Autisme : les pistes d’un rapport pour faire de l’école le cœur de l’inclusion

Un rapport parlementaire publié en mai 2026 formule 44 recommandations pour améliorer la scolarisation et l’accompagnement des enfants autistes en France. Il dénonce un « retard historique » et propose de renforcer la coordination entre l’Éducation nationale et le secteur médico-social afin de faire de l’école un véritable pilier de l’inclusion.
Une politique d’inclusion jugée encore insuffisante
La délégation aux droits des enfants de l’Assemblée nationale dresse un constat sévère sur la scolarisation des enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA).
Selon les députés Philippe Fait et Isabelle Santiago, auteurs du rapport, la France accuse un retard structurel dans la prise en charge de l’autisme.
Ils estiment que de nombreux enfants restent encore insuffisamment scolarisés ou ne bénéficient pas d’un parcours éducatif adapté à leurs besoins.
Un cloisonnement entre école et médico-social encore trop marqué
Le rapport souligne un manque de coordination entre l’Éducation nationale et les structures médico-sociales, considéré comme un frein majeur à l’inclusion.
Malgré la mise en place de dispositifs comme les pôles d’appui à la scolarité ou les unités d’enseignement spécialisées, les députés pointent une organisation encore trop fragmentée.
Cette séparation aboutirait, selon eux, à une inclusion partielle, parfois qualifiée « d’inclusion en trompe-l’œil », où les élèves autistes ne sont pas pleinement intégrés dans les classes ordinaires.
Des dispositifs existants jugés encore insuffisants
Plusieurs dispositifs ont été développés ces dernières années dans le cadre de la stratégie nationale pour les troubles du neuro-développement.
Ils incluent notamment les unités d’enseignement en maternelle autisme (UEMA), les unités d’enseignement élémentaire autisme (UEEA) ainsi que les dispositifs d’autorégulation (DAR).
Si ces structures sont saluées pour leur utilité, le rapport estime toutefois qu’elles restent trop limitées et insuffisamment déployées sur le territoire.
Les députés alertent également sur les effets du manque de places en établissements médico-sociaux, qui pèse directement sur la scolarisation inclusive.
Renforcer les dispositifs d’autorégulation et le suivi des élèves
Parmi les 44 recommandations, plusieurs concernent directement le renforcement des dispositifs existants.
Le rapport propose notamment d’accentuer le déploiement des dispositifs d’autorégulation, qui permettent aux élèves de développer progressivement leur autonomie dans le cadre scolaire.
Il recommande également de renforcer le suivi des élèves autistes intégrés dans les dispositifs UEMA et UEEA afin d’assurer une continuité éducative plus efficace.
Mieux former les personnels de l’Éducation nationale
Un autre axe majeur concerne la formation des enseignants et des personnels éducatifs.
Le rapport souligne un manque d’acculturation aux troubles du spectre de l’autisme au sein de l’Éducation nationale, qui limite la capacité des équipes à adapter les apprentissages.
Il propose ainsi de généraliser la formation de l’ensemble des personnels aux TSA et de déployer un plan de formation sur cinq ans.
Le développement de formations croisées entre l’Éducation nationale et les acteurs médico-sociaux est également présenté comme une priorité.
Les AESH au cœur des enjeux d’accompagnement
Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) occupent une place centrale dans les recommandations.
Le rapport pointe un manque de moyens et une formation insuffisante, qui fragilisent l’accompagnement des élèves autistes en classe.
Il préconise la création d’un véritable statut pour les AESH, ainsi qu’un renforcement obligatoire de leur formation avant toute prise de poste.
Une meilleure reconnaissance de leurs missions et une amélioration de la coordination des parcours sont également proposées.
Vers une école plus inclusive et mieux coordonnée
Les députés insistent sur la nécessité de repenser globalement le pilotage de la politique de l’autisme.
Ils plaident pour un modèle plus coordonné entre les différents acteurs, capable de garantir une égalité réelle d’accès à l’éducation.
L’objectif affiché est de faire de l’école un pilier central de l’inclusion, en dépassant les logiques de cloisonnement actuelles.
Au-delà des dispositifs existants, le rapport appelle à une transformation structurelle du système afin de mieux répondre aux besoins des enfants autistes et de leurs familles.

SOURCE : AEFINFO

Nos réalisations
Découvrez nos références, nos réalisations et nos travaux pour des établissements.
C'est tout frais de nos experts

Démarche qualité en formation : le levier stratégique trop souvent sous-estimé par les organismes

Fortes chaleurs : l’Éducation nationale déploie un plan pour cartographier les établissements exposés

