Blog
ÉDUCATION
29
October 2025

La Banque du Canada va-t-elle baisser ses taux mercredi ? L’avis de trois experts

Malgré la hausse du PIB et d’une inflation sous-jacente persistante en septembre, la Banque du Canada devrait abaisser son taux directeur de 0,25 % lors de sa réunion d’octobre, ce mercredi, pour soutenir une économie en perte de vitesse.

Les analystes jugent qu’un assouplissement monétaire est nécessaire face au ralentissement global et aux tensions commerciales. Plus de 80 % des marchés à terme obligataires anticipent déjà une baisse.
« Même après une inflation plus forte que prévu, les acteurs du marché misent sur une nouvelle réduction des taux de 25 points de base par la Banque du Canada cette semaine », explique Royce Mendes, directeur général et stratège macroéconomique chez Desjardins Marché des capitaux, dans une note aux investisseurs.

Les prévisions d’une croissance faible et d’une inflation stable appuient cette anticipation d’un taux directeur ramené à 2,00 %. « La plupart des indicateurs d’inflation sous-jacente montrent peu de risques de surchauffe », précise-t-il.

La banque centrale a déjà procédé à huit baisses depuis l’été dernier. La dernière, en septembre, a réduit le taux directeur à 2,50 %, contre un sommet de 5,00 % un an plus tôt. Après cette réunion, la prochaine et dernière de l’année aura lieu le 10 décembre.

La Fed donne de la marge à la Banque du Canada

Les marchés observent attentivement la Réserve fédérale américaine (Fed), qui doit également annoncer sa décision cette semaine. Une baisse y est déjà largement anticipée.
« La Fed semble prête à entamer son propre cycle d’assouplissement, avec deux baisses de taux attendues dans les prochaines réunions », souligne Pierre-Benoît Gauthier, vice-président à IG Gestion de patrimoine. « Cela offre à la Banque du Canada une plus grande liberté d’action sans exercer de pression excessive sur le dollar canadien. »

Les attentes des marchés pour la prochaine décision

Les économistes prévoient majoritairement une nouvelle baisse des taux. Les données économiques récentes pointent vers une activité affaiblie, plaidant pour une politique plus accommodante.
« Avec autant d’incertitude, il serait difficile pour les décideurs de rejeter la possibilité d’autres baisses », affirme Royce Mendes.

Robert Kavcic, économiste principal chez BMO, prévoit également une réduction de 25 points de base cette semaine, ramenant le taux directeur à 2,25 %. Il anticipe qu’il « finira l’année à 2 %, en ligne avec notre position accommodante ».

Pierre-Benoît Gauthier estime lui aussi qu’une baisse reste probable, même si elle n’est pas encore pleinement intégrée dans les cours. Selon lui, « la priorité est désormais de soutenir l’économie nationale face à la hausse des droits de douane et au ralentissement de la croissance ». Il ajoute que « les prix reflètent surtout des pressions externes, et non une demande excessive, ce qui justifie une attention accrue à la lutte contre le chômage ».

L’importance du message de la Banque du Canada

Si la Banque du Canada confirme une nouvelle baisse, toute l’attention se portera sur sa communication pour déceler ses intentions futures. « Le ton de la déclaration sera crucial », avertit Pierre-Benoît Gauthier.

Robert Kavcic estime que la Banque rappellera la nécessité de maintenir une approche flexible pour les prochains mois.

Le Rapport sur la politique monétaire (RPM) d’octobre présentera la stratégie complète de la Banque, avec de nouvelles prévisions et analyses. Derek Holt, vice-président et chef de l’économie des marchés financiers à la Banque Scotia, souligne que « le gouverneur Tiff Macklem reviendra à une prévision centrale explicite dans le RPM d’octobre, adaptée au contexte de tensions commerciales ».

Royce Mendes s’attend à ce que la Banque souligne un écart de production encore marqué, limitant toute révision optimiste des perspectives économiques. Il précise également que la Banque ne tiendra probablement pas compte des futures mesures budgétaires prévues dans le budget fédéral du 4 novembre.

Une trajectoire encore incertaine après octobre

Au-delà de cette réunion, les marchés demeurent partagés sur la suite. Mendes observe que les opérateurs n’accordent qu’une probabilité de 50 à 60 % à une autre baisse après celle d’octobre.
« Les marchés pourraient se stabiliser si les banquiers centraux adoptent un ton plus ferme quant aux perspectives d’assouplissement », conclut-il.

SOURCE : LESAFFAIRES

En savoir plus sur nos solutions pour les établissements scolaires
La plaquette pour animer la communauté de votre établissement
Partager ce contenu

Nos réalisations

Découvrez nos références, nos réalisations et nos travaux pour des établissements.

C'est tout frais de nos experts

L'école face à la pauvreté : comment les inégalités sociales se transforment en inégalités scolaires
ÉDUCATION
18
May 2026

L'école face à la pauvreté : comment les inégalités sociales se transforment en inégalités scolaires

En France, la pauvreté creuse les inégalités scolaires. Analyse des mécanismes et pistes pour une école réellement inclusive et égalitaire.
Apprentissage : les ruptures de contrat progressent en Bretagne
ÉDUCATION
11
May 2026

Apprentissage : les ruptures de contrat progressent en Bretagne

L’apprentissage poursuit sa progression en Bretagne, mais les ruptures de contrats atteignent des niveaux records dans plusieurs formations et secteurs.
Études à l'international : le top 30 des destinations qui font rêver les étudiants français en 2026
ÉDUCATION
5
May 2026

Études à l'international : le top 30 des destinations qui font rêver les étudiants français en 2026

Quelles destinations font rêver les jeunes Français pour leurs études ? Découvrez le top 30 et les universités stars qui s'imposent en 2026.