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ÉDUCATION
26
May 2026

L’apprentissage continue de résister malgré un contexte plus difficile

Malgré la réduction progressive des aides publiques et un ralentissement démographique annoncé, l’apprentissage conserve une dynamique solide en France. Si une légère baisse des effectifs commence à apparaître en 2025 au niveau national, certains territoires comme l’Alsace continuent de démontrer la solidité de ce modèle de formation historiquement bien implanté.

Depuis plusieurs années, l’apprentissage bénéficie d’un essor spectaculaire porté par les réformes successives engagées par les gouvernements. Entre 2017 et 2024, le nombre de contrats signés chaque année est passé de 305 000 à près de 879 000. À la fin de l’année 2024, plus d’un million d’apprentis étaient engagés dans un contrat en France.

Cette croissance rapide s’explique notamment par l’assouplissement du cadre réglementaire, le développement massif des formations disponibles et l’augmentation importante des financements publics accordés aux entreprises et aux centres de formation.

L’enseignement supérieur occupe désormais une place centrale dans cette dynamique. En 2024, près de 60 % des contrats d’apprentissage concernent des formations post-bac, contre seulement 38 % en 2017.

L’Alsace reste un territoire fortement engagé dans l’apprentissage

Région historiquement attachée à la formation en alternance, l’Alsace illustre particulièrement cette progression. Dans l’académie de Strasbourg, le nombre d’apprentis issus du public et du privé sous contrat est passé de 14 740 en 2017 à plus de 27 700 en 2024.

L’apprentissage s’est progressivement installé dans une grande partie des établissements scolaires du territoire. Sur les 22 CFA et unités de formation par apprentissage placés sous le contrôle de l’Éducation nationale, 16 sont aujourd’hui rattachés à des établissements publics.

Parallèlement, une trentaine de lycées accueillent désormais des apprentis dans le cadre du mixage des publics, une organisation qui permet de faire cohabiter élèves de la voie scolaire classique et jeunes en alternance au sein des mêmes structures.

Les entreprises continuent de miser sur l’alternance

Malgré la baisse des aides publiques engagée ces derniers mois, de nombreuses entreprises considèrent encore l’apprentissage comme un levier stratégique de recrutement et de formation.

C’est notamment le cas de Schmidt Groupe, dont le campus de formation continue d’investir dans l’alternance pour préparer les compétences dont le groupe aura besoin dans les prochaines années.

Plusieurs entreprises estiment en effet que l’apprentissage reste l’un des meilleurs moyens d’attirer de jeunes profils, de transmettre des savoir-faire spécifiques et d’intégrer progressivement les futurs salariés à la culture de l’entreprise.

Même avec des aides moins importantes, beaucoup de recruteurs considèrent que le coût de la formation reste compensé par les bénéfices à long terme en matière de fidélisation et de recrutement.

Un ralentissement qui commence à apparaître en 2025

Après plusieurs années de croissance continue, les premiers signes de ralentissement deviennent toutefois visibles. Au niveau national, les effectifs d’apprentis devraient légèrement reculer en 2025.

Cette baisse reste modérée mais marque une rupture après une période d’expansion exceptionnelle. Plusieurs acteurs du secteur expliquent cette évolution par la diminution progressive des aides financières accordées aux employeurs ainsi que par un contexte économique plus tendu.

Certaines entreprises hésitent davantage à recruter dans un climat marqué par les incertitudes économiques, la hausse des coûts et le ralentissement de certains secteurs d’activité.

La démographie devient la principale inquiétude

Au-delà des questions budgétaires, les professionnels de l’apprentissage s’inquiètent surtout des évolutions démographiques à venir. La baisse du nombre de jeunes dans certaines régions pourrait progressivement limiter le vivier de candidats disponibles pour les formations en alternance.

Dans plusieurs académies, cette diminution démographique commence déjà à être anticipée par les établissements et les CFA, qui devront probablement adapter leurs offres de formation dans les prochaines années.

Pour autant, les acteurs du secteur restent relativement confiants. L’apprentissage bénéficie désormais d’une image bien plus positive qu’il y a encore une dizaine d’années, notamment dans l’enseignement supérieur où il attire un nombre croissant d’étudiants.

Cette évolution culturelle pourrait permettre au modèle de conserver une place importante dans le paysage éducatif français, même dans un contexte économique et démographique moins favorable.

SOURCE : dna.fr

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