Apprentissage : la ministre appelle les entreprises à recruter davantage de jeunes

Alors que de nombreux jeunes ont trouvé une formation mais peinent encore à décrocher une entreprise, la ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle lance un appel aux employeurs.
Sabrina Agresti-Roubache encourage les chefs d’entreprise à investir davantage dans l’apprentissage, un dispositif qu’elle considère comme un véritable levier pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes.
Selon elle, le chômage des jeunes n’est pas une situation inévitable et les entreprises ont un rôle essentiel à jouer pour accompagner la nouvelle génération vers l’emploi.
Un appel aux patrons pour soutenir l’apprentissage
Dans un entretien accordé au Parisien, Sabrina Agresti-Roubache a invité les entreprises à recruter davantage d’apprentis. Elle souligne qu’aujourd’hui, plusieurs milliers de jeunes disposent déjà d’une formation mais n’ont pas encore trouvé l’entreprise nécessaire pour débuter leur contrat.
La ministre souhaite donc mobiliser les employeurs afin qu’ils considèrent l’apprentissage comme un investissement sur le long terme.
Elle rappelle également que les financements dédiés à l’apprentissage ont été maintenus afin d’offrir davantage de visibilité aux entreprises qui souhaitent recruter des alternants.
Selon elle, cette stabilité doit permettre aux employeurs de continuer à s’engager dans la formation des jeunes sans craindre de nouvelles évolutions budgétaires.
Des aides à l’apprentissage ajustées selon les entreprises
La ministre reconnaît toutefois que les aides publiques versées aux entreprises qui recrutent des apprentis ont évolué. Leur montant varie désormais selon le niveau de diplôme préparé et la taille de l’entreprise.
Les grandes entreprises bénéficient ainsi d’une aide réduite, passant de 5 000 euros à 2 000 euros pour certains contrats. En revanche, les plus petites structures ont été préservées afin de continuer à encourager leur engagement dans l’apprentissage.
Sabrina Agresti-Roubache estime cependant qu’un système reposant uniquement sur des aides publiques ne peut pas durer indéfiniment.
Pour elle, les entreprises doivent progressivement intégrer l’apprentissage comme un véritable outil de recrutement et de transmission des compétences.
Faciliter la mobilité des apprentis en zone rurale
Pour favoriser l’accès à l’apprentissage, le gouvernement prévoit également de mettre en place de nouvelles mesures destinées aux jeunes rencontrant des difficultés de mobilité.
Parmi ces dispositifs figure un projet de leasing social pour les voitures sans permis, permettant aux apprentis vivant en zone rurale de se déplacer plus facilement entre leur domicile, leur centre de formation et leur entreprise.
Le gouvernement prévoit également d’augmenter le nombre de places disponibles en internat afin d’aider les jeunes qui doivent s’éloigner de leur lieu de résidence pour suivre une formation.
Ces mesures visent à réduire les freins qui peuvent empêcher certains apprentis d’accéder à un contrat.
Le chômage des jeunes reste un enjeu majeur
Pour Sabrina Agresti-Roubache, le chômage des jeunes n’est pas une fatalité. Pourtant, les chiffres montrent encore des difficultés importantes sur le marché de l’emploi.
Selon l’Insee, le taux de chômage des jeunes actifs âgés de 15 à 24 ans a atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en progression sur un an.
La ministre estime que l’apprentissage constitue une réponse efficace pour améliorer l’insertion professionnelle, car il permet aux jeunes d’acquérir une expérience concrète tout en préparant un diplôme.
Elle souligne également que le secteur public doit davantage développer le recrutement d’apprentis, ceux-ci étant encore moins nombreux dans les administrations que dans le secteur privé.
Une réflexion nationale sur l’avenir de la formation professionnelle
Le gouvernement souhaite également organiser en octobre un Conseil national de la refondation (CNR) consacré à l’attractivité de la filière professionnelle.
Cette réflexion réunira différents acteurs : jeunes, familles, enseignants, syndicats et chefs d’entreprise afin d’identifier des solutions pour mieux valoriser les formations professionnelles.
Selon la ministre, les besoins en recrutement resteront importants dans les prochaines années. Elle rappelle notamment que plus de 400 000 emplois sont actuellement non pourvus et que plusieurs centaines de milliers de postes supplémentaires devraient être créés dans les services à la personne d’ici 2036.
L’objectif est donc de renforcer le lien entre les formations proposées et les besoins réels des entreprises afin de faciliter l’accès des jeunes au marché du travail.

SOURCE : BFM TV

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