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ÉDUCATION
16
June 2026

Bac : comment les lycéens révisent désormais à coups d'intelligence artificielle

Gizmo, Flashka, Notebook LLM, Knowunity… Si ces applications carburant à l'intelligence artificielle ne vous disent rien, les lycéennes et lycéens, eux, les connaissent sur le bout des doigts. Ils s'en servent notamment pour réviser le bac. « On prend notre cours en photo et ça génère des quiz, des questions à trous ou des flashcards [des cartes mémoires, avec une question au recto et la réponse au verso]. Ça aide à mémoriser plus facilement et ça m'aide beaucoup », assure Bintou, 16 ans.

Cette lycéenne scolarisée à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, fait défiler sur son téléphone orné d'un bracelet rose pâle son dossier « éducation », garni des applis de révisions Gizmo et Flashka. Elle les consulte cinq minutes par jour pour préparer les examens. Son amie Fouleymata, elle, préfère Gemini. Elle passe les sujets de maths des années précédentes à la moulinette de l'agent conversationnel de Google : « Je lui demande de me poser des questions, j'y réponds et j'ai directement la correction ensuite », explique-t-elle.

Un usage très répandu

Ces lycéennes sont loin de faire figure d'exception. Depuis 2024, le cabinet Heaven scrute les usages de l'intelligence artificielle chez les lycéens et étudiants de 18 à 25 ans, dans l'étude Born AI. En 2025, 61 % des quelque 500 répondants ont déclaré recourir à l'IA pour les études ou le travail, une proportion qui ne cesse de croître. « On assiste à une généralisation de l'usage de l'IA chez les plus jeunes dans le cadre scolaire, relève Emmanuel Berne, directeur des études chez Heaven. C'est adopté comme le téléphone portable. »

L'IA s'impose ainsi comme un partenaire d'entraînement à l'école. « On distingue deux approches, complète-t-il : l'une consiste à dire "interroge-moi pour savoir si je maîtrise un sujet", la seconde à dire "échange avec moi pour t'assurer que je comprends bien ce que je dois apprendre". »

Comme un professeur à domicile

Pour Célia, 17 ans, en terminale générale, c'est l'épreuve de philosophie qu'elle prépare avec ChatGPT. « Je lui demande de résumer des notions, comme la liberté, pour repérer les grands auteurs et fabriquer des fiches. Avec mon professeur, on n'a pas beaucoup de cours, alors je cherche un peu en ligne et, ensuite, je confie tout à l'IA. »

En revanche, pour ses spécialités, maths et physique-chimie, elle reste moins séduite par ChatGPT, « qui n'est pas très pratique », et lui préfère Knowunity. Cette autre application de révisions, qui se présente comme un coach scolaire, revendique 21 millions d'utilisateurs. Elle propose des résumés de notions, des scans de devoirs pour décortiquer ses erreurs, des examens blancs ou encore des quiz. L'IA se mue alors presque en professeur à domicile, disponible à toute heure. « Si je ne comprends pas pourquoi c'est faux, je lui demande. L'IA m'explique et me dit : "C'est marqué ça dans ton cours, revérifie". »

En français, Fouleymata a aussi travaillé le commentaire de texte, sur un extrait de Bérénice de Racine, avec Gemini. « Je rédige un commentaire, je l'envoie et il corrige les fautes, signale les phrases mal tournées, les affirmations erronées ou les éléments pertinents à ajouter. » Parfois, elle dégaine Notebook LLM. Cette application convertit en podcast ou en vidéo des cours pris en photo. « Quand je n'ai pas le temps de réviser, je crée un podcast et je peux l'écouter en chemin », indique-t-elle. C'est sur TikTok qu'elles ont déniché ces applications et mesuré leur utilité.

La crainte de ne plus être autonome dans son apprentissage

Les enseignants encadrent-ils l'explosion de cet usage ? Pas vraiment. « On est à la traîne, c'est arrivé tellement vite », reconnaît une professeure de français. De fait, les lycéennes interrogées ne bénéficient d'aucun accompagnement sur ce terrain. Pourquoi ne pas leur apprendre à vérifier systématiquement les réponses de l'IA (ce qu'elles avouent ne pas faire) ou à formuler les bonnes questions pour optimiser leurs révisions ?

Certaines entreprises de cours particuliers à distance proposent désormais d'alterner les séances entre un tuteur humain et le travail autonome guidé par l'IA. Aimery de Vaujuas, cofondateur de la Méthode Aristote, juge que l'IA offre « une illusion de maîtrise : l'élève comprend vite sur le moment, mais ne sait plus restituer seul ». Il met en garde contre la difficulté à tenir une dissertation de quatre heures sans assistance.

Scolarisée dans un lycée du 9e arrondissement parisien, Antoinette, en première générale, applique cette méthode. « Pendant une heure, je réponds aux questions de l'IA et le prof voit ce que je fais en simultané, détaille-t-elle. On fait des pauses, il m'explique. Chez moi, je peux refaire tous les exercices, ça me permet de m'entraîner et de bien maîtriser chaque chapitre. » Elle assure ne pas trop solliciter l'IA par ailleurs. « J'ai déjà préparé un oral avec ChatGPT, mais ça ne m'a pas beaucoup apporté, parce que je n'ai pas fait l'effort d'écrire le texte et donc d'apprendre. »

SOURCE : 20minutes.fr

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