Bac : les copies avec trop de fautes pourraient ne plus obtenir la moyenne

Le gouvernement veut durcir les règles sur l’orthographe au bac
Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé un renforcement des exigences concernant l’orthographe, la syntaxe et la grammaire dans les copies du baccalauréat.
Lors d’une conférence de presse organisée le 19 mai à Arcueil, dans le Val-de-Marne, le ministre a affirmé qu’obtenir le baccalauréat devait garantir un certain niveau de maîtrise de la langue française.
Selon lui, une copie jugée insuffisante sur le plan rédactionnel ne devrait pas pouvoir obtenir la moyenne à l’examen. Il estime que les fautes importantes d’orthographe ou de syntaxe doivent désormais être davantage prises en compte dans l’évaluation des candidats.
Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de déclarations déjà faites quelques semaines plus tôt, lorsque le ministre avait affirmé que des copies mal rédigées ne devaient pas permettre d’obtenir le baccalauréat.
H2 – Des consignes harmonisées dans toutes les disciplines
Édouard Geffray assure ne pas vouloir accuser les jurys de « laxisme », mais reconnaît que les consignes concernant la maîtrise de la langue ont parfois varié selon les académies et les matières ces dernières années.
Pour la session 2026 du baccalauréat, des consignes nationales doivent donc être mises en place afin d’harmoniser les pratiques de correction. Des commissions d’entente et d’harmonisation seront notamment instaurées à l’échelle nationale et académique.
Le ministère précise que cette exigence renforcée concernera toutes les disciplines, y compris les matières scientifiques.
Le ministre insiste toutefois sur le fait que les correcteurs ne devront pas appliquer un système mécanique de retrait de points. Selon lui, c’est la qualité globale de la copie qui devra être prise en compte lors de l’évaluation.
Concernant le baccalauréat professionnel, ces nouvelles exigences rédactionnelles ne devraient entrer pleinement en vigueur qu’à partir de la session 2027, a précisé la ministre déléguée chargée de l’Enseignement professionnel Sabrina Roubache.
Le ministre assume un possible recul du taux de réussite
Le ministre reconnaît que ce durcissement pourrait mécaniquement entraîner une baisse du taux de réussite au baccalauréat, qui avait atteint 91,8 % l’année dernière.
Selon Édouard Geffray, une éventuelle diminution du nombre de diplômés refléterait simplement le niveau réel des candidats.
Il a également rappelé qu’aucun repêchage ne serait désormais possible pour les élèves ayant obtenu une moyenne inférieure à 8 sur 20.
Cette réforme s’inscrit plus largement dans une volonté affichée du gouvernement de renforcer les exigences académiques autour du baccalauréat et de la maîtrise du français.
Les syndicats dénoncent une mesure tardive
Plusieurs organisations syndicales ont toutefois vivement critiqué cette annonce.
La secrétaire générale du Snes-FSU, Sophie Vénétitay, estime que se concentrer sur l’orthographe quelques semaines avant les épreuves relève davantage de la communication politique que d’une véritable réforme pédagogique.
Selon elle, la priorité devrait plutôt être donnée à un meilleur accompagnement des élèves tout au long de leur scolarité afin de leur permettre de progresser réellement en orthographe avant le baccalauréat.
Le syndicat Snalc pointe également d’autres difficultés structurelles comme les effectifs trop importants par classe, l’accumulation des missions confiées aux enseignants ou encore certaines méthodes pédagogiques jugées responsables des difficultés actuelles en grammaire.
De son côté, le SE-Unsa critique une organisation scolaire qui compliquerait l’accompagnement des élèves les plus fragiles et favoriserait davantage la sanction que la prévention.
Plus de 700 000 candidats concernés cette année
Cette année, 727 327 candidats doivent passer les épreuves du baccalauréat.
Par ailleurs, 529 876 élèves de première sont concernés par les épreuves anticipées de français et de mathématiques.
Le baccalauréat général et technologique débutera le 15 juin avec l’épreuve de philosophie, tandis que les épreuves anticipées de français et de mathématiques auront lieu les 11 et 12 juin. Les épreuves du baccalauréat professionnel commencent quant à elles dès cette semaine.

SOURCE : LAREP

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