Avant la diffusion de « Le Diplôme » sur TF1, immersion dans le seul lycée pour adultes de France

Des salles de classe, des manuels scolaires, des emplois du temps affichés aux murs… À première vue, tout évoque un lycée classique, semblable aux 3 700 établissements du second degré recensés en France. Pourtant, dans le XIVᵉ arrondissement de Paris, un élément change tout : les cours commencent à 18 heures. La raison est simple, ce lycée est exclusivement réservé aux adultes. Avec des frais de scolarité accessibles, fixés à 130 euros par an, il constitue un établissement unique en France, là où ce type de structure est courant en Allemagne, en Italie ou en Espagne.
Un lycée réservé à des auditeurs adultes
Au lycée d’adultes de la Ville de Paris, on ne parle pas d’élèves, mais d’« auditeurs ». Âgés de 18 à 71 ans, ils sont 225 inscrits pour l’année scolaire 2025-2026. Parmi eux, une cinquantaine poursuit un objectif bien précis : obtenir le baccalauréat dès le mois de juin prochain.
Des parcours de vie marqués par les ruptures
Esther fait partie des plus jeunes auditrices. À 20 ans, elle est en classe de terminale. Son parcours scolaire a été interrompu par des problèmes de santé, suivis d’une année sabbatique pour se reposer. Elle a ensuite enchaîné différentes expériences professionnelles, du bénévolat chez Emmaüs à un emploi dans la restauration, en passant par un poste d’ouvreuse placeuse dans un théâtre.
Peu à peu, le travail lui a redonné confiance. Elle a alors ressenti le besoin d’aller plus loin que les petits emplois alimentaires. Conseillée par une professionnelle de l’orientation, elle découvre ce lycée pour adultes, une opportunité en adéquation avec son projet de poursuivre des études dans le cinéma, la littérature ou le théâtre.
Reprendre les études pour se réinventer
Alastair, 29 ans, partage ce quotidien rythmé par le travail et les cours du soir. Employé dans un café, il dispose pourtant d’une expérience professionnelle dense : management, consulting marketing, création de marque. Mais il ressent le besoin de changer de voie. Trois ans plus tôt, il décide de reprendre ses études, sans objectif précis au départ.
Après avoir quitté la terminale dix ans auparavant, il est aujourd’hui en classe de première et envisage une carrière d’avocat pénaliste. Une fois le baccalauréat obtenu, il se projette dans un long parcours universitaire, animé par l’envie d’exercer un métier porteur de sens.
Un accompagnement individualisé et bienveillant
Ces trajectoires singulières sont nombreuses dans cet ancien collège devenu lycée pour adultes dans les années 1990. Certains auditeurs sont éloignés de l’école depuis si longtemps qu’une classe de pré-seconde a été créée. Selon la proviseure, Cécile Duportail, cette année permet une remise à niveau progressive, au sein d’une structure à taille humaine, favorisant un accompagnement individualisé.
Nicolas, 28 ans, suit ce parcours de pré-seconde. Atteint d’autisme et de TDAH, il a dû interrompre un BTS après l’obtention d’un bac professionnel. Désireux de devenir psychologue, il a repris ses études afin d’obtenir un bac général, indispensable à son projet.
Donner une seconde chance grâce à l’éducation
Accompagner des adultes dans une nouvelle étape de leur vie ou les aider à rebondir après un échec est au cœur de l’engagement des enseignants. Chaque soir, de 18h à 22h, ainsi que le samedi matin, ils transmettent bien plus que des connaissances. Pour Jacques El Alami, professeur d’histoire-géographie depuis vingt-sept ans, il s’agit avant tout de restaurer la confiance et la dignité de ces auditeurs souvent marqués par leur passé scolaire.
Un climat d’apprentissage différent
L’ambiance de travail constitue l’un des atouts majeurs de l’établissement. Les auditeurs sont conscients de leur choix et particulièrement motivés. Les enseignants notent une implication bien différente de celle observée en collège ou en lycée traditionnel. Ici, la discipline laisse place à un climat d’apprentissage apaisé, centré sur la transmission et l’échange.
Esther partage ce ressenti. Elle décrit un lycée « en mieux », sans bavardages incessants, où les échanges sont plus riches et les cours plus approfondis. Certains professeurs reconnaissent même ne plus envisager un retour dans un établissement classique, tant l’envie d’apprendre est au cœur de la démarche des auditeurs.
Des exigences fortes et un défi collectif
Malgré cet enthousiasme, la réalité reste exigeante. Le taux de réussite au baccalauréat s’élève à 65 %, soit près de trente points en dessous de la moyenne nationale. Assimilé à un établissement privé hors contrat, le lycée ne bénéficie pas du contrôle continu, ce qui impose davantage d’épreuves finales.
Les auditeurs doivent assimiler l’intégralité des programmes avec un volume horaire réduit, entre 20 et 25 heures par semaine. Une contrainte qui génère du stress, d’autant plus que 70 % des inscrits exercent une activité professionnelle et que la moitié ne réside pas à Paris. Pourtant, pour beaucoup, l’objectif dépasse la simple insertion professionnelle : il s’agit aussi de se prouver qu’ils en sont capables, ou simplement de nourrir un désir profond d’apprendre.

SOURCE : TF1 INFO

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