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ÉDUCATION
9
July 2026

Avec l'IA, comment soutenir le développement de l'esprit critique dans l'éducation ? (masterclass Microsoft au LPI)

À l’heure de l’IA générative, l’un des principaux enjeux consiste à « développer ce qui nous distingue des machines », estime François Taddei, président du Learning planet institute. Il s’exprimait le 30 juin 2026 en ouverture d’une masterclass consacrée au thème « IA et éducation, quelle place pour l’esprit critique ? », organisée au LPI par Microsoft France. L’entreprise vient également de publier la troisième édition de son rapport mondial sur l’IA dans l’éducation. De son côté, le GIP PIX prépare le déploiement de nouveaux parcours destinés aux apprenants, tandis que l’Unesco et la Edtech Tralalère partagent leurs réflexions sur les compétences à développer.

Quelles compétences faut-il aujourd’hui acquérir face à l’essor de l’IA générative et comment mieux accompagner les enseignants ? Cette question était au cœur de la masterclass « IA et éducation, quelle place pour l’esprit critique ? », organisée par Microsoft France au Learning planet institute, à Paris, le 30 juin 2026.

Mettre l’éthique au cœur de la machine

Pour François Taddei, président du Learning planet institute, l’enjeu consiste avant tout à « développer ce qui nous distingue des machines ». Selon lui, l’« hypervulnérabilité » propre aux êtres humains fait émerger des compétences particulières : la compassion, la créativité, la coopération, la résolution de problèmes complexes, la capacité à rêver ou encore à imaginer l’avenir.

Il alerte toutefois sur les risques liés à une intelligence artificielle disposant d’une capacité d’auto-génération potentiellement destructrice. Face à ces évolutions, le système éducatif doit être repensé afin de mieux préparer les nouvelles générations et de répondre à une question centrale : comment intégrer davantage d’éthique dans la machine ?

Pour Eneric Lopez, directeur de l’IA et de l’impact social chez Microsoft France, l’éducation a déjà été confrontée par le passé à d’importantes révolutions technologiques. L’arrivée des livres, puis celle des moteurs de recherche, ont elles aussi transformé la manière d’accéder aux connaissances.

La situation actuelle présente toutefois une nouveauté : chacun doit désormais assumer une responsabilité plus active lorsqu’il s’agit de rechercher, d’analyser et de mobiliser le savoir. Deux compétences deviennent alors essentielles selon lui : l’agentivité, c’est-à-dire la capacité à agir et à prendre des décisions de manière autonome, et l’esprit critique.

Déborah Elalouf, présidente de la Edtech de l’économie sociale et solidaire Tralalère, qui pilote notamment le programme « Internet sans crainte », estime elle aussi que l’esprit critique est devenu un véritable « muscle vital ».

Les sciences cognitives montrent, rappelle-t-elle, que l’apprentissage passe notamment par la recherche, l’expérimentation et l’erreur. Il faut donc apprendre à utiliser l’IA sans supprimer ces phases d’exploration indispensables à la construction des connaissances.

Du côté de l’Unesco, trois grandes familles de compétences permettent de mieux « penser le futur », explique Lofti Aoulad, coordonnateur de la coalition mondiale pour l’éducation de l’organisation et ancien étudiant du LPI.

Il distingue les compétences numériques, les compétences éthiques et celles liées aux dimensions profondément humaines, comme l’empathie ou la créativité. Pour identifier les compétences à développer, il considère également essentiel d’associer directement les jeunes aux réflexions.

L’IA générative présente en effet le risque d’entraîner un « arrêt progressif d’un effort intellectuel et de construction de la pensée », souligne Marie Bancal, directrice adjointe du GIP PIX.

Mais cette évolution représente également une opportunité. Elle peut pousser la société à questionner de manière plus politique et collective son rapport au numérique et aux technologies utilisées au quotidien.

Quelles ressources pour développer ces compétences ?

Reste une question essentielle : comment accompagner concrètement le développement de ces nouvelles compétences ?

Afin de proposer un cadre commun pour la conception de contenus d’évaluation et de formation, PIX a élaboré un référentiel dédié aux compétences en intelligence artificielle.

Comme le rappelle Marie Bancal, ce référentiel s’organise autour de trois grands blocs : comprendre les fondements de l’IA, maîtriser ses usages et ses applications, et appréhender les différents enjeux liés à son développement.

PIX prévoit également de déployer plusieurs parcours destinés aux apprenants. Le premier doit permettre d’utiliser l’IA de manière plus efficace et éclairée, mais aussi de comprendre les informations qu’il convient d’éviter de transmettre à une IA générative.

Un second parcours vise davantage à décrypter le fonctionnement de ces technologies ainsi que les enjeux qui les accompagnent.

Environ 600 000 élèves ont déjà suivi ces parcours depuis leur lancement en mars 2026, indique Marie Bancal. À la prochaine rentrée, 20 modules devraient être proposés aux élèves. De nouveaux contenus seront également mis à disposition des enseignants.

Plusieurs questions restent néanmoins ouvertes. Faut-il intégrer ces modules directement dans les maquettes pédagogiques ? Et, dans ce cas, quels enseignants seront chargés de les prendre en charge ?

Marie Bancal salue par ailleurs l’annonce récente du gouvernement concernant la mise en place, à partir de la rentrée 2027, d’une heure hebdomadaire obligatoire consacrée à l’IA générative pour les élèves de seconde.

De son côté, Microsoft a publié le 24 juin 2026 la troisième édition de son rapport mondial sur l’IA dans l’éducation. L’entreprise avait également lancé au début de l’année 2026 le programme Microsoft Elevate for Educators, présenté comme une communauté destinée aux enseignants.

Les échanges portent enfin sur les questions d’équité et d’accès aux ressources. C’est notamment l’un des objectifs de la coalition mondiale pour l’éducation de l’Unesco.

Créée pendant la pandémie, cette initiative s’est ensuite poursuivie autour de la construction et de la mise à disposition de ressources éducatives. Elle rassemble aujourd’hui environ 250 partenariats.

Déborah Elalouf met également en avant Citizen AI, un programme de sensibilisation clé en main conçu pour initier les jeunes à l’intelligence artificielle et pouvant être directement déployé dans les établissements scolaires.

SOURCE : AEFINFO

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