Présidentielle 2027 : les priorités éducatives défendues par le SNPDEN-Unsa

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le SNPDEN-Unsa, principal syndicat des personnels de direction de l’Éducation nationale, commence à préciser les orientations qu’il souhaiterait voir intégrées aux futurs programmes éducatifs. Lors d’une conférence de presse organisée le 26 mai 2026, le syndicat a mis en avant plusieurs sujets qu’il juge prioritaires, tout en alertant sur certaines évolutions qu’il considère préoccupantes pour l’avenir du système éducatif.
Le syndicat prépare le débat éducatif de 2027
Pour Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, les questions scolaires demeurent encore relativement peu présentes dans les premiers échanges liés à la campagne présidentielle. Pourtant, plusieurs partis et candidats commencent déjà à avancer leurs propositions concernant l’éducation.
Le syndicat indique avoir constitué un groupe de travail spécifiquement consacré à l’échéance présidentielle. Son objectif est double : promouvoir ses principales propositions auprès des responsables politiques et anticiper les conséquences d’éventuels changements de majorité sur l’organisation du système éducatif.
Le SNPDEN-Unsa rappelle également son attachement aux valeurs républicaines et affirme sa vigilance face aux projets qu’il estime incompatibles avec celles-ci.
La mixité sociale au cœur des préoccupations
Parmi les principaux sujets défendus par le syndicat figure la question de la mixité sociale à l’école. Bruno Bobkiewicz s’appuie notamment sur les données de la Depp pour souligner les écarts importants qui existent entre certains établissements scolaires en matière de composition sociale.
Selon lui, l’absence de progrès sur cette question risque d’accentuer les inégalités et de renforcer les phénomènes de ségrégation scolaire déjà observés sur certains territoires. Le syndicat considère que la mixité constitue un enjeu central pour la cohésion sociale et pour la réussite des élèves.
Cette réflexion s’accompagne également d’interrogations concernant les écarts croissants observés entre les établissements publics et les établissements privés sous contrat. Le SNPDEN-Unsa ne remet pas en cause l’existence de l’enseignement privé mais réclame un meilleur équilibre ainsi qu’un contrôle renforcé lorsque des financements publics sont mobilisés.
Les défis de l’inclusion scolaire
L’inclusion des élèves à besoins particuliers fait également partie des dossiers jugés prioritaires. Le syndicat reconnaît les avancées réalisées ces dernières années mais estime que l’organisation actuelle rencontre encore de nombreuses difficultés.
Selon Bruno Bobkiewicz, la multiplication des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ne suffit pas à répondre à l’ensemble des besoins identifiés sur le terrain. Il appelle à poursuivre les réflexions engagées avec le ministère de l’Éducation nationale afin de construire des solutions plus adaptées aux réalités des établissements.
Une demande d’autonomie accrue pour les établissements
Le SNPDEN-Unsa souhaite également renforcer l’autonomie des collèges et des lycées. Le syndicat estime que les équipes de direction devraient disposer de davantage de liberté pour organiser leurs ressources en fonction des besoins pédagogiques et des spécificités locales.
Selon lui, les marges de manœuvre actuelles demeurent limitées une fois les obligations réglementaires et budgétaires respectées. Les personnels de direction considèrent ainsi que l’autonomie réelle des établissements reste faible malgré les réformes engagées ces dernières années.
Pour autant, le syndicat rappelle que l’autonomie ne constitue pas une solution unique aux difficultés du système éducatif et qu’elle doit s’accompagner de moyens adaptés.
Le rejet du « populisme éducatif »
Parmi les préoccupations exprimées à l’approche de la présidentielle figure également la montée de ce que le syndicat qualifie de « populisme éducatif ». Cette notion désigne, selon lui, des propositions susceptibles de séduire l’opinion publique mais dont l’efficacité pédagogique ne serait pas démontrée.
Le SNPDEN-Unsa cite notamment les débats autour des groupes de niveau ou encore de l’uniforme scolaire. Le syndicat estime que ces mesures sont souvent présentées comme des solutions simples à des problématiques complexes sans toujours s’appuyer sur les recherches ou les évaluations disponibles.
De la même manière, il se montre réservé face aux projets visant à renforcer l’orientation précoce des élèves, comme certaines propositions de sélection dès l’entrée au collège ou au lycée.
Des inquiétudes sur la décentralisation et les moyens
Le syndicat exprime également ses réserves concernant d’éventuels transferts de compétences ou de personnels vers les collectivités territoriales. Cette question, régulièrement évoquée dans le débat public, suscite selon lui de nombreuses interrogations sur la cohérence du pilotage éducatif et sur le respect des valeurs républicaines.
Au-delà de l’organisation du système, le SNPDEN-Unsa insiste sur la nécessité d’accorder à l’éducation des moyens financiers à la hauteur des ambitions affichées. Pour ses représentants, faire de l’école une priorité implique des choix budgétaires clairs et cohérents.
Le syndicat estime que chaque nouvelle mesure devrait être accompagnée d’une évaluation précise de son coût et de son efficacité avant sa mise en œuvre.
Parcoursup, un outil à améliorer mais pas à supprimer
Enfin, le débat sur l’enseignement supérieur devrait également occuper une place importante dans la campagne présidentielle. Le SNPDEN-Unsa se montre particulièrement prudent face aux propositions visant à supprimer Parcoursup.
Pour le syndicat, la plateforme demeure aujourd’hui l’outil le plus efficace mis en place pour gérer l’accès à l’enseignement supérieur. Les difficultés rencontrées par les candidats seraient davantage liées à la pression générée par le système, aux inégalités d’évaluation ou encore au manque de places dans certaines filières qu’à l’existence même de la plateforme.
À l’approche de 2027, le SNPDEN-Unsa entend ainsi peser dans le débat public en défendant une école davantage tournée vers la mixité, l’inclusion, l’autonomie des établissements et la lutte contre les inégalités scolaires.

SOURCE : AEFINFO

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