Logement étudiant à Vannes : la colocation entre générations gagne du terrain

Trouver un logement à Vannes reste compliqué pour de nombreux étudiants à l’approche de la rentrée. Face aux loyers élevés et au manque de solutions adaptées, certains jeunes se tournent vers la colocation intergénérationnelle. Des associations comme Ensemble 2 générations ou 1 toit, 2 générations mettent en relation des jeunes avec des personnes plus âgées disposant d’une chambre libre. Pour un montant inférieur à celui d’une colocation classique, cette formule permet aux 16-30 ans de bénéficier d’un logement tout en partageant une partie de leur quotidien avec leur hébergeur. Charlotte Bereschel tentera cette expérience à la rentrée.
Une recherche de logement particulièrement compliquée à Vannes
Avant même de connaître ses résultats sur Parcoursup, Charlotte Bereschel avait commencé à chercher un logement à Vannes, dans le Morbihan. Ancienne conseillère agricole, elle s’apprête à reprendre ses études afin de suivre une formation d’infirmière.
La jeune femme continue toutefois de percevoir des indemnités liées à son précédent emploi. Une situation qui ne lui a pas permis d’obtenir une place dans un logement du Crous.
Elle a également essuyé un refus auprès des foyers de jeunes travailleurs. À bientôt 30 ans, elle ne correspond plus aux critères d’âge retenus par certaines structures.
À la rentrée, Charlotte devra pourtant vivre avec moins de 800 euros par mois. Impossible, dans ces conditions, de consacrer plus de la moitié de ses ressources à son loyer.
Ses recherches sur les plateformes traditionnelles n’ont pas été beaucoup plus concluantes. Dans la gamme de prix correspondant à son budget, elle explique avoir principalement trouvé des annonces concernant des garages.
Face à cette situation, elle décide alors de contacter plusieurs associations spécialisées dans la colocation intergénérationnelle, une solution généralement beaucoup moins coûteuse qu’un logement étudiant ou qu’une colocation classique.
Cette formule lui correspond également davantage aujourd’hui. Plus jeune, Charlotte explique avoir particulièrement tenu à son indépendance. Désormais, elle se montre davantage attirée par la vie en collectif et par la possibilité de partager certains moments du quotidien.
Cuisiner avec quelqu’un, échanger le soir ou simplement raconter sa journée font partie des aspects qui l’attirent dans ce nouveau mode de logement.
Une chambre à 380 euros par mois chez une senior
Charlotte obtient finalement un entretien auprès de l’association Ensemble 2 générations.
À Vannes, la présidente de l’association cherchait elle-même des jeunes susceptibles d’occuper des chambres disponibles à son domicile pour un loyer mensuel de 380 euros.
Une somme qui correspond exactement à la limite du budget que Charlotte peut consacrer à son logement.
La jeune femme souligne également que la propriétaire est parfaitement autonome et que les conditions d’hébergement lui conviennent particulièrement bien.
La formule comporte néanmoins une contrainte : Charlotte devra quitter le logement tous les week-ends afin de permettre à la famille de la propriétaire de venir lui rendre visite.
Malgré cette organisation, elle se dit satisfaite d’avoir trouvé une solution pour la rentrée, compte tenu des difficultés rencontrées pendant ses recherches.
Une autre interrogation se pose déjà pour l’année suivante : l’âge limite prévu par certains dispositifs de cohabitation intergénérationnelle. Charlotte approchant des 30 ans, elle pourrait ne plus remplir les conditions nécessaires pour continuer à bénéficier de cette solution.
Des formules adaptées au niveau d’autonomie des seniors
L’association 1 toit, 2 générations propose elle aussi des solutions de cohabitation intergénérationnelle dans le Morbihan pour les jeunes âgés de 16 à 30 ans.
Dans le secteur de Vannes, Nolwenn Pensec est notamment chargée de constituer les binômes entre les jeunes à la recherche d’un logement et les personnes disposant d’une chambre à leur domicile.
Selon elle, la demande augmente progressivement au fil des années.
L’association propose deux principales formules, adaptées notamment à la situation et au degré d’autonomie de la personne qui héberge le jeune.
La première, appelée formule « solidaire », est proposée pour environ 100 euros par mois. En contrepartie de ce montant particulièrement faible, le jeune s’engage à être présent et à rendre certains petits services à son hébergeur.
Ces services peuvent participer au quotidien et à la création d’un véritable lien entre les deux personnes.
La seconde formule, appelée « convivialité », coûte environ 200 euros par mois. Elle concerne davantage les situations dans lesquelles la personne qui accueille le jeune est entièrement autonome.
Le principe repose alors surtout sur le partage du logement et sur la présence d’une autre personne au domicile.
Dans les deux cas, l’association rappelle néanmoins une règle essentielle : le jeune hébergé ne doit jamais remplacer un professionnel de santé ou intervenir à sa place.
La colocation intergénérationnelle repose sur la convivialité, l’entraide et certains services du quotidien, mais elle ne doit pas transformer le jeune en aidant professionnel.
Une demande qui progresse dans le Morbihan
Le succès de cette solution semble se confirmer dans le département.
Chaque année, l’association 1 toit, 2 générations reçoit en moyenne environ 300 demandes de jeunes dans le Morbihan souhaitant accéder à ce type de logement.
La cohabitation intergénérationnelle répond ainsi à deux problématiques différentes.
Pour les étudiants et les jeunes actifs, elle représente une solution permettant de se loger pour un coût souvent largement inférieur aux prix observés sur le marché locatif traditionnel.
Pour les seniors disposant d’une chambre libre, elle permet de bénéficier d’une présence régulière à leur domicile, de partager certains moments du quotidien et parfois de rompre avec l’isolement.
Dans un territoire où la recherche d’un logement étudiant peut rapidement devenir difficile, cette formule apparaît donc comme une alternative de plus en plus envisagée.
Elle repose cependant sur la capacité des associations à trouver des profils compatibles et à construire des binômes dans lesquels chacun trouve sa place.
Pour Charlotte Bereschel, cette solution lui permettra en tout cas de commencer sa formation d’infirmière à Vannes sans consacrer la majorité de ses revenus à son logement, tout en découvrant une nouvelle manière de vivre en collectivité.

SOURCE : pontivy.maville.com

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