Rénovation des écoles : les maires sont-ils seuls responsables ?

Face aux épisodes de canicule, l’État cherche-t-il à se décharger de sa responsabilité ? Alors que le ministre de l’Éducation évoque trois milliards d’euros mobilisés pour les écoles, la situation sur le terrain révèle des financements jugés insuffisants et des collectivités confrontées à une équation de plus en plus difficile à résoudre.
Ce texte reprend une partie de la retranscription du reportage présenté ci-dessus. La vidéo permet de découvrir le sujet dans son intégralité.
Les établissements scolaires français restent encore largement inadaptés aux fortes chaleurs. Mais pour Édouard Geffray, ministre de l’Éducation, la responsabilité de leur rénovation ne relève pas directement de l’État. Les bâtiments scolaires appartiennent aux collectivités territoriales, rappelle-t-il. L’État participe au financement, mais ne peut pas engager seul des travaux dans des bâtiments qui ne lui appartiennent pas.
Le ministre affirme ainsi que trois milliards d’euros ont été mobilisés et que 24 millions de mètres carrés sont actuellement en cours de rénovation.
Mais l’État peut-il réellement renvoyer toute la responsabilité vers les collectivités ? Sur le plan juridique, la répartition des compétences est claire. Les écoles appartiennent aux communes, les collèges aux départements et les lycées aux régions. Ce sont donc les collectivités qui doivent financer et organiser la rénovation thermique des bâtiments scolaires.
L’État intervient principalement pour accompagner financièrement les travaux. Pourtant, les trois milliards d’euros évoqués par le ministre doivent être nuancés. Cette somme comprend deux milliards d’euros de prêts, que les collectivités devront rembourser, ainsi qu’un milliard d’euros de subventions directes issues du Fonds vert consacré à la transition écologique.
Des collectivités face à une équation impossible à tenir
Le ministre ne précise pas non plus que les moyens accordés au Fonds vert ont fortement diminué ces dernières années. À sa création en 2023, il était doté de deux milliards d’euros. Le dernier projet de loi de finances pour 2026 ne lui accorde plus que 837 millions d’euros.
Un montant qui semble faible face à l’ampleur des besoins. Selon un rapport gouvernemental, la rénovation de l’ensemble des établissements scolaires français pourrait coûter entre 40 et 50 milliards d’euros. Une dépense que les collectivités affirment ne pas pouvoir financer seules.
Pour Guillaume Perrin, expert des canicules et directeur du programme ACTEE, les collectivités se retrouvent confrontées à une contradiction. Elles doivent atteindre des objectifs de rénovation, mais ne disposent pas toujours des ressources nécessaires pour y parvenir.
Selon lui, demander des résultats aux collectivités tout en réduisant leurs capacités financières, leurs recettes fiscales locales et les principaux fonds consacrés à la transition énergétique conduit à une situation impossible à tenir.
Les trois milliards d’euros annoncés par le ministre de l’Éducation existent donc bien. Mais face aux dizaines de milliards nécessaires pour adapter les écoles, collèges et lycées aux fortes chaleurs, ce soutien reste limité. La rénovation thermique du bâti scolaire pose ainsi une question centrale : jusqu’où les collectivités peuvent-elles agir sans un engagement financier plus important de l’État ?

SOURCE : FRANCEINFO

Nos réalisations
Découvrez nos références, nos réalisations et nos travaux pour des établissements.
C'est tout frais de nos experts

IA générative : ce que les établissements peuvent retenir de la charte de l’ENS Paris-Saclay

IA en éducation : comment encadrer les usages dans votre établissement ?

