Deux nouvelles études confirment la dégradation de la santé mentale des plus jeunes

Santé publique France a présenté les résultats de deux nouvelles études consacrées à la santé mentale des enfants et des adolescents. Les données confirment une dégradation préoccupante de la situation, avec notamment une part importante de lycéens déclarant une souffrance psychique sévère et des pensées suicidaires. Chez les plus jeunes, en maternelle et en élémentaire, les fragilités persistent également, en partie liées aux effets de la pandémie de Covid-19.
Une situation toujours marquée par les effets de la pandémie
Depuis la crise sanitaire, de nombreuses recherches ont mis en évidence une détérioration de la santé mentale chez les jeunes. Les nouvelles enquêtes publiées par Santé publique France s’inscrivent dans cet ensemble et visent à mieux documenter les troubles psychiques dès l’enfance afin de renforcer la prévention et le repérage précoce.
Les premiers résultats de l’Étude nationale sur le bien-être des enfants (Enabee), menée en maternelle et en élémentaire, indiquaient déjà qu’environ 13 % des enfants présentaient un trouble probable de santé mentale. Les analyses complémentaires confirment des disparités selon le sexe, avec davantage de troubles émotionnels chez les filles et plus de troubles du comportement chez les garçons.
Des facteurs de vulnérabilité multiples chez les enfants
Plusieurs éléments sont associés à un risque accru de troubles psychiques chez les enfants, sans pour autant établir de lien de causalité direct. Parmi eux figurent certaines caractéristiques individuelles comme le sexe masculin, des complications durant la grossesse, la présence d’une maladie chronique ou encore des difficultés scolaires.
L’environnement familial joue également un rôle important, notamment en cas de séparation des parents ou de difficultés financières. Les chercheurs soulignent également l’impact d’événements traumatiques sur l’apparition de troubles.
Ces résultats doivent permettre d’améliorer le repérage des situations de vulnérabilité et de mieux sensibiliser les parents ainsi que les professionnels de l’éducation.
Une santé mentale des adolescents toujours fragile
La seconde étude, EnCLASS, met en évidence une situation contrastée chez les collégiens et lycéens. Les adolescentes présentent de manière générale des indicateurs de santé mentale moins favorables que les garçons.
En 2024, environ 20 % des lycéens déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois, un chiffre en légère baisse par rapport à 2022. En revanche, les tentatives de suicide déclarées au cours de la vie concernent 15 % des lycéens, en hausse par rapport aux précédentes données.
Ces résultats montrent que, malgré certaines améliorations, des signes de souffrance psychique sévère persistent chez une partie des adolescents.
Prévenir et mieux accompagner la santé mentale des jeunes
Les experts de Santé publique France insistent sur la nécessité de développer des actions de prévention et de renforcer les compétences psychosociales des jeunes, notamment en milieu scolaire. L’objectif est d’agir à la fois sur les comportements et sur les environnements afin de favoriser un meilleur équilibre psychique.
Ils soulignent également l’importance d’une prise en charge plus précoce et d’une meilleure coordination des acteurs éducatifs et sanitaires pour limiter l’aggravation des troubles.
Un constat partagé sur la nécessité d’agir
Les autorités sanitaires rappellent que ces données doivent servir à améliorer les politiques de santé publique en direction des enfants et des adolescents. L’enjeu est de mieux identifier les situations à risque et de renforcer les dispositifs de prévention.
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SOURCE : HUMANITE

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