Aucun algorithme de Parcoursup ne classe les candidatures », Jérôme Teillard, chef de projet de la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur

Jérôme Teillard connaît parfaitement les interrogations, les critiques et le stress des candidats confrontés à Parcoursup. En tant que chef de projet, il coordonne les équipes qui travaillent toute l’année à l’amélioration de la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur. En 2025, 980 000 candidats ont postulé dans plus de 24 000 formations postbac. Comment sont examinés les dossiers ? Comment bien vivre ce processus ? Il répond sans détour.
Comment sont examinées les candidatures ?
« Il n’existe aucun algorithme de Parcoursup qui classe les candidatures », précise Jérôme Teillard. Les dossiers sont transmis aux enseignants des formations, qui les évaluent selon les critères définis et affichés sur la plateforme.
À quoi servent les algorithmes de Parcoursup ?
Parcoursup utilise en réalité quatre algorithmes, tous publiés depuis 2018 :
- L’appariement (ou “mariages stables”) : il associe au mieux candidats et formations selon les préférences et critères des établissements. Les enseignants décident quelles notes, appréciations ou éléments du dossier sont pris en compte et leur pondération.
- Trois autres algorithmes veillent à respecter des obligations légales :
- Pourcentage de lycéens boursiers fixé par le recteur.
- Priorité d’affectation pour les candidats demandant une université de leur académie.
- Attribution des places d’internat dans les classes préparatoires en fonction d’objectifs sociaux.
Ainsi, les enseignants se concentrent uniquement sur les éléments académiques, tandis que la plateforme gère les priorités légales.
Les établissements utilisent-ils des « algorithmes locaux » ?
Jérôme Teillard préfère parler de critères d’examen des candidatures. Il compare cela à une recette de gâteau au chocolat : les ingrédients et les mesures sont fixés, mais ce n’est pas l’algorithme qui fait le gâteau, c’est celui qui l’utilise. De la même façon, les critères servent de guide, mais ce sont les enseignants qui prennent les décisions.
Pourquoi certaines erreurs surviennent-elles ?
Les « anomalies » relevées chaque année ne sont jamais causées par Parcoursup. Elles proviennent souvent :
- d’une mauvaise formulation des vœux ;
- de critères légaux, comme la priorité aux lycéens boursiers ou aux internats ;
- du fait que les enseignants évaluent aussi des éléments subjectifs : lettres de motivation, appréciations, savoir-être.
Teillard rappelle que Parcoursup effectue des contrôles de cohérence pour éviter tout classement incohérent.
Comprendre les critères « flous » comme le savoir-être
Certaines formations restent vagues dans la pondération du savoir-être ou de la motivation. Pour y remédier, un simulateur personnalisé a été créé en 2025 :
- Il montre les profils des admis des trois dernières années.
- Il permet d’estimer les probabilités d’admission selon la moyenne générale et les spécialités de terminale.
- Il aide à limiter l’autocensure et la surconfiance, en orientant les élèves vers des choix adaptés.
Les nouveautés 2026
Parmi les nouveautés pour la rentrée 2026 :
- La licence de professorat des écoles, accessible dès la licence pour préparer le concours ;
- Plus de transparence sur l’usage des enseignements de spécialité et de la lettre de motivation, afin de clarifier leur rôle dans la sélection.
Conseils pour bien se préparer à Parcoursup
Jérôme Teillard recommande :
- Utiliser l’outil MonProjetSup de l’Onisep, dès la seconde, pour construire son projet d’orientation ;
- Dialoguer avec le professeur principal pour réduire le stress ;
- Participer aux portes ouvertes et rencontrer enseignants et étudiants pour mieux comprendre les formations.
Il insiste : « Personne ne joue sa vie sur Parcoursup. C’est une première voie d’accès. » En 2025, 183 000 étudiants se sont réorientés, illustrant la disponibilité d’autres choix et passerelles.

SOURCE : SUDOUEST.FR

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