Jeunes et emploi : 15 mesures pour en finir avec le « paradoxe français »

Orientation, partenariats avec les entreprises ou cursus professionnalisants : trois ministères ont uni leurs forces pour bâtir une stratégie destinée à mieux insérer les jeunes dans le monde du travail.
Orientation, stages, jobs étudiants : le gouvernement dévoile ce jeudi sa feuille de route pour faciliter l'accès des jeunes au marché du travail, avec des mesures de court et de moyen terme qui, d'après le ministère du Travail, ne réclament ni modification législative ni rallonge budgétaire.
Cette stratégie interministérielle naît du constat d'un « paradoxe français », mêlant taux de diplômés élevé, durée moyenne d'insertion sur le marché du travail supérieure à celle d'autres pays européens et part importante de « NEET » (jeunes ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation), expose-t-on au ministère du Travail.
Pour bâtir cette stratégie, les ministères impliqués (Travail, Enseignement supérieur, Sports et Jeunesse…) assurent avoir consulté les acteurs de l'insertion professionnelle des jeunes (France Travail, missions locales, écoles de la deuxième chance…) et échangé avec les organisations syndicales et patronales.
15 mesures, trois axes
Les 15 mesures dévoilées se structurent autour de trois axes : mieux orienter les jeunes et les sensibiliser aux secteurs qui recrutent (défense, nucléaire, médico-social…), les rapprocher de l'entreprise tout en renforçant la sécurité au travail et, enfin, anticiper les ruptures de parcours en accompagnant de façon intensive ceux qui en ont besoin.
Ces annonces surviennent moins d'un mois après la mort d'un lycéen dans le Gard durant un stage d'observation dans une entreprise du BTP.
Parmi les dispositifs envisagés, la mise en place d'un « InserScore » – un indicateur de débouchés – pour l'ensemble des formations professionnelles initiales (taux de jeunes en emploi à l'issue d'une formation, salaire médian) afin d'aider les jeunes à opérer des « choix éclairés ».
L'accès des étudiants ou apprentis ayant interrompu leur cursus ou leur contrat à des formations « courtes et professionnalisantes » doit être encouragé, notamment via les Préparations opérationnelles à l'emploi de France Travail.
Le plan ambitionne aussi de « valoriser les entreprises qui s'engagent en faveur de jobs étudiants de qualité », sans doute par la signature d'une charte.
Pour les jeunes NEET, il prévoit de favoriser les stages et mises en situation professionnelles dans le cadre de l'accompagnement par les missions locales et de « co-construire avec les branches professionnelles des parcours adaptés aux besoins des territoires et des filières ».
Le mentorat et le parrainage vers l'emploi doivent également être renforcés, en visant en priorité les publics les plus fragiles, à l'image des jeunes sortant de l'Aide Sociale à l'Enfance ou en situation de handicap.
Si ce plan peut s'enclencher sans rallonge budgétaire dans l'immédiat, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou entend faire de la jeunesse l'axe prioritaire de son administration pour le budget 2027, indique-t-on au ministère.

SOURCE : leparisien.fr

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