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ÉDUCATION
17
June 2026

Les bourses étudiantes seront-elles bientôt alignées sur le niveau de l'inflation ?

Les députés ont adopté une proposition de loi prévoyant d’indexer chaque année les bourses étudiantes sur l’inflation, comme c’est déjà le cas pour certaines prestations sociales ou les pensions de retraite. Le texte prévoit également leur versement pendant douze mois, en incluant juillet et août. Si la première mesure semble faire largement consensus, le gouvernement s’oppose à la seconde, jugée trop coûteuse.

Les montants des bourses sur critères sociaux applicables pendant l’année universitaire 2026-2027 sont désormais disponibles sur le site Service-public.fr. Mais les étudiants concernés n’y découvriront aucune augmentation : les sommes annoncées sont exactement les mêmes que l’année précédente.

En réalité, les différents échelons de bourse n’ont pas évolué depuis l’année universitaire 2023-2024. Pourtant, l’inflation cumulée atteint 5,1 % entre septembre 2023 et aujourd’hui. Pour les étudiants qui dépendent de ces aides afin de financer leur logement, leurs transports, leur alimentation ou leur matériel, cette stagnation entraîne une baisse progressive du pouvoir d’achat.

Contrairement au Smic, à plusieurs prestations sociales ou aux pensions de retraite du régime général, les bourses étudiantes ne bénéficient actuellement d’aucune revalorisation automatique.

Les députés souhaitent indexer les bourses sur l’inflation

Les aides versées par les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires peuvent être augmentées ponctuellement. Ces revalorisations restent néanmoins irrégulières et ne suivent pas toujours le même rythme que la hausse des prix.

Les députés veulent mettre fin à cette situation. Jeudi 11 juin, ils ont adopté en première lecture une proposition de loi prévoyant une revalorisation annuelle des bourses sur critères sociaux en fonction de l’inflation.

Cette mesure a été proposée par la députée communiste Soumya Bourouaha, également autrice d’un rapport parlementaire consacré aux aides destinées aux étudiants en 2025.

Le texte a obtenu un soutien très large à l’Assemblée nationale puisqu’il a été adopté par 75 voix contre une seule. Il doit désormais être examiné par le Sénat, qui se prononcera prochainement.

Cette indexation, relativement consensuelle, semble donc avoir de bonnes chances d’aller au terme du processus législatif. Elle permettrait d’éviter que le montant des bourses reste inchangé pendant plusieurs années malgré l’augmentation du coût de la vie.

Verser les bourses pendant les mois de juillet et août

La proposition de loi contient toutefois une seconde mesure plus contestée : étendre le versement des bourses à douze mois, contre dix actuellement.

Aujourd’hui, les étudiants boursiers ne perçoivent aucune aide pendant les mois de juillet et août. Ce fonctionnement existe depuis 2002. Avant cette date, les bourses n’étaient même versées que pendant neuf mois.

Pour Soumya Bourouaha, cette interruption estivale ne correspond plus aux réalités économiques vécues par les étudiants. Les dépenses ne s’arrêtent pas à la fin des cours : l’alimentation, les transports, le matériel informatique et la préparation de la rentrée continuent de peser sur leur budget.

La députée souhaite donc augmenter le montant annuel des bourses afin d’intégrer deux mois de versement supplémentaires. Cette mesure permettrait notamment de soutenir les étudiants qui conservent leur logement pendant l’été ou qui ne peuvent pas compter sur une aide familiale.

Un coût jugé trop important par le camp présidentiel

L’application de ces deux mesures représenterait toutefois une dépense supplémentaire importante pour l’État. Leur coût total est estimé à 542 millions d’euros par an.

L’indexation des montants sur l’inflation coûterait environ 112 millions d’euros, tandis que le versement des bourses sur douze mois représenterait 430 millions d’euros supplémentaires.

Alors que le gouvernement cherche à réduire les dépenses publiques, les députés du camp présidentiel considèrent ce montant trop élevé. Ils soutiennent le principe d’une indexation sur l’inflation, mais refusent l’extension des aides aux deux mois d’été.

Le député Charles Sitzenstuhl, membre du groupe Ensemble pour la République, avait déposé un amendement visant à supprimer cette mesure. Celui-ci a cependant été rejeté.

Les députés du parti d’Emmanuel Macron ont finalement choisi de s’abstenir lors du vote de l’ensemble du texte.

Le Sénat pourrait modifier la proposition de loi

La suite du parcours parlementaire pourrait encore faire évoluer le contenu de la proposition. Le Sénat, dont la majorité est à droite, pourrait donner raison au gouvernement et au camp présidentiel en supprimant le versement des bourses pendant juillet et août.

Les sénateurs pourraient ainsi conserver l’indexation annuelle, qui bénéficie d’un large soutien, tout en retirant la mesure la plus coûteuse.

À ce stade, les étudiants doivent donc attendre la poursuite des débats pour savoir si leurs bourses seront uniquement revalorisées chaque année ou si elles pourront également être versées pendant toute la période estivale.

SOURCE : RMC

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