Savez-vous que l’armée recrute en permanence pour une centaine de métiers différents ?

L’armée recrute en permanence. Avec ou sans diplôme, près de 25 000 jeunes rejoignent chaque année les rangs de l’armée de Terre, de l’armée de l’Air et de l’Espace ou de la Marine nationale afin de se former aux nombreux métiers qui y sont proposés. Tour d’horizon de ces opportunités.
Certains métiers font particulièrement rêver les jeunes engagés. « Dans notre armée, c’est être pilote », observe la cheffe du bureau Air du Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa) de Grenoble. « Chez nous, ce sont plutôt tireur d’élite et, pour 90 % des femmes, maître-chien », ajoute son collègue chef du bureau Terre. Toutes ces jeunes recrues s’engagent d’abord pour protéger les Français et défendre les intérêts de la France : telle est leur mission principale. Mais derrière ce « métier des armes », pour lequel chacun reçoit une formation initiale d’au minimum trois mois, se cache en réalité un très large éventail de professions.
Plus d’une centaine de métiers
« Nous comptons plus de 80 métiers », explique la cheffe du bureau Marine du Cirfa de Grenoble. L’armée de Terre, qui est la plus grande recruteuse avec environ 16 000 personnes engagées chaque année, propose à elle seule 117 spécialités. Certains métiers existent dans toutes les armées, comme commando, pompier, spécialiste en cybersécurité ou en systèmes d’information, agent de renseignement, mais aussi cuisinier, moniteur de sport, mécanicien, plongeur, météorologue ou encore spécialiste des ressources humaines.
D’autres fonctions sont plus spécifiques. On trouve par exemple le palefrenier-soigneur ou le maréchal-ferrant dans l’armée de Terre, le fauconnier chargé de l’effarouchage sur certaines bases aériennes, ou encore le steward dans l’armée de l’Air et de l’Espace. Dans la Marine nationale, des métiers plus techniques existent également, comme hydrographe-océanographe ou spécialiste de la propulsion nucléaire. Autant de professions auxquelles les jeunes ne pensent pas forcément lorsqu’ils envisagent une carrière militaire.
Âge minimum requis : 17,5 ans
« Comme dans le secteur civil, nous connaissons aussi des métiers en tension, notamment dans la restauration, l’informatique ou la cybersécurité », précise le chef du bureau Terre. Certains postes sont également ouverts aux civils, notamment au sein des états-majors ou à la DGSE, où des fonctionnaires sont souvent recrutés par concours.
Pour les engagés militaires, les modalités sont différentes. Il est possible d’intégrer l’armée avec ou sans diplôme dès l’âge de 17 ans et demi. La limite d’âge varie ensuite selon l’armée : jusqu’à 30 ans pour l’armée de l’Air et de l’Espace et la Marine nationale, et jusqu’à 32 ans pour l’armée de Terre. Le processus de recrutement dépend également du poste et du grade visé.
Trois grandes catégories de militaires existent. Le militaire du rang, accessible sans diplôme, occupe des fonctions opérationnelles ou techniques. Le sous-officier, généralement titulaire d’un niveau équivalent à bac +2, exerce des responsabilités de technicien et de chef de groupe. Enfin, l’officier, dont le niveau correspond à bac +4 ou bac +5, occupe des postes de commandement ou d’expertise. Parmi eux figurent aussi des spécialistes recrutés grâce à leur formation académique dans des domaines comme la cybersécurité, la communication, les ressources humaines, la finance ou le droit.
Le taux de féminisation progresse
Tous les postes sont aujourd’hui ouverts aux femmes et la féminisation des armées continue de progresser. Elle atteint actuellement 24 % dans l’armée de l’Air et de l’Espace, 16 % dans la Marine nationale et 13 % dans l’armée de Terre.
« Lorsque je me suis engagée comme matelot, je n’ai pas pu embarquer immédiatement car très peu de bateaux étaient féminisés à l’époque. Aujourd’hui, ils le sont tous », raconte la cheffe du bureau Marine du Cirfa de Grenoble. Entrée dans la Marine avec un baccalauréat, elle possède aujourd’hui une licence reconnue également dans le monde civil.
À chacun sa spécialité et sa formation
« L’armée recrute mais elle forme aussi », insiste le chef du bureau Terre. Pour cela, elle dispose de plusieurs types d’établissements. On compte notamment six lycées de la défense qui proposent des classes préparatoires aux écoles d’officiers. Il existe également des écoles militaires préparatoires techniques où, dès l’âge de 16 ans, les jeunes peuvent préparer un bac professionnel ou technologique spécifique, par exemple en aéronautique avionique, en cybersécurité ou en maintenance des véhicules.
À ces structures s’ajoutent des écoles dites « de milieu », comme l’École militaire de haute montagne de Chamonix, des écoles de sous-officiers ainsi que des écoles d’officiers, comme la célèbre école de Saint-Cyr à Coëtquidan, dans le Morbihan. Des centres d’instruction spécialisés complètent ce dispositif de formation. Dans certaines structures, marins, terriens et aviateurs se retrouvent d’ailleurs pour se former ensemble à certains métiers, comme à Dax pour devenir pilote d’hélicoptère.
Cependant, l’accès à certaines formations reste très sélectif. Par exemple, seulement 35 candidats sont formés chaque année pour devenir pilote d’hélicoptère dans l’armée de Terre. La sélection s’effectue sur dossier, complété par des tests psychologiques et une visite médicale approfondie. Une fois admis, le candidat intègre l’armée, suit d’abord une formation d’officier, puis celle de pilote. « Et chaque étape doit être validée. En cas d’échec, le candidat devra rembourser sa formation », précise le chef du bureau Terre du Cirfa de Grenoble.
Des passerelles possibles
Changer d’armée au cours de sa carrière est techniquement possible, même si dans les faits cela reste assez rare. De plus, toutes les recrues ne font pas nécessairement carrière dans les forces armées. Dans l’armée de Terre, la durée moyenne d’engagement se situe entre sept et neuf ans.
Chaque armée possède également ses propres spécificités en matière de durée de contrat, selon le grade occupé. Dans l’armée de Terre, par exemple, hormis le contrat de volontaire aspirant d’une durée d’un an, l’engagement minimum est de trois ans pour les militaires du rang et de cinq ans pour les sous-officiers et les officiers.
« Beaucoup de jeunes viennent avant tout chercher une première expérience professionnelle. C’est une forme d’apprentissage », souligne la cheffe du bureau Air. Les valeurs transmises, ainsi que les compétences humaines et professionnelles développées durant le service, constituent ensuite un véritable atout pour une reconversion dans le monde civil.

SOURCE : ledauphine.com

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