Un jeune bien guidé, un succès pour tous : 14 mesures sur l’orientation scolaire

Le Medef publie un guide pour rapprocher ambitions et besoins des entreprises
Le Medef présente ce 17 mars un guide visant à rapprocher les aspirations des jeunes et les besoins des entreprises. Au total, 14 mesures, articulées autour de 6 constats et 3 grands enjeux, devraient aider à remporter cette bataille de l’orientation que Patrick Martin qualifie de « la mère des batailles ».
Le constat est alarmant. Trop de jeunes ne suivent pas la carrière qu’ils auraient souhaitée. Pire, ils décrochent : à la fin de la troisième, en début de lycée professionnel, après le bac, ou lors de la première année d’université… Ce gâchis humain représente aussi un coût économique majeur, car les entreprises auront de plus en plus besoin de talents. Pour inverser cette tendance, le pôle Compétences, Formation, Jeunesse du Medef propose des solutions fortes et innovantes.
L’entreprise joue un rôle essentiel dans l’orientation grâce à sa capacité à accueillir en immersion jeunes et enseignants. Cela suppose toutefois qu’elle soit mieux connue. Patrick Martin souligne : « Chaque jeune doit devenir l’entrepreneur de son destin. À nous de les accompagner. » Pour le président du Medef, cette bataille de l’orientation doit devenir une cause nationale. D’où les 14 propositions dévoilées aujourd’hui.
L’orientation, un enjeu clé pour les entreprises
L’orientation, qu’elle soit scolaire ou professionnelle, est un défi pour des millions de jeunes et leurs familles, mais aussi une préoccupation majeure pour les entreprises qui subissent les effets d’un système défaillant. Chaque année, près de 800 000 jeunes quittent le système scolaire avec des trajectoires mal alignées sur les besoins du marché et leurs aspirations.
Les chiffres sont inquiétants : 83 % des élèves sont stressés au moment de formuler leurs vœux sur Parcoursup, et en 2022, 16,7 % des jeunes de 20 à 24 ans n’étaient ni en études, ni en formation, ni en emploi. Seule la moitié des étudiants en Bac+1 se disent satisfaits de leur filière et de leur établissement. Selon la Direction générale du Trésor, la mauvaise orientation coûte 3 à 4 milliards d’euros par an à l’économie française.
Les entreprises peinent aussi à recruter : en 2024, elles estimaient que 57,4 % de leurs projets d’embauche seraient difficiles. Et cette situation devrait s’aggraver à cause de la démographie. L’entreprise ne peut pas résoudre seule les lacunes de l’orientation, mais elle doit contribuer au débat. Dans ce contexte, le Medef a formulé ses propositions après un cycle d’auditions avec chercheurs, DRH, inspecteurs, parents, représentants de l’État et du monde économique. L’objectif : réinventer un système d’orientation plus adapté au marché et à notre époque.
Constats marquants et enjeux prioritaires
Six constats ont conduit le Medef à ces propositions :
- Le système d’orientation est insatisfaisant et sera sous forte pression dans les années à venir.
- Enseignants, parents et jeunes rencontrent des difficultés face à l’orientation.
- Les initiatives sont nombreuses, mais peu coordonnées.
- Les questions d’affectation créent anxiété et confusion.
- La complexité des passerelles entre formations rend les choix cruciaux.
- Des biais influencent l’orientation et le recrutement.
À partir de ces constats, trois grands enjeux ont été définis pour structurer les 14 propositions.
Premier enjeu : faire de l’orientation une grande cause nationale avec une stratégie concertée
Sept propositions visent cet objectif : formaliser une stratégie nationale d’orientation entre État, Régions et partenaires sociaux, contextualisée par territoire ; assurer le respect des heures prévues pour l’orientation ; créer une IA générative de l’orientation, personnalisable selon les compétences de chaque élève ; rapprocher les filières générale, technologique et professionnelle dans les lycées pour plus de mixité ; intégrer dans les conseils de classe et Parcoursup des données sur les tendances de l’emploi ; permettre aux élèves un « bilan orientation » inspiré du bilan de compétences ; conditionner l’évolution de l’offre de formation à l’accord des partenaires locaux.
Deuxième enjeu : renouveler l’image des filières et métiers pour lever les biais et obstacles
Quatre propositions viennent soutenir ce second enjeu : généraliser la formation à l’orientation pour tous les enseignants via des immersions en entreprise ; proposer aux salariés des kits de sensibilisation à l’orientation ; développer la mobilité des enseignants et des salariés entre école et entreprise ; renforcer la féminisation des métiers scientifiques et technologiques grâce à des interventions d’ambassadrices dans les classes.
Troisième enjeu : renforcer la contribution des entreprises aux parcours d’orientation
Trois mesures ciblent cet enjeu : créer une bibliothèque numérique regroupant les initiatives des branches et Medef territoriaux pour nourrir une IA ; consacrer un tiers des heures d’orientation, de la 5ᵉ à la terminale, à des immersions en entreprise (3 à 5 jours par an) ; délivrer aux jeunes des open badges valorisant les compétences acquises lors de ces expériences, enrichissant leur portefeuille de compétences.

SOURCE : MEDEF

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