Un ancien étudiant sur cinq reprend des études dans les six ans après sa sortie du système scolaire

Une enquête du Céreq révèle qu’une part importante des jeunes sortis du système éducatif en 2017 ont repris une formation ou obtenu un nouveau diplôme au cours des années suivantes.
De nombreux jeunes retournent en formation après leurs études
Que deviennent les jeunes plusieurs années après avoir quitté l’école ou l’université ? Une vaste enquête baptisée Génération 2023 s’est intéressée au parcours des personnes sorties du système éducatif en 2017 afin d’analyser leurs six premières années de vie active.
L’étude menée par le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), avec la participation de la statisticienne Alexie Robert, montre que de nombreux jeunes poursuivent finalement leur formation après une première sortie du système scolaire.
Au total, près d’un ancien étudiant sur cinq, soit 22 %, obtient un nouveau diplôme ou un titre professionnel dans les six années suivant sa sortie des études initiales.
Certains jeunes se réorientent pour améliorer leur parcours
Parmi les jeunes ayant repris une formation, environ 35 % changent d’orientation afin d’augmenter leur niveau d’études. D’autres choisissent simplement de se réorienter sans forcément obtenir un diplôme plus élevé, tandis que certains terminent un cursus qu’ils avaient interrompu auparavant.
Selon Alexie Robert, les jeunes les plus nombreux à reprendre des études sont ceux qui avaient quitté l’enseignement supérieur sans diplôme. Viennent ensuite les titulaires d’un bac général ou technologique n’ayant pas poursuivi leurs études ainsi que les jeunes sortis du secondaire sans diplôme.
À l’inverse, les diplômés d’écoles d’ingénieurs ou de commerce, dont l’insertion professionnelle est généralement plus favorable dès le départ, sont beaucoup moins nombreux à retourner en formation après leurs études initiales.
Une reprise d’études qui favorise l’emploi
Depuis une vingtaine d’années, le Céreq observe une progression constante des reprises d’études après une première entrée dans la vie active. L’enquête montre également que les femmes et les personnes vivant seules sans enfant sont davantage représentées parmi les nouveaux diplômés.
Cette nouvelle certification semble avoir un impact rapide sur l’insertion professionnelle. Les jeunes ayant choisi une réorientation atteignent ensuite un taux d’emploi proche de 90 %.
Par ailleurs, un quart des jeunes concernés par une reprise d’études accèdent à un emploi alors qu’ils étaient auparavant sans activité professionnelle.
Toutefois, les résultats restent plus contrastés pour certains profils. Malgré une nouvelle formation, 18 % des jeunes restent sans emploi après leur reprise d’études. Selon la chercheuse, les bénéfices professionnels peuvent parfois mettre plus de temps à apparaître, notamment pour les jeunes initialement les moins diplômés ou pour ceux visant des secteurs où l’accès à l’emploi reste plus difficile.
Les inégalités sociales restent très présentes
L’étude souligne également que l’accès à la reprise d’études demeure marqué par d’importantes inégalités sociales.
À niveau scolaire équivalent, les jeunes issus de milieux favorisés ont davantage de chances d’obtenir un nouveau diplôme que ceux provenant de milieux plus modestes.
Pour Alexie Robert, plusieurs facteurs peuvent expliquer ces écarts : l’autocensure, les contraintes financières ou encore les conséquences de parcours scolaires difficiles vécus auparavant.
En revanche, certains dispositifs comme la validation des acquis de l’expérience (VAE) ou l’apprentissage apparaissent plus accessibles aux profils les moins favorisés.
Face à ces constats, la chercheuse estime nécessaire de développer des aides financières mieux adaptées à la diversité des profils et des situations des personnes souhaitant reprendre une formation.

SOURCE : TF1INFO

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