Au-delà de Parcoursup : le Sénat propose de refonder en profondeur l’enseignement supérieur

Le débat sur Parcoursup ne suffirait plus à résumer les difficultés de l’enseignement supérieur français. Dans un rapport publié début septembre, une commission d’enquête du Sénat propose une réforme plus large du modèle universitaire : davantage de sélection à l’entrée en licence, hausse des droits d’inscription, renforcement de l’autonomie des établissements et meilleure articulation entre le lycée et le supérieur. Des propositions qui entendent répondre à la massification des études, aux difficultés financières des universités et à l’échec d’une partie des étudiants en premier cycle.
Aller au-delà du débat sur Parcoursup
Parcoursup cristallise régulièrement les critiques sur l’accès à l’enseignement supérieur, mais la plateforme ne constitue qu’une partie du problème.
Les travaux menés par la commission d’enquête du Sénat mettent notamment en avant un décalage entre l’offre de formation disponible et les aspirations ou les profils des étudiants.
Les sénateurs souhaitent donc renforcer le lien entre le lycée et l’université, mieux informer les élèves sur les prérequis des formations et accorder davantage de poids aux spécialités choisies au lycée dans l’orientation.
Remettre en cause l’accès automatique à l’université
Le rapport propose surtout de mettre fin au principe selon lequel le baccalauréat ouvre automatiquement un droit d’accès à l’enseignement supérieur.
Les universités pourraient ainsi définir plus librement leurs conditions d’admission et écarter les candidatures ne correspondant pas aux prérequis de leurs formations.
La commission souhaite également supprimer la possibilité pour le recteur d’inscrire un candidat dans une formation lorsqu’il n’a obtenu aucune proposition sur Parcoursup.
Cette évolution reviendrait à assumer davantage la sélection dès l’entrée en licence, plutôt que de la voir intervenir plus tard par l’échec ou l’abandon.
Augmenter les droits d’inscription
Le financement des universités constitue un autre axe important du rapport.
La commission propose de porter les droits d’inscription à 900 euros en licence et à 1 300 euros en master, soit environ 10 % du coût moyen d’une formation.
Cette hausse devrait être accompagnée d’une réforme des bourses sur critères sociaux et d’un renforcement de l’aide au mérite.
Les sénateurs précisent également que cette augmentation ne devrait pas conduire l’État à diminuer ses financements aux universités.
Renforcer l’autonomie des universités
La commission défend également un nouvel « acte II » de l’autonomie universitaire.
Les établissements disposeraient notamment de davantage de liberté pour fixer leurs capacités d’accueil, gérer leurs ressources humaines ou organiser leur offre de formation.
Le rapport souhaite aussi renforcer la contractualisation entre l’État et les universités, avec une programmation pluriannuelle des moyens et une évaluation plus précise des résultats obtenus.
Repenser plus largement le modèle universitaire
Derrière les débats autour de Parcoursup apparaît donc une question plus large : celle du modèle français d’enseignement supérieur.
La hausse du nombre d’étudiants, les difficultés financières des universités, le niveau d’encadrement et les taux d’échec en licence poussent à s’interroger sur les conditions d’accès, le financement et l’organisation des formations.
Les propositions du Sénat défendent ainsi une transformation plus profonde du système, avec l’objectif affiché de renforcer la réussite des étudiants et la qualité des formations universitaires.

SOURCE : LESECHOS

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