Formation des enseignants : un objectif difficile à atteindre en 2026 selon l’Igesr

La nouvelle licence professorat des écoles (LPE), récemment analysée dans le cadre d’une mission de l’Igesr, a été au centre du deuxième comité de suivi de la réforme de la formation des enseignants, organisé le jeudi 26 mars 2026. Les inspecteurs généraux y ont souligné une attractivité marquée de cette formation sur la plateforme Parcoursup. Toutefois, plusieurs constats structurants émergent : la LPE sera majoritairement portée par les Inspé et l’objectif de 50 % de formateurs issus du terrain dès la rentrée 2026 ne sera pas atteint. Par ailleurs, certains syndicats expriment leur désaccord concernant l’organisation territoriale de ces formations.
Après une première réunion organisée mi-décembre 2025, ce second comité de suivi a permis aux directions générales du ministère de l’Éducation nationale (MEN) et du ministère de l’Enseignement supérieur (MESRE) de présenter les premiers résultats de la mission d’accompagnement de la réforme de la formation initiale des enseignants et des CPE. Cette mission, conduite par l’Igesr, porte notamment sur la mise en œuvre de la LPE. Il a également été précisé que les référentiels de formation des M2E seront présentés lors du prochain Cneser prévu en avril.
Une attractivité confirmée sur Parcoursup
Selon un document consulté par AEF info, les inspecteurs généraux indiquent que 6 093 places ont été ouvertes sur Parcoursup, réparties sur 125 parcours différents. La dynamique observée est notable, avec environ 45 000 candidats ayant formulé au moins un vœu non confirmé pour une formation en LPE.
Le profil des candidats met en évidence une diversité de parcours. 57 % sont des élèves de terminale, dont 43 % issus de la voie générale, 10 % de la voie technologique et 4 % de la voie professionnelle. Par ailleurs, 27 % des candidats sont en situation de réorientation, avec 16 % au niveau bac+1, 10 % entre bac+2 et bac+4, et 1 % à un niveau supérieur. Enfin, 14 % des candidats ne sont pas scolarisés.
En moyenne, les candidats ont formulé 3,4 vœux, avec un taux de pression candidature/place comparable à celui observé en BUT. Il est également à noter que 2 500 candidats ont exclusivement candidaté à des formations en LPE.
Une formation largement portée par les Inspé
L’analyse des dossiers d’accréditation des différentes LPE met en lumière une organisation répondant globalement aux besoins de couverture territoriale. Près de 90 % des places proposées sont portées par des établissements d’enseignement supérieur publics.
Dans le détail, la répartition des porteurs de formation se structure ainsi : 64 % des LPE sont pilotées par les Inspé, 11 % par des UFR de sciences humaines et sociales, 11 % par des UFR de sciences de l’éducation, et 14 % par d’autres composantes universitaires comme les UFR de sciences, STAPS ou encore les services universitaires de formation des maîtres.
Un objectif de praticiens de terrain encore hors de portée
L’un des enseignements majeurs de cette analyse concerne la part des formateurs issus du terrain. L’objectif fixé à 50 % d’heures assurées par des professionnels en exercice dans des établissements scolaires ne sera pas atteint à la rentrée 2026, contrairement aux ambitions initiales.
Les données indiquent que seulement 32 % des LPE seront en mesure d’atteindre cet objectif dès 2026. Pour 56 % des formations, cet objectif pourrait être atteint à court ou moyen terme, tandis que 12 % des situations restent encore incertaines à ce stade.
La mission souligne néanmoins une volonté de croiser les expertises entre formateurs universitaires et professionnels de terrain, en privilégiant des équipes plurielles. Elle interroge toutefois le profil des intervenants mobilisés, qu’il s’agisse d’enseignants du primaire, du secondaire ou issus des dispositifs existants. La question d’une éventuelle co-intervention sur certains enseignements est également soulevée.
Des enjeux importants autour des stages
La question des stages constitue un autre point clé de la réforme. Le cadre réglementaire prévoit un minimum de 10 semaines de stage, dont 6 en école primaire. Dans les faits, l’ensemble des académies propose des stages couvrant les trois cycles d’enseignement, tandis que 53 % d’entre elles ouvrent également des possibilités en collège afin de renforcer le lien école-collège.
L’identification des lieux de stage soulève plusieurs enjeux, notamment en matière d’accessibilité et de diversité des contextes professionnels proposés aux étudiants. La question des classes multiniveaux est également posée, notamment sur le moment opportun pour intégrer ce type d’expérience dans le parcours de formation.
L’accompagnement des étudiants repose en grande partie sur les maîtres d’accueil temporaire (MAT), dont le rôle est jugé central dans une logique de pédagogie par alternance. Leur formation, assurée par les Inspé ou l’Éducation nationale, est considérée comme essentielle, avec une programmation prévue dès le premier semestre 2026-2027. Toutefois, la diversité des pratiques selon les territoires interroge la nécessité d’une harmonisation.
Enfin, des réflexions sont engagées sur l’adaptation territoriale des formations, notamment autour des 100 heures d’enseignement et des 10 ECTS dédiés à cet objectif.
Des critiques syndicales attendues
Du côté des organisations syndicales, le constat d’un objectif non atteint concernant les 50 % de praticiens de terrain ne constitue pas une surprise. Jérémie Congy, représentant du SE-Unsa, souligne que cette cible apparaît désormais difficilement atteignable dans plus de la moitié des cas, sans échéance clairement définie.
Carine Royer, de la CFDT-EFRP, évoque également un décalage entre les ambitions affichées et la réalité du terrain, rappelant la difficulté de passer de 30 % à 50 % de formateurs issus du milieu professionnel. De son côté, la FSU pointe des tensions croissantes dans les Inspé, liées notamment à des logiques de mutualisation, à des recrutements peu cadrés et à une forte rotation des intervenants.
Les syndicats expriment également des réserves sur la question du maillage territorial. Certains estiment que la couverture reste inégale, notamment dans certaines zones rurales ou dans le Nord-Ouest, remettant en question l’idée d’un maillage dense avancée par l’administration.

SOURCE : aefinfo.fr

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