Comment les écoles d’ingénieurs du numérique s’adaptent à l’intelligence artificielle

Face à l’essor de l’intelligence artificielle, les écoles d’ingénieurs du numérique doivent profondément faire évoluer leurs formations, leurs méthodes pédagogiques et leurs modalités d’évaluation afin de former des professionnels capables de comprendre et maîtriser ces technologies.
Les écoles d’ingénieurs, en particulier celles spécialisées dans le numérique, se retrouvent aujourd’hui en première ligne face aux enjeux liés à l’intelligence artificielle. Pour répondre aux attentes du marché et aux transformations qu’elle engendre, les établissements développent de plus en plus de formations dédiées à l’apprentissage de l’IA.
"Notre première responsabilité est de former des ingénieurs aux sciences fondamentales pour qu’ils comprennent ce qu’est l’IA et comment elle fonctionne", explique Patrick Olivier, directeur de Télécom Paris.
Par ailleurs, comme l’ensemble du monde académique, les écoles d’ingénieurs doivent composer avec les usages de l’IA par les étudiants. "Elle est utilisée par les étudiants comme un outil d’assistant cognitif, un support numérique", précise Aline Aubertin, directrice de l’ISEP, qui souligne également les risques liés à cette utilisation, notamment une possible dépendance à l’outil.
Depuis plusieurs années, les écoles d’ingénieurs — notamment celles spécialisées dans le numérique — adaptent ainsi leurs enseignements et leurs pratiques pour intégrer ces nouvelles technologies.
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L’innovation pédagogique à l’épreuve de l’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle permet d’individualiser davantage les apprentissages : les étudiants peuvent, par exemple, approfondir certaines notions en sollicitant ces outils. "Les possibilités offertes par l’IA sont extraordinaires, mais il faut rester vigilant, affirme Patrick Olivier. Il est essentiel de vérifier que nos ingénieurs développent une véritable capacité technique à bien utiliser ces outils."
Omnes Education, groupe privé d’enseignement supérieur, a ainsi développé une plateforme pédagogique intégrant l’intelligence artificielle à destination des étudiants et des enseignants. Cette solution permet notamment de générer des supports pédagogiques — fiches, quiz, cartes mentales — à partir des cours. "Nous allons faire évoluer la pédagogie en intégrant l’IA directement dans la salle de classe, indique François Stephan, directeur de l’ECE. Déjà testée dans certains enseignements, elle sera pleinement déployée à la rentrée 2026."
Le rôle de l’enseignant évolue également. L’IA peut libérer du temps, permettant ainsi davantage d’interactions avec les étudiants. "L’IA ne remplace pas l’enseignant mais renforce son rôle d’accompagnateur et de guide intellectuel dans le développement de l’esprit critique, qui deviendra une compétence clé pour les ingénieurs", souligne Aline Aubertin.
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L’intelligence artificielle, une opportunité pour les écoles d’ingénieurs
Pour les écoles d’ingénieurs du numérique, l’intelligence artificielle constitue une véritable opportunité pour préparer les étudiants aux métiers de demain, en les accompagnant dans l’acquisition de compétences essentielles et leur adaptation aux évolutions technologiques.
"Cela renforce la pertinence de notre mission : former des ingénieurs capables de concevoir et de maîtriser ces technologies, tout en comprenant leurs impacts économiques, environnementaux et sociaux. Nous devons former des élèves capables d’apprendre en continu, car l’obsolescence des compétences s’accélère", explique Aline Aubertin.
Lors des conseils de perfectionnement — qui permettent d’assurer l’adéquation entre les formations et les besoins du marché de l’emploi — la question de l’IA s’est imposée comme centrale. "Nous devons intégrer l’IA comme une technologie de rupture et adapter nos enseignements aux besoins des entreprises, poursuit Frédéric Meunier, directeur de l’Efrei Paris. Toutefois, je ne pense pas qu’elle remplacera les lieux d’enseignement du savoir."
Une chose est certaine : dans les années à venir, l’intelligence artificielle viendra transformer un grand nombre de métiers. "Les métiers de l’ingénierie seront parmi les premiers concernés. Nous devons préparer nos étudiants à ces nouveaux métiers enrichis par l’IA. C’est un défi stimulant, même s’il nous oblige à évoluer", conclut François Stephan.
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Vers de nouvelles formes d’évaluation
Une question centrale se pose désormais : comment s’assurer que l’étudiant est bien l’auteur de son travail ? Comme de nombreux établissements à travers le monde, les écoles d’ingénieurs françaises doivent repenser leurs modalités d’évaluation. "Les devoirs classiques deviennent de plus en plus difficiles à exploiter. Il est complexe d’évaluer les compétences réelles. Les évaluations orales doivent prendre davantage de place", suggère Aline Aubertin.
Cependant, aucune solution unique ne s’impose. "Il n’est pas non plus possible de multiplier les oraux, car cela mobiliserait trop de temps pour les enseignants. On peut envisager des environnements sécurisés pendant les évaluations, mais cela pose la question des ressources matérielles", ajoute Frédéric Meunier.

SOURCE : L'ÉTUDIANT

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