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ÉDUCATION
7
March 2025

Santé mentale en prépa : « Nos professeurs sont énormément à l’écoute »

Réputées exigeantes, les CPGE, classes préparatoires aux grandes écoles, ont souvent l’image de malmener la santé mentale des élèves. Pourtant, vu de l’intérieur, élèves et enseignants décrivent une formation, certes difficile, mais attentive au bien-être des jeunes.

« Quand je fermais les yeux, tous mes cours défilaient dans ma tête, et je n’arrivais pas à l’arrêter ». Alyette, 20 ans, passée par une prépa B/L et actuellement en école d’ingénieur, se souvient : « En prépa, j’arrivais à gérer le stress en journée, mais j’avais principalement des problèmes de sommeil, avec des insomnies, des difficultés à m’endormir. »

Comme elle, de nombreux élèves de prépa ont parfois du mal à s’adapter à un rythme effréné et un niveau d’exigence élevé. « Les CPGE s’inscrivent dans une culture de l’excellence, explique Candice Gacon, psychologue référente des formations au sein de l’association Nightline, qui décline une sensibilisation spécialement orientée vers les élèves de prépas. Dans ce contexte, tenir compte de ses faiblesses ou de ses difficultés est un peu tabou. Comme si cela n’allait pas de pair avec le fait d’être attentif à sa santé mentale : on le voit comme quelque chose qui pourrait nous ralentir. Et c’est cela qu’on essaie de déconstruire ».

D’autant que du jour au lendemain, d’excellents élèves au lycée peuvent se retrouver en difficulté en classe prépa - au moins dans certaines matières. « Certains nous racontent à quel point cela peut être perturbant de devenir dernier de la classe du jour au lendemain », confirme Candice Gacon.

La santé mentale est devenue une priorité

« Du stress, il y en a, confirme Joël Bianco, proviseur du lycée Louis-Le-Grand et président de l’APLCPGE, l’association des proviseurs de lycée à classes préparatoires aux grandes écoles. Ce n’est pas forcément un stress qui paralyse, mais plutôt du stress qui peut être un moteur ». Et son établissement mise sur la prévention, avec différentes animations proposées aux élèves : sophrologie, relaxation, etc. « On essaie de répondre à leurs besoins et à leurs demandes », confie-t-il. Une association propose également une permanence gratuite avec une psychologue, tous les lundis.

« La santé mentale est vraiment devenue une priorité dans les établissements, poursuit Joël Bianco. On a déjà perçu cela avec le Covid, cela se poursuit avec les questions d’écologie, les doutes sur l’avenir. C’est difficile d’être léger. Et l’actuelle génération demande du sens. Ils n’acceptent pas les choses comme nous pouvions le faire ».

Parmi les populations les plus fragiles : les jeunes femmes et les élèves boursiers. Pour ces derniers, différents dispositifs proposent des accompagnements, à l’image de l’association Maisons des Jeunes Talents. L’association, qui suit chaque année une cinquantaine de boursiers à Paris et à Lyon, propose des solutions d’hébergement, mais aussi des cours de soutien, sorties au théâtre et du mentorat.

Des effectifs restreints

« L’avantage des prépas, c’est qu’elles se déroulent dans un lycée et que nous sommes plus proches des élèves - y compris géographiquement », explique Joël Bianco. Le personnel de l’établissement, que ce soit les enseignants, les CPE, l’infirmière scolaire ou l’équipe de direction sont très régulièrement en contact avec les élèves, ce qui permet une vigilance accrue par rapport à des formations où les étudiants peuvent être plus anonymes.

Des stratégies à mettre en place

Chacun à son niveau cherchera les adaptations à mettre en place pour vivre au mieux ces deux années. Antoine a opté pour le studio seul, là où d’autres préfèreront l’émulation et la complicité de l’internat. Il est en revanche arrivé un mois avant le début des cours à Tours, pour « s’habituer au rythme de vie et se mettre dans le bain ».

Arnaud, 22 ans, passé par le lycée Montaigne, à Paris, confie quant à lui avoir « plutôt bien vécu la prépa, car [il] savait pourquoi [il] y était ». Le jeune homme, actuellement étudiant à l’ESSEC, a mis « beaucoup de choses entre parenthèses pendant deux ans », pour se consacrer à son travail.

La prépa m’a presque manqué

Et une fois sortie de classe prépa, certains élèves semblent presque nostalgiques, malgré l’exigence des deux années qu’ils viennent de vivre. « Quand je suis arrivée en école, la prépa m’a presque manqué : l’émulation, la qualité et la profondeur des enseignements », s’amuse Alyette.

Un ressenti qui transparaît dans les études menées par l’APLCPGE. « Les résultats sont encourageants : plus de 80 % des élèves recommenceraient s’il le fallait », résume Joël Bianco.

SOURCE : Leparisien

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