Bac au Moyen-Orient : la lettre d’un lycéen de 17 ans fait évoluer les épreuves

Face aux conséquences de la guerre sur leur scolarité, des élèves des établissements français du Moyen-Orient ont obtenu une adaptation exceptionnelle du baccalauréat. À l’origine de cette mobilisation, un lycéen de 17 ans qui a choisi d’interpeller directement Emmanuel Macron pour faire entendre les difficultés rencontrées par des milliers de candidats.
Un quotidien bouleversé par le conflit au Moyen-Orient
Pour Younes, élève de terminale au lycée français MLF du Bahreïn, l’année scolaire a basculé lorsque le conflit opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis s’est intensifié au début de l’année 2026.
À partir de la fin du mois de février, les alertes de sécurité se multiplient dans la région. Comme de nombreuses familles expatriées, celle de Younes décide alors de quitter temporairement le Bahreïn pour rejoindre Toulouse, sa ville d’origine.
Cette situation exceptionnelle perturbe fortement la continuité des apprentissages. Entre les déplacements, les cours à distance et le contexte anxiogène lié au conflit, les élèves peinent à suivre normalement leur programme scolaire.
Des élèves inquiets à l’approche du baccalauréat
Lorsque les établissements annoncent la reprise des cours en présentiel au mois de mai, de nombreux lycéens expriment leurs inquiétudes. Après plusieurs semaines de scolarité perturbée, l’idée de passer les épreuves du baccalauréat dans des conditions habituelles semble difficilement envisageable.
Pour Younes et ses camarades, il apparaît compliqué de compenser en quelques semaines près de deux mois d’enseignement impactés par les événements.
Face à cette situation, plusieurs élèves décident de se mobiliser afin de demander une prise en compte de leur contexte particulier dans l’organisation des examens.
Une pétition soutenue par plus de 1 000 élèves
Avec l’un de ses camarades, Younes lance une pétition réclamant l’évaluation du baccalauréat à travers le contrôle continu plutôt que par les épreuves terminales.
Même si ce type d’initiative ne peut pas être rendu public au Bahreïn, la démarche rencontre rapidement un écho important auprès des élèves scolarisés dans les établissements français de la région.
Plus de 1 000 signatures sont recueillies dans plusieurs pays du Moyen-Orient, témoignant d’une préoccupation largement partagée par les candidats concernés.
Malgré cette mobilisation, les élèves ne reçoivent pas immédiatement de réponse favorable et sont invités à poursuivre leur préparation aux examens.
Une lettre adressée directement à Emmanuel Macron
Déterminé à défendre la situation de ses camarades, Younes décide alors de s’adresser directement à la plus haute autorité de l’État.
Dans une lettre envoyée au cabinet du président de la République, il décrit les difficultés rencontrées par les élèves depuis le début du conflit. Il évoque notamment le stress généré par les événements, les changements de pays, les perturbations scolaires et les difficultés de concentration qui en découlent.
À travers ce courrier, le lycéen demande que les circonstances exceptionnelles vécues par les candidats soient prises en considération dans l’organisation du baccalauréat.
Cette initiative attire rapidement l’attention des services de la présidence.
Une réponse positive de l’Élysée
Le 7 mai 2026, le cabinet d’Emmanuel Macron répond au jeune homme. Dans son courrier, il indique que le président de la République est sensible à la démarche engagée par les élèves concernés.
Quelques jours plus tard, le 12 mai, une décision importante est annoncée : les épreuves du baccalauréat sont annulées dans plusieurs établissements français situés au Proche-Orient, au Moyen-Orient ainsi qu’au Mali.
À la place, les résultats des candidats seront calculés à partir du contrôle continu.
Même si cette décision résulte probablement de multiples analyses et échanges institutionnels, la mobilisation menée par les élèves a contribué à mettre en lumière les difficultés rencontrées sur le terrain.
Une mobilisation saluée par les représentants français
L’engagement de Younes et de ses camarades a été remarqué par plusieurs responsables institutionnels.
Rosiane Houngbo-Monteverde, représentante des affaires étrangères au Bahreïn, a notamment adressé un message de félicitations aux élèves mobilisés. Elle a salué leur capacité à faire entendre leurs préoccupations tout en respectant le cadre républicain et les institutions.
Cette reconnaissance illustre l’impact qu’une démarche citoyenne structurée peut avoir lorsqu’elle s’appuie sur un dialogue constructif avec les autorités compétentes.
Un baccalauréat obtenu grâce au contrôle continu
Grâce à cette adaptation exceptionnelle des modalités d’évaluation, Younes a pu valider son baccalauréat sans passer les épreuves terminales initialement prévues.
Les résultats obtenus dans le cadre du contrôle continu lui permettent même de décrocher une mention assez bien.
Après cette année scolaire hors du commun, le jeune homme souhaite désormais poursuivre ses études dans l’enseignement supérieur. Son objectif est d’intégrer une licence de gestion à Toulouse afin d’entamer un nouveau chapitre de son parcours académique.
Son initiative restera comme l’exemple d’un engagement étudiant qui aura contribué à faire évoluer l’organisation du baccalauréat pour plusieurs milliers d’élèves confrontés à une situation exceptionnelle.

SOURCE : HUFFINGTONPOST

Nos réalisations
Découvrez nos références, nos réalisations et nos travaux pour des établissements.
C'est tout frais de nos experts

ChatGPT Ads : fonctionnement, prix et stratégie pour les établissements d’éducation

Santé mentale : des rendez-vous en 24 à 48 heures promis pour les élèves « repérés »

