Logement étudiant à Nantes : trois candidats pour une seule offre

À près de huit semaines de la rentrée universitaire, l’association Que Choisir Ensemble, anciennement UFC-Que Choisir, publie une étude particulièrement préoccupante sur les conditions de logement des étudiants. Nantes figure parmi les villes où les loyers continuent d’augmenter, alors que les places disponibles dans les résidences universitaires restent largement insuffisantes. Pour de nombreux jeunes, le coût du logement finit même par déterminer le choix de la formation ou de la ville d’études.
La métropole nantaise accueille près de 68 000 étudiants. Un chiffre important qui entraîne de véritables besoins en matière de logements accessibles. Alors que Nantes Métropole dresse le bilan de son Programme local de l’habitat 2019-2025, l’Observatoire des loyers estime que les prix ont progressé de 3 % à 5 % par an durant la période qui a suivi la crise sanitaire. Cette hausse se poursuit aujourd’hui, même si elle semble légèrement ralentir.
Un marché du logement étudiant saturé et des loyers élevés
Parmi les onze agglomérations étudiées par Que Choisir Ensemble, Nantes n’est pas celle qui subit la plus forte augmentation des loyers. Toutefois, avec un tarif moyen de 491 euros par mois pour un studio de seulement 15 m², et environ 545 euros toutes charges comprises, accéder à un logement convenable reste particulièrement difficile pour les étudiants disposant de ressources limitées.
Dans les résidences étudiantes privées nantaises, les logements proposés sont généralement plus spacieux, mais les prix sont également plus importants. Les premiers tarifs débutent autour de 660 euros par mois, une somme difficilement compatible avec le budget d’un étudiant boursier ou dépendant financièrement de sa famille.
« Aujourd’hui, trop d’étudiants ne choisissent plus leurs études : c’est le prix du logement qui choisit pour eux », alerte Marie-Amandine Stévenin, présidente de Que Choisir Ensemble.
Les difficultés rencontrées par les jeunes sont multiples : loyers élevés, logements parfois insalubres, offre privée insuffisante, annonces incomplètes et faible nombre de places disponibles dans les résidences du Crous. Moins de 10 % des étudiants peuvent accéder à un logement universitaire et la majorité d’entre eux doit donc se tourner vers le parc locatif privé.
À cela s’ajoute l’absence d’encadrement des loyers à Nantes, malgré la volonté affichée par la métropole de mettre en place un plafond. Cette situation fragilise encore davantage les étudiants qui recherchent une chambre, un studio ou une colocation à proximité de leur établissement.
Cette problématique n’est pas nouvelle, mais le rapport publié par Que Choisir Ensemble apporte de nouvelles données et formule plusieurs recommandations pour améliorer les conditions d’accès au logement.
Dans l’introduction de cette étude, Marie-Amandine Stévenin rappelle également que les dispositifs destinés à protéger les locataires les plus fragiles existent, mais qu’ils sont régulièrement contournés ou insuffisamment appliqués.
Un marché immobilier nantais toujours sous tension
La diminution du nombre de logements disponibles face à une demande croissante touche désormais l’ensemble des grandes métropoles françaises. Nantes ne fait pas exception à cette tendance nationale.
En 2025, la capitale des Pays de la Loire a été classée en zone A, au même titre que des villes comme Lille ou Lyon. Cette classification administrative concerne les territoires dans lesquels la demande de logements est particulièrement forte et où les prix de l’immobilier sont parmi les plus élevés.
Dans son rapport, Que Choisir Ensemble attribue à Nantes un indice de tension locative de 3,11. Cet indicateur correspond au rapport entre le nombre de candidats à la location et le nombre d’offres disponibles sur le marché.
Concrètement, la ville compte un peu plus de trois demandes pour un seul logement proposé. La tension est moins importante qu’à Paris, Bordeaux ou Rennes, qui affichent respectivement des scores proches de 10, 9 et 11. Le niveau nantais reste toutefois suffisamment élevé pour compliquer considérablement les recherches des étudiants.
Les perspectives limitées de construction de nouveaux bâtiments, associées au faible nombre de logements proposés par le Crous, contribuent directement à maintenir cette situation.
Face à une offre insuffisante, les étudiants doivent souvent multiplier les dossiers, accepter des logements plus éloignés de leur campus ou revoir leur budget à la hausse. Certains sont également contraints de renoncer à une formation ou de choisir un établissement en fonction des possibilités de logement disponibles.
Un plan de relance comprenant des logements pour les jeunes
Le Programme local de l’habitat 2019-2025 de Nantes Métropole repose sur un plan de relance de 56 millions d’euros. Dans ce cadre, 7 426 logements ont été construits ou engagés dans les 24 communes composant la métropole

SOURCE : franceinfo.fr

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