Discrimination étudiants extracommunautaires : la hausse des frais universitaires appliquée dès septembre

Un décret publié ce mercredi 20 mai prévoit l’application concrète des droits d’inscription différenciés pour la majorité des étudiants étrangers extracommunautaires dans les universités françaises.
Des frais universitaires en forte hausse pour les étudiants étrangers
Étudier en France coûtera désormais beaucoup plus cher à de nombreux étudiants étrangers extracommunautaires. Mis en place depuis 2019 mais jusqu’ici appliqués de manière limitée, les droits d’inscription différenciés vont entrer pleinement en vigueur dès la rentrée universitaire de septembre, à travers un décret publié ce mercredi 20 mai par le ministère de l’Enseignement supérieur.
La plupart des étudiants étrangers non issus de l’Union européenne devront ainsi payer des frais universitaires largement supérieurs à ceux des étudiants français et européens. Le texte publié au Journal officiel prévoit que les universités pourront exonérer « jusqu’à 20 % des étudiants extracommunautaires » de ces frais supplémentaires. Cette mise en œuvre se fera progressivement avec un plafond d’exonération fixé à 30 % dès la prochaine rentrée, puis abaissé à 25 % en 2027 avant d’atteindre 20 % à terme.
Le gouvernement assume un nouveau modèle universitaire
Ce décret s’inscrit dans le cadre du programme Choose France For Higher Education lancé par le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste. Le 20 avril dernier, le ministre avait annoncé sa volonté d’appliquer de façon stricte les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les établissements universitaires français. Une réforme pourtant instaurée dès 2019 mais restée jusque-là peu appliquée dans de nombreuses universités.
Les étudiants non ressortissants de l’Union européenne devront désormais régler des frais particulièrement élevés : 2 895 euros par an en licence contre 178 euros actuellement, et 3 941 euros en master contre 254 euros aujourd’hui.
Une mesure dénoncée par les syndicats étudiants
Après une première mobilisation ayant réuni plusieurs centaines de manifestants le 12 mai, une intersyndicale a appelé à une nouvelle journée de protestation le 26 mai. Les organisations étudiantes dénoncent une mesure qu’elles considèrent comme « injuste et incohérente ».
De son côté, le gouvernement défend cette réforme au nom d’un rééquilibrage financier des universités françaises. L’exécutif estime également que l’augmentation des frais d’inscription permettrait de renforcer l’attractivité et la valeur perçue des diplômes français à l’international, tout en attirant des étudiants considérés comme à fort potentiel ou disposant de ressources financières plus importantes, dans une logique inspirée de certains modèles anglo-saxons.
Les étudiants déjà exonérés conserveront leur avantage
Le décret précise toutefois que les étudiants bénéficiant déjà d’une exonération des droits d’inscription pour l’année universitaire 2025-2026 continueront à en profiter « jusqu’au terme de leur cycle universitaire », à condition de poursuivre leur formation dans l’établissement ayant accordé cette exonération.
Les étudiants ayant obtenu une exonération pour l’année 2026-2027 avant l’entrée en vigueur du décret conserveront également cet avantage dans les mêmes conditions prévues par le texte officiel.

SOURCE : LIBERATION

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