rencontre organisée par Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, autour d’un sujet central : l’entrée des jeunes dans le monde du travail.
Dans un format volontairement resserré, six jeunes aux parcours variés ont été invités à échanger directement avec le ministre. L’objectif : dépasser les discours institutionnels habituels pour faire émerger une parole plus directe, plus concrète, plus proche du terrain.
Pendant près d’une heure et demie, les échanges ont porté sur trois questions essentielles :
Qu’attendent les jeunes du travail aujourd’hui ?Pourquoi leur entrée dans le monde professionnel reste-t-elle difficile ?Comment mieux les accompagner vers l’emploi ?
À travers cette rencontre, le ministère entend nourrir une réflexion plus large sur l’emploi des jeunes, avec la volonté de transformer ces constats en orientations concrètes pour l’action publique.
Une génération qui ne rejette pas le travail, mais qui en redéfinit les attentes
Le premier enseignement de cette rencontre est clair : les jeunes ne tournent pas le dos au travail. Ils interrogent sa place, ses conditions et sa capacité à permettre une vie digne, équilibrée et porteuse de sens.
L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle est revenu comme une attente forte. La flexibilité, l’organisation du temps de travail, voire la semaine de quatre jours, ne sont pas abordées comme des revendications de confort, mais comme des réponses à une transformation profonde du rapport au travail.
La question du salaire d’entrée dans la vie active a également occupé une place importante. Dans un contexte où le coût de la vie pèse fortement sur les jeunes générations, la rémunération n’est pas un sujet secondaire. Elle conditionne l’autonomie, le logement, la mobilité, la capacité à se projeter et, plus largement, la confiance dans l’avenir.
Pour beaucoup de jeunes, l’enjeu n’est donc pas seulement de trouver un emploi. Il est de trouver une place juste dans le monde professionnel.
Des freins d’accès encore trop nombreux
Les témoignages ont également mis en lumière les obstacles persistants qui compliquent l’entrée dans l’emploi.
La précarité étudiante, les stages faiblement ou non rémunérés, les difficultés de mobilité, les inégalités territoriales ou encore le manque de réseau professionnel créent des écarts importants entre les jeunes. Tous n’arrivent pas sur le marché du travail avec les mêmes ressources, les mêmes codes, ni les mêmes opportunités.
La situation des jeunes en situation de handicap a aussi été évoquée avec force. Leur accès à l’emploi ne peut pas reposer uniquement sur des dispositifs déclaratifs ou des intentions générales. Il suppose un engagement plus structuré des entreprises : adaptation des postes, accompagnement, mobilité, sensibilisation des équipes et évolution du regard porté sur les parcours.
Autre point central : les dispositifs d’aide à l’emploi existent, mais restent trop souvent méconnus. Trop nombreux, trop dispersés, parfois difficiles à comprendre, ils ne parviennent pas toujours jusqu’aux jeunes qui en auraient le plus besoin.
Ce constat pose une question stratégique : comment mieux faire circuler l’information entre l’État, les établissements scolaires, les organismes de formation, les entreprises et les jeunes eux-mêmes ?
L’établissement scolaire, maillon décisif de l’orientation vers l’emploi
Chez Ekole, cette question résonne particulièrement avec notre travail quotidien auprès des établissements scolaires, CFA, lycées professionnels, écoles et acteurs de la formation.
L’accès à l’emploi ne se joue pas uniquement au moment de la candidature. Il se prépare bien avant : dans la capacité d’un jeune à comprendre les métiers, à identifier ses compétences, à formuler son projet, à valoriser son parcours et à rencontrer les bons interlocuteurs.
Les établissements ont ici un rôle majeur à jouer. Ils sont souvent le premier lieu de confiance, le premier espace d’orientation, le premier relais d’information. Mais encore faut-il leur donner des outils lisibles, des contenus adaptés et des dispositifs faciles à transmettre.
C’est un angle mort fréquent des politiques d’emploi des jeunes : l’information existe, mais elle ne descend pas toujours efficacement jusqu’aux lieux où les jeunes construisent réellement leur avenir.
Une application transversale pour mieux orienter les jeunes
Lors des échanges, le ministre a évoqué la mise en place d’une application transversale dédiée à l’emploi des jeunes, en lien avec France Travail et les services connexes.
L’objectif annoncé : simplifier l’accès aux dispositifs existants, mieux orienter les jeunes et centraliser les ressources utiles.
Cette initiative répond à un besoin réel. Les jeunes n’ont pas seulement besoin de dispositifs supplémentaires. Ils ont besoin d’un chemin plus clair, plus simple et plus lisible pour savoir vers qui se tourner, à quel moment, et pour quel besoin.
L’enjeu sera donc double : créer un outil utile, mais surtout garantir son appropriation par les jeunes, les établissements et les acteurs de terrain.
Le mentorat, levier humain indispensable
Parmi les sujets les plus structurants de la rencontre, le mentorat s’est imposé comme une réponse particulièrement forte.
Être accompagné par un professionnel, pouvoir poser ses questions, comprendre les codes d’un secteur, bénéficier d’un retour d’expérience concret : pour un jeune, cela peut changer une trajectoire.
Le mentorat permet de réduire l’écart entre le monde scolaire et le monde professionnel. Il aide à décoder les attentes des recruteurs, à prendre confiance, à formuler ses compétences et à se projeter dans un métier.
Mais là encore, l’enjeu est celui de l’accessibilité. Le mentorat ne doit pas rester réservé aux jeunes déjà les mieux informés, les plus entourés ou les plus proches des grands centres urbains. Il doit devenir un levier plus largement diffusé, notamment dans les lycées professionnels, les CFA, les territoires ruraux, les outre-mer et les parcours moins linéaires.
Mieux reconnaître les parcours réels
Cette rencontre a également rappelé une réalité souvent sous-estimée : les parcours des jeunes sont de moins en moins linéaires.
Stages, alternance, réorientation, engagement associatif, expériences personnelles, périodes de doute, projets entrepreneuriaux, formations hybrides : les compétences se construisent aujourd’hui dans des formats multiples.
Le monde du recrutement doit évoluer pour mieux reconnaître ces parcours. Un CV atypique n’est pas nécessairement un CV fragile. Un parcours non linéaire peut traduire une capacité d’adaptation, une curiosité, une maturité ou une intelligence de terrain.
Former les jeunes est essentiel. Mais former les recruteurs, les entreprises et les institutions à mieux lire les parcours l’est tout autant.
Ce que cette rencontre confirme pour Ekole
Pour Ekole, cette rencontre au Ministère du Travail confirme une conviction forte : la relation entre l’école, le jeune et l’entreprise est l’un des grands enjeux des prochaines années.
L’orientation, l’attractivité des formations, l’accès à l’emploi, la valorisation des parcours et la lisibilité des dispositifs ne peuvent plus être traités séparément. Ils forment un même écosystème.
Notre rôle, aux côtés des établissements et des acteurs de l’éducation, est précisément de rendre cet écosystème plus lisible, plus accessible et plus efficace.
Cela passe par des outils, des campagnes, des contenus, des plateformes, mais aussi par une exigence de fond : mieux comprendre les jeunes, mieux transmettre l’information, mieux valoriser les formations et mieux connecter les établissements au monde professionnel.
Le ministre a conclu cette rencontre en soulignant la force, la lucidité et la résilience des jeunes présents. Ils ont exprimé des attentes exigeantes, mais rarement déconnectées du réel. Ils demandent plus de clarté, plus de justice, plus d’accompagnement et plus de confiance.
C’est aussi ce que nous observons chaque jour sur le terrain et c'est ce à quoi répond parfait l'application Grimp.
Les jeunes n’ont pas seulement besoin qu’on leur parle d’avenir. Ils ont besoin qu’on les aide à y accéder.
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