IA à l’université : des usages mieux encadrés

Les enseignants adoptent progressivement une posture plus ouverte vis-à-vis de l’intelligence artificielle. Après une première phase marquée par des politiques très restrictives, les pratiques évoluent vers davantage de permissivité. C’est ce que révèle une étude menée par l’université de Berkeley, publiée en février 2026, et fondée sur l’analyse de 31 000 programmes de cours d’une grande université de recherche texane.
Les enseignants adaptent désormais leurs règles selon les types de tâches et intègrent progressivement de nouveaux exercices reposant sur l’IA. Les disciplines liées au business apparaissent comme les plus ouvertes à ces outils, tandis que l’ingénierie reste plus prudente. Globalement, l’IA est acceptée comme un outil de soutien aux études, mais reste largement interdite pour la rédaction.
D’une interdiction à une ouverture progressive
Dans les mois qui ont suivi l’arrivée de ChatGPT, de nombreux établissements avaient choisi de limiter fortement l’usage de l’IA. Mais cette tendance a évolué. Aujourd’hui, la majorité des disciplines adoptent une approche plus nuancée, notamment concernant l’utilisation des modèles de langage.
L’étude, intitulée Comment les enseignants encadrent l’IA à l’université, a été publiée début février 2026 par le Center for Studies in Higher Education de l’université de Californie à Berkeley. Elle s’appuie sur les travaux du chercheur Igor Chirikov, qui a analysé des milliers de syllabi dans huit disciplines différentes.
Trois usages de l’IA identifiés dans l’enseignement
L’étude met en évidence trois grands mécanismes par lesquels l’IA transforme les pratiques pédagogiques. Le premier correspond au déplacement de tâches, où les étudiants délèguent certaines activités à l’IA, ce qui peut entraîner un risque d’érosion des compétences.
Le deuxième mécanisme repose sur l’augmentation des capacités, lorsque l’IA vient soutenir le travail sans remplacer l’effort intellectuel. Enfin, le troisième correspond au rétablissement de tâches, c’est-à-dire l’apparition de nouveaux types d’exercices rendus possibles par l’IA.
Les enseignants ont tendance à restreindre fortement le premier usage, tout en étant plus ouverts aux deux autres, jugés plus pédagogiques.
Des différences marquées selon les disciplines
L’étude met également en lumière des écarts importants entre les domaines d’enseignement. En moyenne, les programmes de cours restent légèrement restrictifs, avec un score global de -1 sur une échelle allant de -2 à +2.
Les disciplines les plus prudentes sont les sciences humaines, suivies des sciences de la vie et des sciences sociales. À l’inverse, les filières liées au business apparaissent comme les plus ouvertes, avec une évolution progressive vers des politiques plus permissives.
Par ailleurs, la présence explicite de règles liées à l’IA dans les programmes de cours a fortement augmenté. Elle est passée de 25 % en 2023 à 55 % à l’automne 2025. Les disciplines comme le business, les sciences humaines ou encore les sciences sociales atteignent désormais des niveaux élevés d’intégration de ces enjeux.
Une intégration croissante de l’IA dans les cours
Dans le détail, certaines disciplines ont connu une progression particulièrement marquée. Les cours en business, en sciences humaines, sociales et de la vie affichent des taux d’intégration compris entre 58 % et 63 %. Les arts, les mathématiques et l’informatique enregistrent également une forte hausse.
À l’inverse, l’ingénierie reste en retrait, avec seulement 37 % des programmes mentionnant explicitement des politiques liées à l’IA à l’automne 2025.
Une utilisation encadrée selon les types de tâches
L’étude précise également les usages autorisés par les enseignants. L’IA est largement acceptée pour des tâches de soutien, comme la relecture ou l’aide aux études, avec plus de 80 % des enseignants favorables à ces usages.
Elle est aussi autorisée dans des contextes techniques, notamment pour le codage, ainsi que pour des phases de brainstorming. En revanche, son utilisation reste plus limitée dès lors qu’il s’agit de raisonnement complexe ou de résolution de problèmes.
Enfin, une grande majorité des enseignants continue d’interdire ou de restreindre fortement l’usage de l’IA pour la rédaction de travaux. Près de 80 % d’entre eux refusent que les étudiants s’appuient sur ces outils pour produire ou réviser des contenus écrits.

SOURCE : AEF INFO

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